Le détachement - perte de sa forme humaine (FH

Publié le 20 Février 2017

(Information importante car je veux souligner les deux derniers alinéas où Don Juan s'exprime sur le détachement car il est manifeste que ce recul vis-à-vis des situations, cet instant très court, cet instant d'arrêt comme le dit Don Juan est ce que j'arrive à percevoir depuis quelques temps et où, si je maintiens cet arrêt en conscience, des solutions apparaissent -

 le moment d'arrêt donne encore plus d'informations que cela. Il nous donne le libre-arbitre et nous permet de choisir, de réévaluer les situations et surtout de reconsidérer les attitudes car est déployé devant tes yeux les tenants et aboutissants selon les situations retenues. Bref on nous montre les conséquences de nos actes et il nous est bien précisé notre totale responsabilité quant aux conséquences...C'est prodigieux  Agnès )

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En entendant mon récit, la Gorda me dit que cette fois, c’était certain : j’avais perdu ma forme humaine, je m’étais dépouillé de toutes mes carapaces, ou de la plupart d’entre elles...

Elle avait raison. Sans savoir comment, sans même m’en rendre compte, je me retrouvais dans une situation qui ne m’était pas familière. Je me sentais détaché de tout, libre de toute influence.

Peu m’importait désormais ce que la Gorda m’avait fait. Ce n’était pas du tout comme si je lui pardonnais son comportement blâmable à mon égard, c’était comme si aucune trahison n’avait eu lieu. Il ne restait en moi aucune rancœur avouée ou inavouée contre la Gorda, ou d’ailleurs quiconque.

Je ne ressentais pourtant ni indifférence négative, ni négligence en face de l’action ; il ne s’agissait pas non plus d’une solitude désespérante, ou même du désir de rester seul.

C’était plutôt un sentiment inconnu de désintéressement, la capacité de me plonger dans l’instant et de n’avoir aucune pensée que ce fût pour tout le reste,

Les actes des gens ne me touchaient plus, car je n’espérais plus rien de l’avenir. Une paix étrange était devenue la force souveraine de ma vie.

J’avais l’impression d’avoir adopté en quelque manière l’un des concepts de la vie de guerrier : le détachement.

La Gorda me dit que j’avais fait plus que l’adopter : en fait je l’avais incorporé.

J’avais eu de longues discussions avec don Juan sur mes possibilités de franchir cette étape un jour.

Il m’avait expliqué que détachement ne signifie pas automatiquement sagesse, mais que c’était néanmoins un avantage, parce qu’il permettait au guerrier de prendre un instant d’arrêt pour réévaluer des situations et reconsidérer des attitudes.

Ensuite, pour pouvoir utiliser de façon logique et correcte cet instant accordé de surcroît, il fallait, disait-il, que le guerrier combatte sans relâche toute sa vie.

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Le don de l’Aigle

Rédigé par Agnès

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