Pouvez-vous nous parler d’un autre des index dont Castaneda vous a parlé ?

Publié le 2 Décembre 2019

 
 
Un autre index qui vous permet d’entrer dans les propositions pratiques des sorciers est de briser les routines de la vie quotidienne, en particulier les routines mentales. Une des façons les plus efficaces pour combattre nos routines mentales est de traquer leur répétition comme un chasseur. Carlos disait que nous n’utilisons pas toutes nos ressources mais seulement celles de la vie quotidienne, du monde prévisible, du moi. Nous vivons dans un monde où tout est prévisible, nous sommes toujours en train de défendre quelque chose et nous utilisons toujours les mêmes méthodes pour nous sortir des situations, quelle aberration !
Le moyen pour contrecarrer cela est de clarifier les routines de notre quotidien, d’observer ou de traquer nos actions et nos pensées répétitives. Quand nous en prenons conscience, nous sortons de la situation. C’est la liberté.
Pour les sorciers, le chemin de l’évolution va toujours du connu vers l’inconnu. On sait que l’on fait face à l’inconnu à cause des effets émotionnels que cela génère en nous : nous sommes remplis d’émotion, nous ressentons même de la peur.
D’un autre côté, la familiarité du connu engendre de l’ennui et de la complaisance.
La routine est un narcotique qui dénie l’envol de l’imagination et fait stagner notre capacité à changer. Les routines mentales sont un grand obstacle lorsqu’il faut surmonter les incongruités et les contradictions que nous croyons trouver sur le chemin de la connaissance.
Quand nous changeons nos paramètres de pensée, elles disparaissent. L’existence véritable n’est pas atteinte par notre mental, la réalité des sorciers est expérimentale.
les témoins du nagual
Comment définiriez-vous en quelques mots le chemin du guerrier ?
 
Le système des enseignements de Carlos Castaneda peut être synthétisé comme un nonfaire, qui peut être expliqué comme la pratique continue d’une série d’actions contraires à ce que nous sommes accoutumés à faire dans la vie quotidienne.
Ce non-faire est destiné, entre autres choses, à briser nos routines et, par-dessus tout, à gagner la vraie liberté qui est psychologique et spirituelle.
Par exemple, tout le monde veut « devenir quelqu’un », sortir du lot, être important, être reconnu, ce qui est évidemment une forme d’esclavage.
Alors, en tant que guerrier, vous devez quitter ce stéréotype et, au lieu de chercher à être quelqu’un, vous acceptez ce que vous êtes avec une complète humilité, ce qui est à l’exact opposé de ce que nous faisons d’habitude ; et vous cherchez à l’intérieur de vos propres ressources à construire votre propre impeccabilité.
En essayant de pratiquer le non-faire de suspendre le dialogue intérieur, j’eus un jour l’étrange sentiment que le monde tournait dans ma tête et subitement, il s’arrêta. A sa place, je ressentis dans mon esprit un immense silence, la paix et la liberté !
A ce moment-là, je compris l’essence de la signification de stopper le monde sur le chemin du guerrier ou ce qui est aussi connu comme le silence intérieur.
Nous sommes capable de nous échapper du monde, pas du véritable monde mais du monde que nous emmenons dans notre tête, celui de la routine, de la douleur, de la préoccupation, de l’obsession, de la peur, de l’insécurité, de l’importance personnelle, etc.
« Le leitmotiv du centre sera : Ou vous chiez, ou vous chiez ! Et vous devriez le mettre en haut à gauche sur les statuts », nous dit-il avec une solennité exagérée.
 
