Qu'est la "récapitulation chamanique"

Publié le 3 Mars 2016

Le chemin vers la liberté enseignée par le nagual Carlos Castaneda est riche d’une connaissance qui comprend de nombreuses et différentes manières de le parcourir. L’une d’entre elles, par exemple, est la technique de la Récapitulation, méthode considérée comme étant de la plus haute importance. Son objectif est de ramener à la vie, de toutes les manières possibles, chacune et l’ensemble des expériences et des émotions de notre vie, en commençant par les plus récentes et en remontant aussi loin que notre mémoire nous y autorise, retournant même, si possible, jusqu’au moment de notre naissance.

Le but de cette technique est la remémoration des interactions avec l’ensemble des personnes avec lesquelles nous sommes entrés en contact, même de la manière la plus infime. Mais en réalité, ce qui importe est de revivre chaque émotion, chaque sentiment, de manière à se nettoyer soi-même au moyen d’une respiration rythmée consciente. Par cette technique, nous renvoyons à l’univers toutes les expériences de notre vie.

En vivant à nouveau chaque circonstance de notre vie – processus défini comme étant la Récapitulation – apparaissent de manière claire non seulement nos actions et les sentiments et émotions qui les accompagnent, mais également – et cela dans la mesure de l’étendue du processus de récapitulation – les motivations de nos actions, ou, en d’autres termes, les sentiments et les émotions qui les provoquent.

C’est sans surprise que l’on rencontre le dénominateur commun qui est le moteur de nos actions, parfois obscurci au point de devenir indiscernable, et à d’autres moments pourtant parfaitement évident : la peur. La peur est permanente dans notre vie de tous les jours, que ce soit dans notre vie professionnelle ou dans nos fréquentations.

De plus, un processus complet de récapitulation à l’intérieur de nous-mêmes nous donne la capacité de percevoir la peur sous un angle plus large : jusque derrière les décisions politiques – peur de perdre le pouvoir –, et même de la découvrir cachée au sein des convoitises qui motivent les décisions macro-économiques.

La seule chose très importante à respecter, c'est ce que dit Sanchez : ne pas récapituler quand on est dépressif, ou avec un trouble mental, ou sous drogue.

Cet extrait est pris au lien ci-dessous dont je vous mets aussi ici le témoignage d'un membre de ce forum Maîna qui détaille cette technique :

j'ai pratiqué la récap..... c'est très puissant comme pratique.
J'ai lu le bouquin de Sanchez, il y reprend la technique "à sa sauce" en quelque sorte, car Sanchez n'approuvait pas tous les enseignements de Castaneda.
Je n'ai pas appliqué la méthode Sanchez pour ma part, parce qu'elle me parlait moins que le processus de récap "simple" décrit par Taisha dans Le passage des sorciers.

Mais de toute façon l'objectif est le même.
L'objectif de la récap c'est de recouvrer son intégrité énergétique et l'ensemble de ses possibilités, donc sa liberté totale (après on peut discuter sur le principe de liberté, mais là je parle de liberté non pas dans un sens philosophique mais énergétique).
Récapituler toute sa vie demande un peu plus d'intention que faire une psychothérapie, d'abord parce que pendant la recap, on est seul, face à soi-même, donc pas de dérivatif, pas d'aide extérieure, pas de regard dans lequel se voir en miroir, si ce n'est le sien propre.

Ca peut être relativement "violent", la récap ne peut pas se décider comme ça, juste pour se guérir "rapidos" (je dis ça parce que dans les gens que j'ai pu rencontrer qui s'intéressaient à la recap, certains voyaient ça comme ça, un moyen de se débarrasser en une seule fois de tous leurs problèmes et toutes leurs blessures), il faut y être prêt, poser l'intention, entrer dans le processus.... parce que récapituler commence par revivre les événements en question, "en plein" si je peux dire, c'est à dire revivre les émotions, les sensations, faire remonter tout le souvenir, complet, pour ensuite le nettoyer en profondeur.

Bien sûr on peut récapituler certaines choses en plusieurs fois, parce qu'une recap peut nettoyer une première couche accessible à la conscience, et ensuite une autre remonte qui était enfouie.

Mais en gros pour récapituler, il faut être prêt à revivre, ressentir à nouveau, tous ces événements que l'on a déjà vécus.
Après, ce qui peut pousser à le faire c'est de se dire que de toute façon, tous ces événements, on les "revit" inconsciemment en permanence tant qu'ils ne sont pas réglés.

Je suggère en général aux gens avec qui je parle de récap de commencer par "tester" la technique sur des petites choses de la vie quotidienne, tu t'es engueulée avec ta boulangère, il reste une colère pas réglée, tester la recap là-dessus.
Ca permet de prendre confiance dans la technique, et ensuite de voir les effets, et de se décider ensuite si on veut ou non engager ce processus de manière plus intensive sur l'ensemble de sa vie.

