page 55 - Rencontre avec le Nagual - plantes de pouvoir

Publié le 8 Août 2017

Et cet extrait qui explique bien l'inutilité d'utiliser les plantes de pouvoir

 

3 PLANTES DE POUVOIR
Sur un banc, presque caché derrière un kiosque à journaux, se tenait assis
un individu. Il attira mon attention, mais de façon tellement subconsciente
que j’en fus frappé à vingt mètres de distance.
Je me retournai ; l’individu m’observait en souriant. C’était Carlos.
Il m’embrassa avec effusion et commenta qu’une rencontre de cette nature
devait être prise comme un présage.
- «Maintenant je suis tout à toi - s’exclama-t-il - Questionne-moi !»
Je saisis l’occasion. Lors de diverses conversations, Carlos avait affirmé
catégoriquement que les plantes hallucinogènes n’étaient pas recommandables
pour un chercheur de la connaissance. Toutefois, dans ses premiers livres
il avait écrit exactement le contraire, précisant même des exercices plus
étendus sur leur utilisation, et se présentant lui-même comme un exemple du
pouvoir de ces plantes.
Ce sujet m’intéressait vivement, puisque je n’avais jamais éprouvé dans ma
chair propre les incroyables aspects de la perception qu’il décrivait pour
lesquels j’avais une grande curiosité. De sorte que, profitant de son
allant, je lui demandai de me clarifier la contradiction.
Après avoir entendu ma question son enthousiasme fut refroidi. Il était
visible que ce sujet l’affectait profondément.
Après quelques secondes de réflexion, il me raconta que son changement de
perspective avait été déterminé par un signe de l’Esprit.
« En 1971, après avoir publié mon second livre, je reçus une visite
désagréable. Les agents du gouvernement des Etats-Unis s’approchèrent de
moi lors d’une de mes présentations et m’informèrent que j’étais en train
de me convertir malgré moi en une idole de la jeunesse consommatrice de
drogues, et qu’ils m’expulseraient du pays à moins que je ne modifie mon
attitude.»
«Au premier abord, je considérai qu’il ne valait pas la peine de prendre
cette menace au sérieux. Mais je fis ensuite quelques enquêtes et fus assez
impressioné par la situation. Beaucoup d’étudiants prenaient les
enseignements de Don Juan comme la permission académique d’être défoncé.
Mon nom était cité partout comme celui d’une autorité en matière de
drogues.
Cependant, je ne voulais être le saint patron de rien du tout ! «
«Je m’en fus avec ce dilemme chez Don Juan, qui rit de toute l’affaire, et
me raconta que l’un des principes du traqueur est de n’affronter personne,
et encore moins des gens plus puissant que lui. ‘ Tu t’es mis toi-même des
bâtons dans les roues et tu dois t’en sortir tout seul. Je te suggère de te
centrer sur ton apprentissage, le reste après tout, qu’importe ?’
Ce conseil me décida à avoir une attitude plus prudente lors des
publications suivantes «.
«D’un point de vue personnel je n’approuve ni ne désapprouve rien, puisque
je ne suis personne pour juger ce genre de choses, d’autant plus que mon
apprentissage fut, en outre, le résultat de telles techniques. Toutefois,
je ne peux pas, à l’attention d’un public, stimuler l’utilisation des
plantes, parce que mes livres sont accessibles à tous types de gens qui
chacun les interprète à sa manière.»
-»Sans vigilance particulière, les plantes de pouvoir peuvent produire des
résultats regrettables, puisqu’elles déplacent le point d’assemblage avec
brusquerie et de manière erratique, ce qui , à long terme, finit par
détruire la santé, la raison, et parfois même la vie de l’utilisateur.
On m’a même informé que le père d’un étudiant me cherchait avec une arme
pour me tuer car il m’imputait le décès de son fils, qui avait expérimenté
des drogues.»
«Le sujet des plantes est très délicat. Si tu veux le comprendre, tu dois
abandonner la vision folklorique que presque tout le monde a adoptée sur
