Publié le 28 Mai 2016

savoir devenir "disponible" ou "indisponible"

Etre inaccessible signifie que l'on touche le monde environnant avec sobriété :

-tu ne manges pas 5 perdrix, une seule suffit,

-tu ne t'expose pas au pouvoir du vent si ça n'est pas indispensable,

-tu n'utilises pas et ne presses pas les gens jusqu'à les réduire à la peau et aux pépins, particulièrement ceux que tu aimes

N'être pas disponible signifie que tu évites délibérément de fatiguer toi-même et les autres.

Cela signifie que tu n'es ni affamé ni désespéré comme ce pauvre diable qui croit qu'il ne mangera jamais plus et qui dévore tout ce qu'il peut : 5 perdrix

Un chasseur sait qu'il attirera toujours du gibier dans ses pièges, par conséquent, il ne se soucie de rien.

Se faire du souci, c'est devenir accessible.

Une fois que tu es inquiet, tu t'accroches à n'importe quoi de manière désespérée et une fois que tu t'accroches, tu t'épuises et tu épuiseras inévitablement ce à quoi tu t'accroches.

Voyage à Ixtlan - page 101 et suivantes

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Rédigé par Agnès

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Publié le 27 Mai 2016

Rédigé par Agnès

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Publié le 27 Mai 2016

« Tu te prends trop au sérieux, reprit-il lentement.
Tu es sacrément trop important, au moins d’après
l’idée que tu te fais de toi-même. C'est ça qui doit
changer ! Tu es tellement important que tu peux te
permettre de partir lorsque les choses ne vont pas à ta
guise. Tu es tellement important que tu crois normal
d’être contrarié par tout. Peut-être crois-tu que c’est le
signe d'une forte personnalité. C'est absurde ! Tu es
faible, tu es vaniteux".

Malgré mes protestations il n'en démordit pas. Il me
fit remarquer qu'au cours dè ma vie je n’avais rien
achevé à cause du sentiment d'extrême importance
dont je m’affublais.

« La propre-importance est aussi une chose à laisser
tomber, tout comme la propre-histoire

"Aussi longtemps que tu croiras que tu es
la plus importante des choses de ce monde tu ne
pourras pas réellement apprécier le monde qui t’en-
toure. Tu seras comme un cheval avec des œillères, tu
ne verras que toi séparé de tout le reste"

VOYAGE A IXTLAN - page 45.

sortir de son importance

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Rédigé par Agnès

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Publié le 24 Mai 2016

La voie du guerrier vue comme un paradigme philosophico-pratique


Le corps d'énergie

Le quatrième élément de la voie du guerrier est LE CORPS D'ENERGIE. Don Juan Matus expliquait que, depuis des temps immémoriaux, les sorciers avaient donné le nom de corps d'énergie à une configuration spéciale d'énergie qui appartenait individuellement à chaque être humain. Il appelait aussi cette configuration le corps de rêve, ou le double, ou l'autre. Sa préférence, selon la coutume des sorciers d'illustrer les concepts abstraits, était de l'appeler le corps d'énergie. Mais il m'a aussi parlé d'un nom secret amusant, pour le corps d'énergie, qui était utilisé comme euphémisme ou comme surnom, une expression de tendresse, une référence amicale à quelque chose d'incompréhensible et de voilé : "que ni te jodan" -- ce qui veut dire en français, "il ne faut pas qu'on t'embête", le corps d'énergie ou autre.

Don Juan expliquait de façon formelle que le corps d'énergie était comme un conglomérat de champs d'énergie qui est l'image miroir des champs d'énergie qui composent le corps humain quand il est vu directement comme de l'énergie. Don Juan disait que pour les sorciers, le corps physique et le corps d'énergie étaient une seule et même unité. Il expliquait encore que les sorciers croyaient que le corps physique mettait bien en jeu le corps et l'esprit tels que nous les connaissions, mais que le corps physique et le corps d'énergie étaient les seules configurations énergétiques qui pouvaient se contrebalancer, dans le champ humain. Comme il n'y a pas de prétendu dualisme entre le corps et l'esprit, le seul dualisme qui puisse exister est celui du corps physique et du corps d'énergie.