Il faut faire confiance à son corps énergétique.
Tout se passe là.
Dans la recap, tu travailles directement sur ton corps énergétique ; quand tu poses l'intention de récapituler ta vie, c'est comme un signal envoyé à ton corps énergétique, qui va prendre les rênes en quelque sorte, et t'envoyer les infos nécessaires à la liste d'une part, et à la préparation de la recap d'autre part.

Si on n'est pas prêt à récapituler, il ne se passera rien, tout simplement.
On aura l'impression de respirer "du vent", et pas de l'énergie.

La seule chose très importante à respecter, c'est ce que dit Sanchez : ne pas récapituler quand on est dépressif, ou avec un trouble mental, ou sous drogue.
C'est pas la recap en elle-même qui est dangereuse, c'est le fait de libérer beaucoup d'énergie d'un coup, si le mental est en vrac et incapable de "gérer" ça, sans devenir dingue.

Mais pour la majorité des gens, il n'y a aucune danger à récapituler.

Il faut pas trop s'en "imaginer" sur cette technique non plus, c'est très simple en réalité, (je dis pas que c'est facile, mais c'est simple), et nous avons des régulateurs à l'intérieur de nous.

Le mental notamment est un régulateur, aussi bizarre que ça puisse paraître ici.

Je connais des gens qui ont voulu récapituler trop vite, leur mental s'est braqué. Et tant mieux pour eux, c'était pas le bon moment.
Quand le mental accepte le processus, alors on est prêt.
On peut pas entrer en recap en luttant contre son propre mental, ça dispersera complètement l'énergie.

Quand il s'agit de résistances de dernière minute par peur, c'est pas le problème ; mais quand le mental freine des quatre fers, il faut absolument respecter ça, ça veut dire que l'on n'est pas prêt.

Quand on est prêt, l'intention, l'appel monte à l'intérieur très fort.
Et le processus se met en marche, au bout d'un moment cela prend forme de décision, et ainsi de suite jusqu'à la concrétisation.

Il n'y a pas d'illusion en récap.......... tu plonges dans l'énergie et dans le ressenti, il n'y a aucune illusion à cet endroit de soi.
Parce que la question de la récap c'est pas en termes de vérité ou illusion, c'est en termes d'énergie, c'est tout, quand tu récapitulers, il y a plus de pensées parasites, il n'y a que le vécu que tu fais remonter et la respiration pour nettoyer, ça n'induit donc aucune question d'illusion ou pas.

La seule illusion qu'il peut y avoir, c'est le manque d'honnêteté avec soi.
Mais ça tombe généralement très vite.
Parce que quand on a décidé de récapituler sa vie, ben.... on le fait pour soi, donc ça n'a aucun interet de tricher avec soi dans ce processus, il y a personne pour juger, pour regarder, on est seul, et ça c'est le bon côté d'être seul.
Face à soi-même, on peut reconnaître certaines choses en soi que jamais au grand jamais on n'arriverait à exprimer face à quelqu'un, fut-il psy, thérapeute ou grand guide spirituel.

La seule vérification post recap, le seul "résultat", dont on peut se "rendre compte" à soi-même, c'est pas un jugement sur soi, c'est même pas d'avoir "progressé" ni spirituellement ni autre, c'est simplement d'être plus libre, d'avoir plus d'énergie et moins de freins intérieurs.
Plus léger intérieurement, et connecté simplement au monde, avec un minimum de filtres perceptifs.

Pour ma part, je me rappelle plus exactement dans quel ordre les choses se sont faites.
J'ai commencé par une psychothérapie "légère", qui m'a surtout mise sur le chemin du travail perso et de la spiritualité ; puis j'ai rencontré le chamanisme, j'ai pratiqué la recap de manière sporadique au départ, sur de petites choses, pour me rendre compte de l'efficacité de la technique.
L'intention de récapituler ma vie a émergé peu à peu, et j'ai commencé je crois deux ans après le début de mon travail chamanique.
J'ai pas fait de l'intensif au départ, j'ai récapitulé par tranches de deux heures de façon régulière, en commençant par les relations amoureuses (les plus gros gouffres d'énergie d'après les sorciers), puis la famille "périphérique" (hors papa, maman, et les autres "piliers" de l'enfance) ; Puis j'ai décidé de faire avec une amie une semaine complète de recap, on a loué un gite, et on est parties une semaine.
Là j'ai passé une bonne partie de ma liste, toutes les années de collère, lycée, relations professionnelles etc....

Ensuite j'ai arrêté pendant un ou deux ans, et là est intervenue une autre psychothérapie, plus approfondie et plus orientée par mon intention.

