chaque fois que nous sommes confrontés à des situations inhabituelles

Publié le 19 Juin 2018

page 75 - histoire de pouvoir - le Rêveur et le Rêvé

 

– Devrais-je donc essayer de trouver une explica-

tion de ce qui s’est passé ? demandai-je.

– Certainement, me dit-il. Tu as le devoir de te

rassurer. Les guerriers ne gagnent pas leurs victoires

en se cognant la tête contre les murs, mais en les

franchissant. Les guerriers sautent par-dessus les

murs, mais ils ne les démolissent pas.

– Comment puis-je sauter par-dessus celui-là ?

demandai-je.

– Tout d’abord, je crois que tu as le plus grand tort 

de considérer les choses de façon sérieuse

 

Chaque fois que nous 

sommes confrontés dans la vie à des situations inhabi-

tuelles, nous recourons h trois sortes de mauvaises

habitudes. Tout d'abord, nous pouvons négliger ce qui

est en train de se produire ou ce qui est déjà arrivé, et

nous sentir comme si rien ne s’était passé. C'est la

façon d’agir du sectaire. Puis nous pouvons accepter

n'importe quoi selon les apparences et avoir le senti-

ment de connaître ce qui se passe. C'est le comporte-

ment de l’homme zélé. Enfin nous pouvons être

obsédés par un événement, parce que nous ne pouvons

ni le négliger ni l’accepter entièrement. C’est la

manière de l’imbécile. Et quelle est la tienne ? Il y en a

une quatrième, qui est la correcte, c'est la manière du

guerrier. Un guerrier agit comme si rien n'était jamais

arrivé, parce qu’il ne croit en rien, quoiqu'il accepte

les choses telles qu'elles se présentent. Il accepte sans

accepter, et il néglige sans négliger. Il n’a pas le

sentiment de savoir, mais il ne se sent pas non plus

comme si rien n’était jamais arrivé. Il agit comme s’il

contrôlait la situation, même s’il tremble dans ses

souliers. D'agir ainsi fait disparaître l’obsession.

Nous gardâmes le silence un long moment. Les

paroles de don Juan faisaient sur moi l'effet d’un

baume.

Rédigé par Agnès

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