comment devient-on sorcier - partie 1 - extraits des grandes lignes

Publié le 31 Janvier 2017

Comment devient-on apprenti sorcier?


• (Don Juan) : " Un maître ne cherche jamais d'apprentis et personne ne peut solliciter ses enseignements.' ' Histoires de pouvoir, p.308


• (Don Juan) : " Un nagual (chef, maître de clan) ne peut pas choisir ses apprentis de son propre gré ou selon ses propres calculs. Mais une fois que la volonté de l'esprit lui est révélée par des présages, le nagual n'épargne aucun effort pour le satisfaire. " La force du silence, p.56


• (Don Juan) : " Seul un toqué entreprendrait volontairement la tâche de devenir un homme de connaissance. C'est par la ruse qu'on y engage l'homme équilibré. " Voir p.43
Pourquoi donc la ruse?


• (Don Juan) : " La difficulté que nous éprouvons [...] vient de ce que la plupart d'entre nous refusent d'accepter que nous ayons besoin de si peu pour poursuivre notre chemin. Nous sommes conditionnés à attendre une instruction, un enseignement, des guides, des maîtres. Et quand on nous dit que nous n'avons besoin de personne, nous ne le croyons pas. Cela nous inquiète, puis nous rend méfiants, et finalement furieux et déçus. Si nous avons besoin d'aide, ce n'est pas de celle des méthodes, mais de celle de l'intensité. Si quelqu'un nous rend conscients du fait que nous devons réduire notre suffisance, alors il s'agit d'une aide véritable. " La force du silence, p.166-167 


De plus, une des étapes sur la voie consistait en :


• "... un jeu meurtrier de l'esprit avec lui-même et une partie de mon moi allait faire son possible pour m'empêcher d'accomplir cette tâche. Cela pouvait impliquer la perte de la raison, la mélancolie ou même la dépression suicidaire. " Histoires de pouvoir, p.23


En effet, au bout de quatre ans d'apprentissage, Carlos mit fin à ses visites à don Juan. 
• " La méthode d'enseignement de don Juan réclamait un effort extraordinaire de la part de l'apprenti, et de fait, le niveau de participation et d'engagement qu'il exigea de moi fut tel que vers la fin de l'année 1965 j'abandonnai mon apprentissage. [...] Les enseignements de don Juan avaient alors commencé à sérieusement miner mon ‘ idée du monde ’. Je veux dire par là que ma certitude sur la vie de tous les jours, que nous partageons tous et que nous considérons comme naturelle, commençait à être sérieusement mise en doute. " Voir p.17


Cependant, trois ans plus tard, Carlos revint rendre visite à don Juan.


• " Je commençai à cette occasion un second cycle d'apprentissage très différent du premier. " Voir p.17


Carlos avait surmonté sa peur, le premier ennemi naturel de l'être engagé sur la voie de la connaissance :


• (Don Juan :) " Lorsqu'un homme commence à apprendre, ses objectifs ne sont jamais clairs. Son dessein est vague, ses intentions imparfaites. Il espère en tirer un bénéfice qui ne se matérialisera jamais, dans son ignorance des difficultés de l'étude. Il commence ensuite lentement à apprendre – par petits fragments d'abord, puis par vastes pans. Bientôt ses pensées se heurtent, ce qu'il apprend n'est pas ce qu'il avait imaginé, cela n'a pas l'aspect qu'il attendait, il prend peur. Le savoir est toujours inattendu. Chaque étape soulève une nouvelle difficulté, et la peur commence à envahir l'homme. " L'herbe du diable et la petite fumée, p.86


• " Don Juan déclara indispensable une certaine légèreté et docilité pour pouvoir résister au choc et à l'étrangeté de la connaissance qu'il enseignait. " Voir, p.17


• (Don Juan :) " La première étape consiste à décider de devenir apprenti. Après avoir changé d'optique sur eux-mêmes et sur le monde, les apprentis franchissent la seconde étape et deviennent des guerriers. " Le feu du dedans, p.33 


Ce qu'il y aurait à retenir de la phase d'apprentissage 
serait donc de surmonter la peur. 
Une fois ce pas franchi, l'apprenti n'hésite plus, s'engage sur la voie et fait confiance à son maître pour que celui-ci le guide. En fait, un apprenti aura deux guides : un sera appelé maître et l'autre, benefactor. Carlos a comme maître don Juan.


