1. L’univers est une agglomération infinie de champs d’énergie, qui ressemblent à des fils de lumière.

Publié le 2 Juin 2016

1. L’univers est une agglomération infinie de champs d’énergie, qui ressemblent à des fils de lumière.

ce que tu apprends, en revanche, c’est à économiser ton énergie. Et
cette énergie te servira à manier: certains des champs d’éner-
gie qui te sont aujourd’hui inaccessibles.

C’est cela la sorcellerie : la capacité d’utiliser des champs d’énergie que l’on n’emploie pas pour percevoir le monde ordinaire que nous
connaissons. La sorcellerie est un état de conscience.

La sorcellerie est la capacité de percevoir quelque chose que la per-
ception ordinaire ne peut pas appréhender.

« Tout ce que je t’ai communiqué, poursuivit don Juan,
chacune des choses que je t’ai montrées, ne constituait qu’un
moyen pour te convaincre que nous sommes autres. que nous
n’apparaissons.

Nous n’avons besoin de personne pour
nous enseigner la sorcellerie parce qu’en réalité, il n’y a rien
à apprendre.

Ce dont nous avons besoin, c’est d’un profes-
seur pour nous convaincre que nous avons à notre portée
un pouvoir incalculable;

Quel étrange paradoxe !

Chaque guerrier engagé sur le chemin de la connaissance croit, un
jour ou l’autre, qu’il est en train d’apprendre la sorcellerie,
mais il me fait que se laisser convaincre du pouvoir que
recèle son être, et du fait: qu’il peut y accéder.

– Exactement. J’essaie de te convaincre que tu peux
accéder à ce pouvoir. Je suis passé par là. Et j’étais aussi
difficile à convaincre que toi.

– Une fois que nous y avons accédé, qu’en faisons-nous
au juste, don Juan ?

– Rien. Une fois que nous y avons accédé, il utilisera,
tout seul, des champs d’énergie qui sont disponibles mais
hors d’atteinte. Et cela, comme je l’ai dit, c’est la sorcellerie.
Nous commençons alors à voir – c’est-à-dire, à percevoir – autre chose ; non pas de façon imaginaire, mais réellement et concrètement. Et puis nous commençons à savoir sans devoir utiliser de mots. Et ce que chacun d’entre nous fait de cette perception accrue, de cette connaissance silencieuse, dépend de notre tempérament propre. ».

Sa méthode d’enseignement comportait deux catégories d’instruction.

L’une s’appelait « enseignements pour le côté droit », et se déroulait dans un état de conscience ordinaire. L’autre s’appelait « enseignements pour le côté gauche », et ne se pratiquait que dans des états de conscience accrue.

Ces deux catégories permettaient aux maîtres d’orienter leurs apprentis vers trois domaines de connaissance : la maîtrise de la conscience, l’art du traqueur, et la maîtrise de l’intention.

Ces trois domaines de connaissance sont les trois énigmes que rencontrent les sorciers dans leur quête du savoir.

La maîtrise de la conscience est l’énigme de la pensée ; c’est la perplexité qu’éprouvent les sorciers quand ils reconnaissent la portée et le mystère stupéfiants de la conscience et de la perception.

L’art du traqueur est l’énigme du cœur ; c’est le trouble qui s’empare des sorciers lorsqu’ils découvrent deux choses : d’une part que le monde nous semble immuablement objectif et réel en raison de particularités tenant à notre conscience et à notre perception ; d’autre part que si d’autres particularités de la perception entrent en jeu, les choses mêmes qui semblent si immuablement objectives et réelles, à propos du monde, changent.

La maîtrise de l intention est l’énigme de l’esprit, ou le
paradoxe de l’abstraction – les pensées et les actions des sorciers qui se projettent au-delà de notre condition humaine.

Les leçons de don Juan sur l’art du traqueur et la maîtrise de l’intention dépendaient de ses leçons sur la maîtrise de la conscience, qui était la pierre angulaire de son enseignement, et qui reposait sur le principes de base suivants :


1. L’univers est une agglomération infinie de champs d’énergie, qui ressemblent à des fils de lumière.


2. Ces champs d’énergie, appelés les émanations de l’Aigle, rayonnent à partir d’une source aux proportions inimaginables appelée métaphoriquement l’Aigle.


3. Les êtres humains sont également constitués par un nombre incalculable de ces mêmes champs d’énergie en forme de fils. Ces émanations de l’Aigle forment une agglomération fermée qui se présente comme une boule de lumière de la dimension d’un corps humain, dont les bras sont étendus latéralement et qui ressemble à un oeuf lumineux géant.


4. Seul un tout petit groupe de champs d’énergie situés dans cette boule lumineuse est éclairé par un point d’une brillance intense qui se trouve sur la surface de la boule.


5. La perception se produit lorsque les champs d’énergie de ce petit groupe, qui entoure de très près le point de bril-lance, projettent leur lumière de façon à illuminer des champs d’énergie identiques se trouvant en dehors de la boule. Comme les seuls champs d’énergie perceptibles sont ceux qui sont éclairés par le point de brillance, on appelle ce point le « point où la perception s’assemble », ou simplement le « point d’assemblage ».


6. Le point d’assemblage peut se déplacer de sa position ordinaire qui se trouve sur la surface de la boule lumineuse vers une autre position, que ce soit à la surface, ou vers l’intérieur. Comme la brillance du point d’assemblage peut éclairer n’importe quel champ d’énergie avec lequel il entre en contact, il fait immédiatement briller de nouveaux champs d’énergie et les rend perceptibles lorsqu’il s’est déplacé vers une position nouvelle. Cette perception est appelée voir.


7. Quand le point d’assemblage bouge, il permet la perception d’un monde tout à fait différent – aussi objectif et aussi réel que celui que nous percevons en temps normal. Les sorciers vont dans cet autre monde pour y trouver de l’énergie, de la puissance, des solutions à des problèmes généraux ou particuliers, ou pour affronter l’inimaginable.


8. L’intention est la force universelle qui nous fait percevoir. Nous ne devenons pas conscients parce que nous percevons ; en fait, nous percevons à cause de la pression et de l’intrusion de l’intention.


9. L’objectif des sorciers est d’accéder à un état de conscience totale afin d’expérimenter toutes les possibilités de perception qui s’offrent à l’homme. Cet état de conscience implique même une autre façon de mourir.

Le Pouvoir du Silence - Carlos Castaneda

Rédigé par Agnès

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