Les sorciers soutiennent que percevoir est un processus d'interprétation de données sensorielles, mais que chaque être humain a la capacité de percevoir l'énergie directement, c'est-à-dire sans la faire passer par un système d'interprétation. Comme on l’a déjà dit, quand les êtres humains sont eux-mêmes perçus de cette manière, ils ont l'apparence d'une sphère de luminosité. Les sorciers affirment que cette sphère de luminosité est un conglomérat de champs d'énergie maintenus ensemble par une mystérieuse force agglutinante.

"Que voulez-vous dire par conglomérat de champs d'énergie ?" demandais-je à don Juan quand il me parla pour la première fois de ceci.

"Les champs d'énergie sont retenus compressés ensemble par une étrange force agglutinante," répondit-il. "Un des arts des sorciers consiste à faire signe au corps d'énergie, qui est ordinairement très loin de sa contrepartie le [page 5/12 réelle] corps physique, et de le rapprocher suffisament pour qu'il puisse gouverner énergétiquement tout ce que fait le corps physique."

"Si tu veux être plus précis," continua don Juan, "tu peux dire que quand le corps d'énergie se trouve très proche du corps physique, un sorcier voit deux sphères lumineuses, presque superposées l'une à l'autre. Avoir à proximité notre jumeau d'énergie devrait être notre état naturel, si ce n'est qu'il existe quelque chose qui éloigne le corps d'énergie du corps physique dès l'instant de notre naissance."

Les sorciers de la lignée de don Juan insistaient au maximum sur l'indispensable discipline qu'il faut pour rapprocher le corps d'énergie du corps physique. Don Juan expliquait qu'une fois que le corps d'énergie atteignait un certain degré de vigueur, qui varie d'un individu à l'autre, sa proximité donnait aux sorciers l'opportunité de le forger pour qu'il devienne l'autre ou le double : un autre être, solide et tridimensionnel lui aussi, exactement comme eux-mêmes.

Suivant les mêmes pratiques, les sorciers peuvent changer leur corps physique, solide et tridimensionnel, en une réplique parfaite du corps d'énergie ; c'est-à-dire un conglomérat de champs d'énergie pure qui sont invisibles à l'œil normal, comme c'est toujours le cas pour l'énergie ; une charge éthérée d'énergie capable de passer, par exemple, à travers un mur.

"Est-il vraiment possible de transformer le corps à ce point, don Juan ? Ou êtes-vous simplement en train de me raconter une histoire ?" lui demandais-je, surpris et déconcerté quand j'entendis ces déclarations.

"Il n'y a rien de légendaire à propos des sorciers," répondit-il. "Les sorciers sont des êtres pragmatiques, et ce qu'ils décrivent est toujours quelque chose de très sobre et de très terre à terre. Notre handicap est d'être toujours réfractaire à nous écarter de notre linéarité. Cela fait de nous des incrédules qui se détruisent eux-mêmes en allant croire les choses les plus invraisemblables que l'on puisse imaginer."

"Quand vous parlez comme cela, don Juan, vous faites toujours allusion à moi," dis-je. "Je me tue à croire quoi donc ?"

"Tu te tues à croire, par exemple, que l'anthropologie est significative ou que c'est quelque chose qui existe. Tout comme un religieux se tue à croire que Dieu est un homme qui réside dans les cieux et que le diable est un malfaiteur cosmique qui a élu domicile en enfer."

C'était le style de don Juan que de faire des remarques tranchantes et pourtant incroyablement précises à propos de ma personne dans ce monde. Plus elles étaient tranchantes et directes, plus elles m'affectaient et plus grande était ma déception en les entendant. Une autre de ses astuces didactiques consistait à annoncer à la légère des informations extrêmement pertinentes à propos des concepts des sorciers, et en effet l'impact en était parfaitement décisif pour ma manie de lui réclamer des explications linéaires. Une fois, pendant que nous discutions sur le corps d'énergie, je lui posai une de mes questions tortueuses :

"A travers quels processus", dis-je, "les sorciers peuvent-ils transformer leurs corps d'énergie éthérés en corps solides et tridimensionnels, et leurs corps physiques en énergie éthérée capable de passer à travers un mur ?"

