Les lueurs de la conscience - page 96 - le feu du dedans

Publié le 30 Mai 2017

“ Le degré de conscience de chaque être sen-
sible individuel, poursuivit-il, dépend de la mesure
dans laquelle il est capable de laisser les émana-
tions en liberté le porter. ”

Après une longue interruption, don Juan reprit son explication. Il dit que les voyants voyaient que la conscience s’accroît, s’enrichit depuis le moment de la conception, par le processus de la vie même. Il dit que les voyants voyaient, par exemple, que la conscience d’un insecte individuel ou d’un homme individuel croît depuis le moment de la conception, selon des modalités présentant des
différences stupéfiantes, mais avec une égale
cohérence.

“ La conscience se développe-t-elle depuis le
moment de la conception ou depuis celui de la
naissance ? demandai-je.

– La conscience se développe depuis le moment
de la conception, répondit-il. Je t’ai toujours dit
que l’énergie sexuelle était d’une importance
fondamentale et qu’elle doit être contrôlée et uti-
lisée avec beaucoup de soin. Mais tu t’es toujours
affusqué de ce que je disais, parce que tu pensais
que je parlais de contrôle en termes de moralité ;
j’en ai toujours parlé dans le sens d’une écono-
mie et d’une orientation de l’énergie. ”

Don Juan regarda Genaro. Genaro acquiesça
d’un signe de tête.

“ Genaro va te dire ce que notre benefactor, le
nagual Julian, disait à propos de l’économie et de
la réorientation de l’énergie sexuelle, me dit don
Juan.

– Le nagual Julian disait que faire l’amour est
une question d’énergie, commença Genaro. Faire
l’amour, par exemple, ne lui posait aucun pro-
blème, parce qu’il avait lui-même de l’énergie à en
revendre.

Mais il me jeta un seul coup d’œil et il sti-
pula tout de suite que mon zizi n’était fait que pour
pisser. Il me dit que je n’avais pas assez d’énergie
pour faire l’amour. Il dit que mes parents s’en-
nuyaient trop et étaient trop fatigués quand ils me
conçurent ; il dit que j’étais le produit d’une rela-
tion sexuelle très ennuyeuse, cojida aburrida.

J’étais né ainsi, ennuyé et fatigué. Il déclara à la ronde en
guise d’avertissement que des gens comme moi ne
devraient jamais faire l’amour ; ainsi, nous pour-
rions conserver le peu d’énergie que nous possé-
dions.

“ Il dit la même chose à Silvio Manuel et à Emi-
lito. Il vit que les autres avaient suffisamment
d’énergie. Ils n’étaient pas le produit d’une rela-
tion sexuelle ennuyeuse. Il leur dit qu’ils pouvaient
faire ce qu’ils voulaient de leur énergie sexuelle,
mais il leur recommanda de se contrôler et de
comprendre le commandement de l’Aigle selon
lequel le sexe est fait pour donner la lueur de la
conscience. Nous lui dîmes tous que nous avions
compris.

Rédigé par Agnès

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