le bavardage intérieur

Publié le 16 Mai 2016

le bavardage intérieur

– Tu penses et tu parles beaucoup trop. Tu dois
cesser de te parler.

– Que voulez-vous dire ?

– Tu parles beaucoup trop à toi-même. Tu n'es pas le
seul à faire ainsi. Chacun d'entre nous le fait. Nous
n’arrêtons jamais ce bavardage intérieur. Penses-y. Cha-
que fois que tu es seul, que fais-tu ?

– Je me parle à moi-même.

– De quoi te parles-tu ?

– Je n’en sais rien. De n’importe quoi sans doute.

– Je vais te dire ce que nous nous disons. Nous
parlons de notre monde. En fait avec notre bavardage
intérieur nous maintenons le monde.

– Comment cela ?

– Chaque fois que nous finissons de nous parler, le
monde est toujours tel qu'il devrait être. Nous le renou-
velons, nous lui insufflons de la vie, nous le supportons
de notre bavardage intérieur Et ce n'est pas tout, nous
choisissons aussi nos chemins comme nous parlons à
nous-mêmes. Par conséquent, nous répétons toujours et
toujours les mêmes choix jusqu’au jour où nous mou-
rons, cela parce que nous continuons toujours et tou-
jours à répéter le même bavardage intérieur jusqu’au
jour où nous mourons.
« Un guerrier est conscient de cela, et il s’efforce de
mettre fin à son bavardage intérieur. Ce qui constitue la
dernière caractéristique d’un guerrier à connaître si tu
veux vivre comme un guerrier.

– Comment puis-je cesser de me parler ?

– En premier lieu tu dois faire usage de tes oreilles
pour les charger d’une part du fardeau de tes yeux.
Depuis le jour de notre naissance nous utilisons nos
yeux pour juger le monde. Nous parlons, aux autres et à
nous-mêmes, en termes de ce que nous avons vu. Un
guerrier est conscient de cela, et il écoute le monde. Il
écoute les sons du monde. »

– Ton problème est que tu confonds le monde avec ce
que les gens font.

A nouveau, tu n'es pas le seul à faire cette confusion. Nous la faisons tous.

Les choses que les gens font constituent les boucliers contre les forces environnantes.

Ce que nous faisons en tant qu'homme
nous procure le confort et nous donne un sentiment de
sécurité.

Ce que les gens font est sans doute important,
mais seulement pour servir de bouclier.

Et jamais nous n'apprenons que les choses que nous faisons en tant qu’hommes sont seulement des boucliers, ce qui fait
que nous laissons ces choses dominer et écraser notre
vie.

En fait je pourrais dire que pour l'humanité ce que
font les gens est plus conséquent et plus important que
le monde lui-même.

– Qu'appelez-vous le monde ?

– Le monde est tout ce qui est enfermé ici, dit-il, et il
frappa du pied par terre. La vie, la mort, les gens, les
alliés, et tout ce qui nous entoure.

Le monde est incompréhensible. Nous ne le comprendrons jamais.

Nous ne dévoilerons jamais ses secrets. Nous devons le
traiter tel qu'il est, un mystère absolu!

« Encore qu'un homme moyen ne fasse pas du tout
cela. Pour lui le monde n’est jamais un mystère, et
lorsqu'il atteint sa vieillesse il est persuadé qu’il n’y a
plus rien qui vaille la peine de vivre encore.

Un vieil homme n'a pas épuisé le monde. Il a seulement épuisé
les choses que les gens font, mais au sein de sa stupide
confusion il croit que le monde n’a plus de mystères.

C’est un sacré prix à payer pour avoir nos bouclier's.

« Un guerrier est conscient de cette confusion, et il
apprend à traiter les choses de manière appropriée. En
aucun cas les choses que les gens font ne peuvent être
plus importantes que le monde. Par conséquent, un
guerrier traite le monde comme un mystère infini, et ce
que les gens font comme une folie sans bornes.

extrait pris dans "Voir" - page 281

Rédigé par Agnès

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