La force du silence - page 11 - introduction

Publié le 7 Juin 2017

« Tout ce que je t’ai communiqué, poursuivit don Juan,
chacune des choses que je t’ai montrées, ne constituait qu’un
moyen pour te convaincre que nous sommes autres. que nous
n’apparaissons.

Nous n’avons besoin de personne pour
nous enseigner la sorcellerie parce qu’en réalité, il n’y a rien
à apprendre. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un profes-
seur pour nous convaincre que nous avons à notre portée
un pouvoir incalculable; Quel étrange paradoxe ! Chaque
guerrier engagé sur le chemin de la connaissance croit, un
jour ou l’autre, qu’il est en train d’apprendre la sorcellerie,
mais il ne fait que se laisser convaincre du pouvoir que
recèle son être, et du fait: qu’il peut y accéder.

– Est-ce là ce que vous essayez de faire, don Juan, me
convaincre ?

– Exactement. J’essaie de te convaincre que tu peux
accéder à ce pouvoir. Je suis passé par là. Et j’étais aussi
difficile à convaincre que toi.

– Une fois que nous y avons accédé, qu’en faisons-nous
au juste, don Juan ?

– Rien. Une fois que nous y avons accédé, il utilisera,
tout seul, des champs d’énergie qui sont disponibles mais
hors d’atteinte. Et cela, comme je l’ai dit, c’est la sorcellerie.
Nous commençons alors à voir – c’est-à-dire, à percevoir autre chose ; non pas de façon imaginaire, mais réellement et concrètement. Et puis nous commençons à savoir sans devoir utiliser de mots. Et ce que chacun d’entre nous fait de cette perception accrue, de cette connaissance silencieuse, dépend de notre tempérament propre. »

Rédigé par Agnès

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