Il nous laissa en état d’excitation, riant nerveusement, mais nous ne prîmes pas sérieusement en compte le sens de ses mots.
La récapitulation est une technique au moyen de laquelle nous découvrons, entre autres choses, les événements traumatisants de notre vie afin de les décharger de leur énergie dévastatrice.
En ne la pratiquant pas, nous finîmes par rejeter cette énergie sur les autres, à littéralement leur « chier » dessus durant notre constante coexistence.
Il partit si vite que nous commençâmes non seulement à prendre notre « merde » personnellement mais aussi à l’envoyer sur les autres par paquets entiers ! Nous étions tous surpris par l’irrationalité de notre comportement. Il n’y avait plus aucun doute sur les effets puissamment purificateurs de l’énergie du nagual.
Parce que le sage nagual avait parfaitement compris ce qui allait arriver, il nous donna une tâche étrange qui consistait à nous réunir toutes les semaines avec lui pendant une demi-heure, et pas plus, pour que nous nous exprimions jusqu’à son départ, c’est-à-dire, raconter ce que nous pensions et ressentions à propos des autres.
C’était une forme de libération de tous ces transferts énergétiques et psychologiques qui étaient générés mais cela ne devait pas être prolongé afin de ne pas s’accrocher aux détails. Malheureusement, nous n’avons pas pu compléter cette tâche qui offrait un moyen de réduire les effets des irradiations du nagual.
Il nous fut magistralement démontré qu’une quantité énorme de saletés nous contaminait de l’intérieur. Et cela devint évident au fur et à mesure que nos niveaux énergétiques augmentaient, grâce à l’énergie que nous prêtaient les sorciers.
Avec cette leçon et par nous-même, nous prenions conscience de l’urgence de dissoudre cela en privé au moyen d’une des techniques les plus importantes pour le guerrier : la récapitulation.
Ce n’est pas une psychanalyse, bien que cela marche aussi comme telle, mais je l’ai compris comme étant une sorte de « transmutation », de transformation au niveau énergétique des sensations, des émotions ou des sentiments, qu’ils soient heureux ou douloureux, c’est-à dire, de tout ce qui génère des charges d’énergie, comme nos attachements, nos peurs, notre arrogance, nos faiblesses, nos souffrances, nos impulsions destructrices, etc., ce que Jung appelle notre « ombre ».
Il nous fit remarquer que pendant que nous étions impliqués dans ce genre d’activités, nous ne devions pas le récapituler lui, ni nous récapituler les uns les autres car cela aurait mélangé cette énergie avec l’énergie de notre précédente récapitulation et nous aurait relié entre nous avec des noeuds énergétiques.
En fait, c’est une autre des fonctions de la récapitulation : briser les liens énergétiques qui nous empêtrent avec d’autres gens, les institutions, les idéologies, les identités, etc., c’est-à dire, ce que nous nommons les attachements et les dépendances qui opèrent au niveau énergétique.
Perdre l’importance personnelle
 
L’objet de la traque du nagual était de nous confronter à notre importance personnelle et à nos traumatismes, notre conditionnement, notre apitoiement ; tout ce qui nous donnait le sentiment d’être « la chose la plus importante au monde ».
A cet égard, il nous raconta quelques anecdotes impressionnantes. L’importance personnelle nous fait perdre quatre-vingt dix pourcent de notre énergie, qui est utilisée pour la défense du moi.
Si vous ne vous prenez pas au sérieux, si vous ne vous sentez pas divin, alors vous ne vous sentez plus offensé moralement, en conséquence de quoi personne ne peut plus vous affecter. Je ne prends rien au sérieux, cependant mon travail est sérieux !
Quand nous savons que nous ne vallons pas mieux qu’un concombre, nous pouvons faire face à n’importe quelle situation.
Apprenez à tomber par terre, arrêtez de vous prendre pour une princesse, de vous soumettre aux suggestions de votre mental. Si je ne me considère pas comme un être extraordinaire, je suis sauvé !
Expliquez-nous ce qu’est un petit tyran ?
 
