Bernard Dubant et Michel Marguerie "Castaneda - le Saut dans l'inconnu" page 18

Publié le 17 Juillet 2019

"Aussi, le guerrier décrit par Don Juan n'est pas un homme qui agit "empiriquement" mais "pragmatiquement".

Trois choses témoignent de son attitude : son impeccabilité, son dessein, sa liberté. Il ne s'agit pas de s'égarer, de renforcer son identification au "phénoménal" mais au contraire d'accéder à la liberté qui est notre nature originelle.

C'est seulement muni de ces trois viatiques qu'il chemine sur le sentier sans cesse, sans complaisance pour lui-même. Et cheminant ainsi, il ne peut plus considérer ce monde-ci comme ennuyeux.

Ce qu'il rejette, ce n'est pas le monde du "tonal", c'est l'attention exclusive à ce monde et toutes les surimpositions mortelles qui sont le fait de ceux qui s'accrochent : la propre importance, la suffisance, la ratiocination, les jeux stériles de la pensée, les jeux épuisants des passions. 

Il est dans le monde mais il n'est pas de ce monde, car il a saisi la vraie nature de la conscience.

Et où qu'il soit, quelque faible que soit son pouvoir personnel, s'il est impeccable, il n'est déjà plus d'aucun monde, miroir où se reflète l'infinité des phénomènes sans qu'il en soit affecté, infiniment respectueux pour la moindre chose, qui est le plus insondable des mystères.

L'enseignement de Don Juan rapporté par Castaneda, loin d'être un erzatz comme notre époque en produit tant, est le plus éclatant témoignage du devoir suprême de l'être humain.

 

Bernard Dubant et Michel Marguerie "Castaneda - le Saut dans l'inconnu" page 18

Rédigé par Agnès

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