les sorciers. Les véritables guerriers Toltèques ne sont fanatiques ni du
dopage ni de rien d’autre; leur conduite est strictement dictée par
l’impeccabilité.»
«Je t’ai déjà expliqué que Don Juan n’utilisait ces plantes avec moi, qu’au
début de mon apprentissage, et parce que j’étais exceptionnellement coincé
dans mes routines. Plus je me montrais entêté et davantage de plantes il
m’administrait. De cette manière, il réussit à décoincer la fixation de mon
point d’assemblage du minimum nécessaire pour que je puisse recueillir les
prémisses de son enseignement.
Toutefois, et malgré sa prudente conduite, cela me coûta très cher et c’est
là une des principales causes pour lesquelles ma santé est aujourd’hui
tellement détériorée.»
«Les plantes de pouvoir ont une limite et un sorcier la rencontre très
vite.
Elles sont un stimulant initial, mais ne peuvent pas se transformer en base
du travail, parce qu’elles n’ont pas la capacité de nous emmener vers les
mondes complets que cherche le voyant.»
«Voulez-vous dire que le mouvement qu’elles induisent sur le point
d’assemblage n’est pas suffisamment ample ?»
«Au contraire, elles produisent un choc profond en dépassant les limites.
Un sorcier accompli et droit peut manier cela, mais pas un apprenti. S’il
les emploie pour casser les limites de sa perception, l’aspirant se verra
tenté de classifier tout ce dont il est témoin comme le fruit d’une
hallucination ; du début à la fin tout cela au départ d’une plante ! De
cette manière, il n’atteindra jamais le degré de compromis suffisant pour
fixer son point d’assemblage en une nouvelle position. Les plantes
t’emmènent rapidement et facilement à l’autre monde, mais une fois là-bas,
elles ne te permettent pas d’y traquer ; cela est leur limite.»
«La meilleure manière de déplier les ailes de notre perception est
l’utilisation du rêve. Comme méthode, le rêve est tout aussi simple, mais
moins risqué, plus vaste et surtout, beaucoup plus naturel.»
«L’objectif de l’apprenti est de prendre les rênes de son point
d’assemblage.
Une fois qu’il parvient à le déplacer, il est obligé de répéter ces
mouvements sans aide externe, à force de discipline et d’impeccabilité. On
peut alors dire que le guerrier a trouvé un allié.»
LE PIÈGE DE LA FIXATION DU POINT D’ASSEMBLAGE
Lors de l’une de ses conférences, Carlos expliqua que rien n’est plus
fragile que la fixitation du point d’assemblage. Il soutenait que l’art
d’être d’accord est tellement spécial, que nous perdons vingt ans
d’entraînement quotidien pour y arriver. Seront appelés « adultes « ceux
qui réussiront et « fous « ceux qui n’y parviendront pas.
« Toutefois, rien n’est plus facile pour nous que de nous déplacer vers de
nouveaux univers. Pour cela, il nous suffit de revenir à ce que nous fûmes
«
Il nous expliqua que la fixitation du point d’assemblage consomme d’énormes
quantités d’énergie et produit une vision statique du monde. L’énergie
engagée selon cette modalité se disperse dans toute notre luminosité et
finit par se pelotonner sur ses bords, où elle forme des masses denses qui
y créent un reflet du soi. Dans ces conditions, bousculer la fixation en
devient une tâche ardue.
« Pour rompre le piège de la fixitation, il est bon d’essayer tous les
recourts.
« Dans la majorité des cas, seule une impulsion provenant de l’extérieur
peut provoquer chez une personne un mouvement du point d’assemblage Quand
nous avons beaucoup, mais alors beaucoup de chance, nous recevons cette
poussée par le coup d’un nagual.
« Un fois le déplacement initial réalisé, le guerrier doit lutter pour le
contrôle de son attention et il doit le faire par l’exercice de l’intention
et la pratique du rêve. Rêver est une porte de sortie pour la race humaine
et c’est la seule chose qui donne à notre existence sa dimension
appropriée. «

Rédigé par Agnès

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