En explorant ce chemin, on doit être connecté avec une grande passion et un but fort pour arriver au stade de l’impeccabilité. Les sorciers ont plusieurs méthodes pour obtenir ce résultat et une interaction avec un petit tyran est probablement la plus efficace.
Répondant à une question que je lui avais posé, Carlos m’expliqua que la majeure partie d’entre nous sont des tyrans pour les autres ; d’une façon ou d’une autre, nous sommes toujours en train d’affecter quelqu’un avec notre importance personnelle et, tandis que la plupart des gens essayent d’éviter les petits tyrans, nous les recherchons.
D’un autre côté, Carlos insinuait que rencontrer un bon tyran était un privilège et il nous suggéra de chercher de sombres ennemis, des adversaires valables plein d’importance personnelle.
D’après lui, ce genre de rencontre est la seule qui puisse vraiment nous donner la force et la sobriété nécessaire pour tenir le coup là où il ne se trouve rien de familier auquel nous raccrocher, autrement dit, pour faire face à l’inconnu.
Il ne faut jamais sous-estimer un petit tyran comme une ressource pour notre développement. Si nous ne sommes pas capables de faire face au petit tyran, nous aurons des difficultés à faire face à quelque chose d’aussi grand que l’inconnu.
C’est quelque chose de très difficile à admettre mais lutter contre un petit tyran c’est lutter contre notre propre importance. Si nous pouvons nous faire face avec une stratégie de guerrier, alors nous découvrirons « l’inconnu que personne ne veut connaître », c’est-à-dire, tout ce que nous trouvons déplaisant en nous et que nous ne voulons jamais reconnaître.
Mais si nous apprenons comment nous battre pour arriver à cette fin, à long terme, cela nous fournit une précieuse énergie.
Cela me coûta beaucoup de comprendre que le véritable tyran de notre vie est notre ego et que nous l’avons toujours sous la main. L’adversaire valable, externe à celui dont parlait don Juan, est une métaphore de l’ego, parce que l’on projette tout à travers lui et qu’il est plus facile de voir nos problèmes se refléter dans les autres.
De plus, nous idéalisons les gens en exagérant leurs qualités. Nous imaginons aussi que les autres nous attaquent, voyant des caricatures qui ne sont que le reflet de nos propres traumas.
Faire face au petit tyran est un énorme non-faire car, en temps normal, au stade de conscience de l’ego, nous prenons la fuite et de nous nous défendons contre tout et tout le monde.
Cependant, accueillir dans notre vie quelqu’un ou quelque chose qui nous rend la vie impossible, affecte sérieusement les paramètres de la perception et on entre ainsi dans l’inconnu.
« Il est nécessaire d’utiliser le petit tyran comme une opportunité de bouger le point d’assemblage vers une nouvelle position », nous disait Castaneda, se référant à un mouvement vers un niveau supérieur de conscience.
 
Pour le guerrier, il n’y a rien de bon ou de mauvais à propos de la vie. Pour lui, tout est un défi et il y fait toujours face avec une stratégie consciente. Les petits tyrans nous font évoluer et c’est le but de l’existence.
Don Juan, avec beaucoup d’humour, présumait que l’ultime et véritable tyran est le créateur de l’existence, les autres en comparaison sont du menu fretin, des tyrans minuscules. C’est-à-dire, en ne voyant la vie que d’un point de vue rationnel c’est facile de la considérer comme une tyrannie ; dans cette conscience duelle, nous ne pouvons la percevoir que comme « donner naissance aux opposés » : la joie et la tristesse, le bien et le mal, etc.
Carlos essayait de se comporter en petit tyran avec chacun d’entre nous mais, en même temps, il le faisait avec une grâce extraordinaire et cela nous stimulait individuellement à accomplir de véritables exploits de la conscience.
Avec ses relations les plus proches, son conduit devînt exaspérant mais produisit des résultats uniques au niveau de la conscience. Il ne manquait jamais une opportunité de critiquer l’ironie de nos actes et de nos vies.
Je me souviens qu’à une occasion, un psychologue espagnol qui nous avait rencontré dit d’une voix terrifiée : « Et dire que si je fais confiance au nagual il va me traiter comme ça ! »
Quand avez-vous commencé à recevoir une formation plus directe de Castaneda ?
 