Don Juan, adoptant un sérieux professoral, leva le doigt et dit : "Au travers de l'emploi volontaire -- bien que pas toujours conscient -- et pourtant tout à fait dans nos possibilités, mais pas entièrement dans nos compétences immédiates -- de la force agglutinante qui relie ensemble le corps physique et le corps d'énergie comme deux conglomérats de champs d'énergie."

Exprimée sur le ton de la taquinerie, son explication était néanmoins une description phénoménologique extrêmement précise de processus inconcevables pour nos esprits linéaires, et pourtant continuellement accomplis par nos ressources énergétiques cachées. Les sorciers maintiennent que le lien entre le corps physique et le corps d'énergie est une mystérieuse force agglutinante que nous utilisons incessamment sans jamais en être conscients.

Nous avons déjà dit que quand les sorciers perçoivent le corps comme un conglomérat de champs d'énergie lumineuse, ils perçoivent une sphère de la taille des deux bras étendus latéralement [page 6/12 réelle] et de la hauteur des bras tendus vers le haut. Ils perçoivent aussi que dans cette sphère il existe quelque chose qu'ils appellent le point d'assemblage ; un endroit d'une luminosité plus intense, de la taille d'une balle de tennis, situé derrière le dos, à hauteur des omoplates et à une longueur de bras derrière elles.

Les sorciers considèrent le point d'assemblage comme étant l'endroit où le flux d'énergie directe est transformé en données sensorielles et interprété comme le monde de la vie quotidienne. Don Juan disait que le point d'assemblage, à part faire tout cela, avait aussi une fonction secondaire très importante : c'était le lien étroit entre le corps physique et le point d'assemblage du corps d'énergie. Il décrivait cette liaison comme étant analogue à deux cercles magnétiques, chacun de la taille d'une balle de tennis, s'attirant l'un l'autre grâce à la force de l'intention.

Il disait aussi que tant que le corps physique et le corps d'énergie ne se sont pas rejoints, la connexion entre eux n'est qu'une ligne éthérique, qui est si ténue parfois qu'elle semble ne pas exister. Don Juan était certain que le corps d'énergie était repoussé de plus en plus loin à mesure qu'on grandissait, et que la mort était le résultat de la rupture de cette connexion ténue.

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Rédigé par Agnès

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Publié le 24 Mai 2016

« À partir de maintenant, tu dois vivre une existence où l’attention est absolument prioritaire, dit-elle, comme si elle savait que j’avais pris l’engagement tacite de rester avec elle. Tu dois éviter tout ce qui peut affaiblir ou endommager ton corps ou ton esprit. En outre, il est essentiel, pour le moment, de couper tous les liens physiques et émotionnels avec le monde.

Pourquoi est-ce si important ?

Parce que, avant toute autre chose, tu dois acquérir l’unité. »

Clara expliqua que nous sommes convaincus qu’un dualisme existe en nous ; l’esprit est la part insubstantielle en nous, et le corps en est la part concrète. Cette division maintient notre énergie dans un état de séparation chaotique et l’empêche de s’unifier.

« Rester divisé est le lot de notre condition humaine, admit-elle. Cependant, notre division n’est pas entre l’esprit et le corps, mais entre le corps, qui héberge l’esprit ou le soi, et le double, qui est le réceptacle de notre énergie fondamentale. »

Elle expliqua qu’avant la naissance la dualité imposée à l’homme n’existe pas, mais qu’à partir de la naissance les deux parties sont séparées par la force de l’intention de l’espèce humaine. Une partie se tourne vers l’intérieur et devient le double. À la mort, la partie la plus lourde, le corps, retourne à la terre pour être absorbée par elle, et la partie légère, le double, devient libre. Malheureusement, comme le double n’a jamais été mené à la perfection, il n’expérimente la liberté que pendant un instant, avant d’être éparpillé dans l’univers.

« Si nous mourons sans effacer notre faux dualisme du corps et de l’esprit, nous mourons d’une mort ordinaire, dit-elle.

Comment pouvons-nous mourir autrement ? »

Clara me fixa avec un sourcil levé. Plutôt que de répondre à ma question, elle me révéla sur le ton de la confidence que nous mourons parce que la possibilité de nous transformer ne nous est pas concevable. Elle souligna que cette transformation doit être accomplie pendant la durée de notre vie, et que l’achèvement de cette tâche est le seul but que puisse avoir un être humain. Toutes les autres réalisations sont transitoires, puisque la mort les transforme en néant.