• (Don Juan :) " Un apprenti est quelqu'un qui s'efforce de clarifier et de ranimer son lien avec l'esprit. Une fois que le lien revit, il n'est plus un apprenti, mais jusque-là, pour avancer, il a besoin d'une résolution féroce, ce qui, évidemment, lui manque. Alors il permet au nagual de lui procurer la résolution et, pour ce faire, il doit renoncer à son individualité. Voilà la difficulté. [...] Les volontaires ne sont pas bien accueillis dans le monde des sorciers parce qu'ils ont déjà une résolution propre, ce qui leur rend la tâche particulièrement difficile lorsqu'il s'agit de renoncer à leur individualité. " La force du silence, p.57


Durant ses quatre premières années d'apprentissage, Carlos rendit visite régulièrement à don Juan. 


Que s'est-il passé durant cette période? 


Tout d'abord, de très longues marches, en silence, dans les déserts et montagnes du Mexique. Le but avoué de don Juan était la cueillette de ‘ plantes de pouvoir ’ mais en réalité le maître commençait à imposer à son apprenti l'arrêt de son dialogue intérieur.
• (Don Juan :) " L'accès au monde des sorciers s'ouvre lorsque le guerrier a appris à arrêter son dialogue intérieur. Changer notre représentation du monde, voilà le point crucial de la sorcellerie. Et la seule façon d'y parvenir c'est d'interrompre le dialogue intérieur. " Histoires de pouvoir, p.27


• (Don Juan :) " Interrompre le dialogue intérieur est effectivement la clé du monde des sorciers. Les autres activités ne sont que des soutiens; elles ne servent qu'à hâter l'effet de l'interruption du dialogue intérieur. " Histoires de pouvoir, p.313


Ensuite, il y eut les expériences de fumer, de mâcher ou d'ingérer des plantes de pouvoir.
• " L'effet extraordinaire que les plantes psychotropiques avaient produit sur moi m'avait induit en erreur, en me faisant croire que leur utilisation était le trait capital de l'apprentissage. Je m'étais accroché à cette conviction, et ce ne fut que dans les dernières années de mon apprentissage que je découvris que les transformations significatives et les découvertes des sorciers étaient toujours faites dans des états de lucidité. " Histoires de pouvoir, p.319 


• " Sous l'influence de ces psychotropiques, ma perception du monde fut tellement bizarre et impressionnante que j'en étais venu à supposer que ces états constituaient l'unique voie pour communiquer et apprendre ce que don Juan essayait de m'enseigner. Cette supposition était erronée. " Le voyage à Ixtlan, p.7


• " Pourquoi m'avez-vous fait prendre ces plantes de pouvoir autant de fois? " demande Carlos.

(Don Juan) : " C'est parce que tu es bouché. [...] Il y a toutefois d'autres catégories de gens qui n'en ont pas besoin. " Histoires de pouvoir, p.14-15


• (Don Juan :) " Les plantes de pouvoir ont eu sur ton tonal l'effet de le déborder d'information et ont obligé le dialogue intérieur à s'interrompre. Les plantes sont excellentes pour ça, mais très coûteuses. Elles produisent un dommage immense au corps. " Histoires de pouvoir, p.320


Enfin, cette période permit à don Juan d'exposer les fondements de son enseignement. Pour les comprendre, il est impératif de connaître la signification d'un vocabulaire particulier à son monde. 


a) Tonal/Nagual – Totalité de soi-même
b) Point d'assemblage
c) Première, seconde et tierce attention.

b) Tonal/Nagual – Totalité de soi-même
• (Don Juan :) " Chaque être humain a deux côtés, deux entités distinctes, deux parties contraires qui prennent force au moment de la naissance; l'une s'appelle tonal, l'autre, nagual. " Histoires de pouvoir, p.161-162


• (Don Juan :) " Le côté droit, appelé le tonal, comprend tout ce que l'intellect peut concevoir. Le côté gauche, appelé le nagual, est un domaine échappant par nature à toute description, un monde impossible à enfermer dans des mots. " Le don de l'aigle, p.153
À propos du tonal :
• (Don Juan :) " Le tonal, c'est la personne sociale. [...] Tout ce que nous connaissons et tout ce que nous faisons en tant qu'hommes est l'œuvre du tonal. " Histoires de pouvoir, p.163


• (Don Juan :) " Chacun de nous possède son propre tonal, mais il existe aussi un tonal collectif, propre à un moment donné, qu'on peut appeler le tonal de l'époque. " Histoires de pouvoir, p.167


• " Ce que don Juan s'était efforcé de vaincre, ou plutôt de supprimer en moi, ce n'était pas ma raison en tant que capacité de penser rationnellement, mais mon ‘ attention du tonal ’, c'est-à-dire ma conscience du monde du sens commun. " Le second anneau de pouvoir, p.329


À propos du nagual :
• (Don Juan :) " Le nagual est l'indicible. Tous les sentiments possibles, tous les êtres et les personnalités imaginables flottent en lui comme des chalands, paisiblement, immuablement, éternellement. " Histoires de pouvoir, p.357