C’était pendant la période où je faisais des retraites au Mexique - des retraites intensives pour faire de la méditation zen - et où j’apprenais toutes les voies des maîtres. J’étais un fanatique de la méditation.
De même, durant cette période, j’avais commencé à approfondir mes activités dans la Chrétienté mystique de Saint-Jean de la Croix et j’avais l’habitude de me retirer fréquemment dans des monastères chrétiens pour faire de la méditation et de la prière ; il m’arrivait même d’avoir de bonnes expériences mystiques.
J’avais arrêté de lire les livres de Castaneda qui m’avaient tant fascinés, jusqu’au jour où son contact et éditeur au Mexique, Fausto Rosales, me demanda de trouver un bon endroit pour que le nagual puisse donner une de ses conférences, et les gens intéressants y étaient invités. Et puis, comme pour tout ce qui arrive en rapport avec les sorciers, j’eus la chance de leur dégoter un salon colonial très joli, récemment restauré, qui n’avait pas été encore utilisé, situé juste derrière la Cathédrale Metropolitan, et à l’endroit précis où le Templo Mayor de la grande Tenochtitlan se dressait. Là, nous allions écouter la sagesse héritée des anciens Mexicains !
En accord avec mon importance personnelle, je me plaçai au premier rang, bien en face du nagual. Je m’assis même devant Florinda. Mais grâce à cette place, le voir de Florinda put détecter un point qui me fut plus tard expliqué.
Le lendemain, il parla pour la première fois avec moi au téléphone. Le même Carlos Castaneda me dit avec dérision mais de façon affectueuse : « Mon garçon, ma collègue m’a dit que tu as économisé beaucoup d’énergie avec ta méditation. Viens me voir à l’hôtel Camino Real, ainsi nous pourrons parler. »
J’eus la chance d’arriver si vite que je le trouvai sur le point de partir, au moment où il était en train de payer sa note d’hôtel au comptoir. Il me dit qu’une urgence l’avait forcé à hâter son départ. Comme il n’espérait pas me voir arriver, il considérait que notre rencontre au comptoir était un bon signe.
A partir de ce moment, commencèrent les merveilleuses conversations téléphoniques depuis Los Angeles. « La méditation te connecte avec toi-même », me dit-il durant l’un d’entre elles.
Malgré les avantages que cela offrait au niveau énergétique, il me fit comprendre que le type de méditation auquel je me consacrais restait une défense du moi, c’était comme prendre une pierre précieuse et la sertir dans un joli cadre de métal ; on reste accroché à sa propre image. C’est pour cette raison que je continuais à être un égomaniaque.
Avec le temps, je compris que bouger le point d’assemblage - le point lumineux où s’assemble la perception -, comme il l’appelait, était une façon d’atteindre un état de conscience supérieure, comme cela peut arriver avec la méditation.
Ceci peut être soutenu par l’implication continue de la pratique des index ou des techniques des sorciers et avec un danger moindre de tomber dans le piège de l’importance personnelle.
Ainsi, bien qu’avec la méditation de hauts niveaux de conscience puissent être atteints, quand elle est terminée, on retourne à l’état de conscience ordinaire qui est, selon la terminologie des sorciers, une position fixe du point d’assemblage.
En Psychologie Transpersonnelle, j’ai étudié que le sens de l’évolution individuelle consiste à transcender le niveau de conscience de l’ego mental afin d’atteindre d’autres niveaux supérieurs de conscience.
Avec les non-faire des sorciers, cet objectif est atteint de façon délicate mais continue, jusqu’au moment où le point d’assemblage se fixe sur une nouvelle position ; en d’autres termes, sur un nouveau niveau de conscience
. Comme dans beaucoup de traditions, il y a dans le Christianisme ou dans le Zen des techniques pour rester constamment dans d’autres états de conscience, jusqu’à ce que l’état devienne le niveau conscient et demeure de façon permanente.
Mais dans la vie quotidienne, lorsque je pratiquais des techniques de mantra, des koans ou la prière continue, j’oubliais de pratiquer avec continuité ou alors je ne les trouvais pas aussi amusantes que les techniques de don Juan.
Ce que je trouvais très intéressant dans le système de don Juan était son pragmatisme. Cela nous donnait un but pour chaque instant car, pour le guerrier, toute circonstance dans la vie du guerrier signifie « une bataille de vie et de mort », qui nous met dans l’obligation d’être dans un état de pratique continue, dans un état d’alerte ou d’observation.
Si vous êtes engagé dans une bataille pour votre vie, vous ne pouvez pas marcher distraitement avec vos préoccupations et votre dialogue intérieur car cela peut vous être fatal.
Agir comme un guerrier, c’était suspendre ma manière habituelle de me comporter qui opérait presque semi-consciemment, comme un automatisme.
Quelqu’un me donna cet exemple : les pilotes quand ils se sentent en sécurité activent le pilote automatique et n’ont plus besoin d’être très conscients du vol de l’avion. Nous faisons de la même façon avec notre vie, nous activons le pilote automatique et nous cessons d’agir et d’être pleinement conscients.

