sans le conformisme et les étiquettes

Publié le 19 Février 2016

Serions nous libres d'être nous mêmes si la société ne nous collait pas d'étiquettes ?

Pour moi cette vidéo est très intéressante dans le sens où elle permet aux gens de prendre conscience du rôle qui leur est attribué dans ce monde et cela sans leur consentement, rôle qu'ils finissent par croire et par accepté tant cela leur est répété et rabâché à longueur de temps. Pour en arriver à changer le "faire" de son propre monde sans s'offusquer d'être utilisé il est nécessaire de ne plus "faire de rien" une affaire personnelle effectivement. En prenant conscience que nous ne sommes pas ce que dit la société sur nous nous reprenons notre vie en main ainsi que notre liberté. Mais encore faut-il un déclic pour pouvoir commencer ce long travail de répétition inversé.

Comme le dit Don Juan : "il faut que notre commandement puisse devenir le commandement de l'Aigle. Le dialogue intérieur s'interrompt comme il a commencé : par un acte de volonté. Après tout, ce sont ceux qui nous enseignent qui nous forcent à nous parler à nous-mêmes. En nous enseignant, ils engagent leur vouloir et nous engageons le nôtre, sans le savoir ni l'un ni l'autre. En apprenant à nous parler à nous-mêmes, nous apprenons à manier le vouloir. Nous nous imposons par le "vouloir" de nous parler à nous-mêmes. Pour cesser de nous parler à nous-mêmes, il faut employer la même méthode exactement : nous devons le vouloir, nous devons en avoir l'intention" (fin de citation)....

------> Or, sans prise de conscience de ce dialogue intérieur qui nous maintient sous le joug du "faire" du monde, il ne peut être envisagé de pouvoir même penser à reprendre le chemin vers sa liberté..

Les accords toltèques proposent justement une issue de secours à la mentalité empreinte de fanatismes religieux sociétaux quels qu'ils soient (new âge compris) où l'homme est considéré comme pêcheur, né du péché, vivant dans le péché, impur, indigne et tout un tas d'étiquettes où il a grandi en se contorsionnant pour correspondre aux critères d'une bonne sociabilisation inculquée par ses parents et tous ceux qui avaient une quelconque autorité sur lui...

reprise de l'extrait

« Je n’ai plus d’histoire personnelle, reprit-il en me
jetant un regard inquisiteur, un jour, lorsque j’ai eu la
sensation qu’elle n'était plus nécessaire, je l'ai laissée
tomber". « Comment peut-on laisser tomber sa propre his-
toire ?
– En tout premier lieu il faut avoir envie de la
laisser tomber, et alors il faut harmonieusement, petit
à petit, la trancher de soi.
– Pourquoi peut-on éprouver cette envie ? »
Ma propre histoire me retenait énormément. Mon
enracinement familial était profond. Sincèrement, je
pensais que sans cela ma vie n’aurait eu ni sens ni
continuité.
« Peut-être devriez-vous m'expliquer ce que vous
entendez par laisser tomber sa propre histoire.
– S'en débarrasser, voilà ce que j’ai voulu dire »,
répondit-il sèchement.J'intervins à nouveau pour préciser que j'avais sans doute mal compris sa déclaration.
« Prenez pour exemple votre cas. Vous êtes yaqui et vous ne pouvez rien y changer.
– Suis-je yaqui ? répliqua-t-il en souriant. Com-
ment le sais-tu ?
– C’est vrai. Je n’ai pas la possibilité de m'en
assurer ; mais vous, vous le savez, et c’est ce qui
compte. C'est ce qui constitue votre propre histoire.»
Le point me paraissait indiscutable.
« Le fait que je sache si je suis ou non yaqui n’en fait pas ma propre histoire. Cela devient ma propre
histoire dès l'instant où quelqu’un d'autre le sait. Je
puis te garantir que personne ne pourra jamais en être certain. »
Maladroitement je prenais tout en note. Puis je le
regardai. Je n’arrivais pas à le définir et passais
mentalement en revue les différentes impressions
qu’il m’avait laissées : ce regard mystérieux et entiè-
rement nouveau qui me transperça lors de notre
première rencontre, ce charme avec lequel il préten-
dait avoir l’accord des choses qui l’entouraient, son
humeur irritante et sa vivacité, son apparence de
réelle stupidité pendant que je l'interrogeais sur ses
parents, et surtout la force inattendue de ses déclara-
tions, force qui m'ébranlait redoutablement.
« Tu ignores ce que je suis, n'est-ce pas ? reprit-il
exactement comme s'il avait pu suivre le cours de mes pensées, Jamais tu ne sauras qui ou ce que je suis parce que je n’ai pas d’histoire personnelle. »
Il me demanda si j’avais un père, et sur ma réponse affirmative ajouta que mon père représentait exactement ce dont il avait parlé. Il insista pour que je me souvienne de la façon dont ce père me jugeait
« Ton père te connaît dans les moindres détails, et il a de toi une image définitive. Il sait qui tu es et ce que tu fais, et rien sur cette terre ne lui fera changer l’idée
qu'il s'est faite de toi. »
Don Juan précisa que tous ceux qui me, connais-
saient avaient une idée de ce que j'étais, et que par
tout ce que j’accomplissais je confirmais cette idée
qu’ils avaient de moi : à Ne t'en rends-tu pas compte ?
lança-t-il d’un ton dramatique. Tu es obligé de re-
nouveler ton histoire personnelle en racontant à tes
parents, à ta famille et à tes amis tout ce que tu fais.
Par contre, si tu n’avais pas d'histoire personnelle, il
n'y aurait pas une seule explication à fournir à qui que
ce soit, personne ne serait déçu ou irrité par tes actes.
Mais surtout, personne n'essaie de te contraindre avec
ses propres pensées. » page 34 - voyage à Ixtlan

Rédigé par Agnès

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