• (Don Juan :) " C'est le corps, et non la raison, qui peut témoigner des faits du nagual. " Histoires de pouvoir, p.209


À propos du tonal et du nagual :
• (Don Juan :) " Dès notre naissance, nous avons l'intuition des deux parties qui existent en nous. À notre naissance, et pendant un certain temps, nous ne sommes que nagual. Nous sentons intuitivement qu'il nous faut une contrepartie pour fonctionner. Le tonal nous manque, et cela nous donne, dès le début, un sentiment d'incomplétude. Puis le tonal commence à se développer et devient capital pour notre fonctionnement, tellement important qu'il offusque l'éclat du nagual et l'écrase. À partir du moment où nous devenons entièrement tonal, tout ce que nous faisons par la suite est d'accroître cet ancien sentiment d'incomplétude, qui nous accompagne dès la naissance et qui nous dit constamment qu'il nous manque une autre partie pour être complets. " Histoires de pouvoir, p.170


• (Don Juan :) " Nous savons intuitivement que nous avons une deuxième dimension, mais quand nous essayons de la cerner, le tonal prend la direction des choses et, en tant que chef, il se montre très mesquin et jaloux. Il nous éblouit de son astuce, et nous force à oblitérer complètement l'autre composante du couple véritable, le nagual. " Histoires de pouvoir, p.172


• (Don Juan :) " Le tonal doit renoncer au contrôle. Mais il faudrait le lui faire faire de bon gré. [...] Le tonal est forcé de se débarrasser de choses inutiles, telles que la suffisance et le laisser-aller, qui ne font que le plonger dans l'ennui. Le problème c'est que le tonal s'accroche à ces choses-là, alors qu'il devrait se réjouir de se débarrasser de ces conneries. Il s'agit donc de convaincre le tonal d'être libre et fluide. " Histoires de pouvoir, p.208


Cependant :
• (Don Juan :) " Le tonal doit être protégé à tout prix. Il faut lui arracher la suprématie, mais il doit rester en tant que surveillant protégé. " Histoires de pouvoir, p.213


• (Don Juan :) " Il n'est pas possible de parvenir à l'explication des sorciers, si on n'a pas utilisé volontairement le nagual, ou plutôt, si on n'a pas utilisé volontairement le tonal, afin de donner un sens à ses propres actes, dans le nagual. Autrement dit, la représentation du tonal doit prévaloir, si l'on veut se servir du nagual à la manière des sorciers. " Histoires de pouvoir, p.356


• (Don Juan :) " Le tonal de chacun de nous n'est qu'un reflet de cet inconnu indescriptible rempli d'ordre; le nagual de chacun de nous n'est que le reflet de ce vide indescriptible, qui contient tout. " Histoires de pouvoir, p.364 


• (Don Juan :) " Le nagual est séduisant, au-delà de toute expression, et les guerriers qui voyagent en lui trouvent que le retour au tonal, au monde de l'ordre, du bruit et de la souffrance, n'est pas bien attrayant. " Histoires de pouvoir, p.372


• (Don Juan :) " Les deux côtés d'un être humain sont entièrement séparés et il faut beaucoup de discipline et de résolution pour briser ce sceau et passer d'un côté à l'autre. " Le don de l'aigle, p.212


On pourrait résumer en disant qu'une étape importante à franchir est celle qui consiste à prendre conscience de la nature du nagual et du tonal en nous et aussi à reconnaître le rôle de chacun. Tout ceci afin de mettre en œuvre les activités qui nous feront parvenir à la totalité de nous-mêmes.


• (Don Juan :) " Après toute une vie de combat, j'ai appris que ce qui compte n'est pas d'acquérir une description nouvelle, mais de parvenir à la totalité de soi-même. On devrait parvenir au nagual sans dire du mal du tonal et surtout sans nuire à son corps. " Histoires de pouvoir, p.322


• (Don Juan :) " Briser la coquille signifie se souvenir de l'autre moi et parvenir à la totalité de soi-même. " Le don de l'aigle, p.206


• (Don Juan :) " S'il nous faut mourir avec la totalité de nous-mêmes, pourquoi ne pas vivre alors avec elle? " Histoires de pouvoir, p.178

 

TRES IMPORTANT à mes yeux --->>>>> Je conclurais en disant qu'il n'est pas besoin de prendre des produits hallucinogènes ou psychotropes pour parvenir à cela et qu'utiliser ces moyens témoignent d'un "laisser-aller" de la part de la personne qui juge fatiguant de faire des efforts et préfère prendre des raccourcis sans compter qu'elle ne sait pas quelle contribution elle devra payer pour ces "aides"

 

Rédigé par Agnès

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