"Pouvez-vous nous parler de vos expériences mystiques ?

Juste au moment où j’oubliai presque complètement don Juan, j’entrai pleinement dans le Zen et le mysticisme chrétien.

Et puis, un jour j’ai commencé à faire l’expérience de ce qui est appelé un témoignage mystique, un très belle vision de quelqu’un ou quelque chose « au-delà », qui vous accompagne.

Cela vous guide et vous transmet ses pensées au travers de celles que vous recevez à l’esprit. Je pensais que c’était le Christ ou Dieu le père qui me parlait.

Ainsi, j’ai passé de longs mois en état de béatitude, oubliant tous les problèmes du monde. J’étais presque déterminé à devenir un moine contemplatif, quand quelque chose de surprenant arriva.

Durant cette période de démence mystique, quand c’était presque un sacrilège pour moi de me rappeler mes bons moments d’initiation dans la sorcellerie, cette espèce de voix que je supposais être divine me parla : « Peut-être que ce que tu as entendu était la voix de l’esprit ? » Et je me rendis compte que don Juan utilisait la même expression. Je m’interrogeai.

Je m’évanouis presque lorsque, quelques jours plus tard, je fis l’expérience d’un genre de vision mystique et que cette même voix me dit : « C’est la même chose que le voir de don Juan ! »

Je continuai à faire mes comparaisons avec la connaissance des sorciers, jusqu’au jour où je fis l’expérience de quelque chose d’inattendu : « Je suis ton allié. »

Lorsque j’entendis cela, je ressentis un mélange de conflit et d’étonnement et, plus tard, de la satisfaction.

Je compris alors ce que signifiait avoir un allié comme protecteur ou guide, d’après les enseignements de don Juan : une entité de l’autre monde qui vous accompagne dans ces moments difficiles tout au long de la route, quand vous êtes perdu dans les défenses de la vie quotidienne.

Je cherchai immédiatement le livre « Le Voyage à Ixtlan » et dans le dernier chapitre je lus : « A ce moment-là, ce qui devient important pour nous c’est que tout ce que nous aimons, haïssons ou désirons est laissé en arrière...ton allié te projettera dans des mondes inconnus...le fait de tournoyer avec ton allié changera ta vision du monde et, lorsqu’elle change, le monde lui-même change. »

Déjà, j’avais le privilège d’avoir un allié et c’était Dieu le père ou l’Esprit. Je ressentis un amour profond en sa compagnie qui rendit les mois suivants les plus beaux de ma vie

Rédigé par Agnès

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