Quelques mois après la fin de cette psychothérapie, j'ai ressenti le besoin de continuer ma recap, en allant cette fois dans les "piliers", et je suis repartie une semaine avec une amie.
Là j'ai récapitulé mon père et mon beau-père, une semaine pour les deux, y'avait de quoi
Cette recap a été beaucoup plus profonde que les précédentes sans doute à cause de trois choses :
- j'avais déjà beaucoup travaillé sur moi, donc j'atteignais les couches les plus profondes en moi.
- je touchais à mes bases, père et beau-père, de nombreuses empreintes énergétiques, il s'agissait des piliers de bases dans ma vie sur le plan de ma rencontre avec pour le dire vite "le masculin"
- j'avais arrêté de fumer (ça parait peut-être bête, mais la recap étant une technique respiratoire.... quand on fume, ça en réduit l'impact).

Cette recap a provoqué des gros bouleversements dans ma vie, les recapitulations précédentes m'avaient nettoyée, apaisée, allégée.
J'avais récupéré beaucoup d'énergie et je m'étais remise sur mon chemin profond.

Mais cette recap, en touchant aux bases de ma construction émotionnelle, mentale, énergétique, a provoqué tout un changement des structures de ma vie.
Tout ce qui avait été construit sur ce que j'ai récapitulé a été bouleversé dans la matière.
Il m'a fallu réajuster ma vie extérieure avec ma vie intérieure.

Ca se passe généralement toujours sur les deux plans. Quand on récapitule sa vie, il y a du tri à faire aussi dans la matière. Que ça soit un simple tri de vieilles affaires, ou de lettres et photos à bazarder, ou un tri à plus grande échelle... ça dépend des recaps et ça dépend des gens.

Je n'ai pas encore récapitulé ma mère, je n'en sens pas le besoin pour l'instant, ça se fera le moment opportun.

Par rapport à ce que tu dis Diunddhy, je vois une sorte de contradiction avec la psychothérapie quand même.
Dans le sens où en psychothérapie, assez rapidement en général, on aborde papa, maman, et tout le toutim.

Or, nos parents sont les fondements de notre construction et de notre identité.
Quand on récapitule on se rend compte qu'on peut pas vider un panier par le dessous, il faut commencer par les couches supérieures.

Taisha (et d'autres) expliquent qu'il faut récapituler sa famille très proche en dernier.
Et la mère en tout dernier en principe.

Perso je crois pas que j'aurais pu faire une recap en faisant une thérapie en même temps.
Par contre, oui, effectivement, pourquoi pas, une thérapie avant, ça peut débroussailler.
Mais surtout je crois que ça peut déjà aider à entrer dans un processus de travail sur soi quand on n'y est pas habitué.
A mon sens, quand on travaille déjà sur soi, qu'on a un peu l'habitude de l'introspection, on peut récapituler directement.
Ca dépend des gens, il faut le sentir, c'est tout...

Après, le risque à mon sens, c'est que ça travaille pas du tout sur les mêmes plans.
La psychothérapie amène à comprendre plein de trucs, mais à trop comprendre, on peut parfois perdre le ressenti, or en recap c'est le ressenti qui compte, qui amène au nettoyage, c'est le fait de revivre quelque chose du passé pour le nettoyer.
Tout dépend comment on a vécu la psychothérapie, si on a beaucoup mentalisé ou pas.

De toute façon de manière générale, quand on commence à récapituler, il faut partir du principe qu'on ne sait rien.
Que même tout ce qu'on a fait, compris, analysé, en thérapie ou autre, on l'oublie parce que c'est pas ça qui compte.

On peut avoir tout un tas d'idée sur ce qu'on a vécu, et quand on récapitule un événement précis, se rendre compte que énergétiquement ça s'est pas passé du tout de la manière qu'on le pensait, on accède à une autre forme de "compréhension", en fait à un degré profond de la recap, tu vois les énergies circuler, tu vois exactement ce qui s'est passé, sur le plan invisible.
Et en général ça se passe de commentaire, une fois que c'est vu, on fait la respiration et on le nettoie, et on passe à la suite.
Tout ça construit une connaissance de soi, mais pas dans le sens thérapie, une connaissance silencieuse de soi je dirais.

Je connais certaines personnes qui ont fait des thérapies très approfondies mais qui ont énormément de mal à "entrer en recap", parce qu'ils ont déjà tellement analysé, décortiqué, compris etc.... que la simple idée de se replonger encore dans le passé leur donne envie de vomir.
Et pourtant, les énergies ne sont pas complètement nettoyées, les émotions ne sont pas complètement sorties...

Donc la psycho peut préparer, pourquoi pas.
Mais elle peut aussi bloquer, je crois que ça dépend comment on l'aborde.

Disons que pour moi il n'y a pas de lien entre les deux.
J'aurais pu récapituler ma vie sans faire de psychothérapie ; j'aurais pu faire une thérapie sans récapituler ma vie.
C'est indépendant à mon sens.

Après.... ça se nuit pas forcément l'un l'autre, tout dépend comment on le "gère" intérieurement.

La suite, ici

Rédigé par Agnès

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