« Qu’implique cette transformation ? demandai-je.

Elle implique un changement total. Et cela est accompli par la récapitulation : la pierre angulaire de l’art de la liberté. L’art que je vais t’enseigner est nommé l’art de la liberté. Un art infiniment difficile à pratiquer, mais encore plus à expliquer. »

Clara affirma que chaque procédé qu’elle allait m’apprendre, chaque tâche qu’elle me dirait d’accomplir, aussi ordinaires qu’ils puissent paraître, était un pas en direction du but ultime de l’art de la liberté : le vol abstrait. (p.66 sqq)

Mais tu es précisément là pour ça : pour changer. Et changer signifie que tu seras capable de réussir le vol abstrait. À ce moment, tout sera clair pour toi. »

Comme je l’en pressais désespérément, elle expliqua que ce vol inimaginable était symbolisé par le mouvement du côté droit du front au gauche, mais que cela signifiait en réalité amener notre partie éthérique, notre double, dans notre conscience quotidienne. Elle poursuivit :

« Comme je te l’ai déjà expliqué, le dualisme corps-esprit est une fausse dichotomie. La vraie division a lieu entre le corps physique, qui loge l’esprit, et le corps éthérique, ou le double, qui loge notre énergie. Le vol abstrait se produit quand nous amenons notre double à influencer notre vie quotidienne. En d’autres termes, au moment où notre corps physique devient totalement conscient de sa contrepartie énergétique, nous avons franchi le pas dans l’abstrait, un monde de conscience totalement différent. (p.88)

La formation universitaire devint pour moi partie intégrante de ma préparation au passage des sorciers. Le chef de mon groupe de sorciers, que nous appelons le nagual, porte un vif intérêt à l’érudition intellectuelle universitaire. Toutes les personnes sous sa tutelle ont donc dû développer leur aptitude à la pensée claire et abstraite qui ne s’acquiert que dans une université moderne.

En tant que femme, mon obligation de satisfaire à cette exigence était encore plus grande. Les femmes sont en général conditionnées dès leur tendre enfance à dépendre des hommes de notre société pour conceptualiser et pour entreprendre des changements. Les sorciers qui me formèrent avaient des idées très fermes à ce sujet. À leur avis, il était indispensable que les femmes développement leur intellect et augmentent leur capacité d’analyse et d’abstraction afin de mieux comprendre le monde qui les entoure.

Entraîner l’intellect est également un authentique subterfuge de sorcier. En maintenant délibérément l’esprit occupé à l’analyse et au raisonnement, les sorciers sont libres d’explorer sans obstacle d’autres zones de perception. En d’autres termes, pendant que le côté rationnel s’affaire aux recherches théoriques et conventionnelles, le côté énergétique ou non rationnel, que les sorciers nomment « le double », se consacre à l’accomplissement des tâches de sorcellerie. Ainsi, l’esprit analytique et suspicieux risque moins d’interférer ou même de remarquer ce qui se passe à un niveau non rationnel. (p.14)

« Je sais que tu a été entraînée à laisser les hommes prendre le meilleur de toi, parce que ce sont des hommes, me dit Clara après qu’elle se fut rassise. Tu as toujours été bonne avec les hommes, et ils ont pompé en toi tout ce que tu pouvais avoir. Ne sais-tu pas que les hommes se nourrissent d’énergie féminine ? »

J’étais trop embarrassée pour discuter avec elle. Je sentais tous les regards de la salle posés sur moi.

Tu les laisses te manouvrer parce que tu te sens désolée pour eux, continua Clara. Dans le secret de ton cour, tu aspires désespérément à prendre soin d’un homme, de n’importe quel homme. Si cet idiot avait été une femme, toi-même tu ne l’aurais jamais laissé s’asseoir à notre table. » (p.31)

Avec la voix autoritaire d’un professeur enseignant à un novice, elle expliqua que les femmes, plus que les hommes, sont les vrais soutiens de l’ordre social et que, pour remplir ce rôle, elles ont été formées, partout dans le monde, à être au service des hommes.

« Peu importe si elles ont été achetées au marché aux esclaves, ou si elles sont courtisées et aimées, insista-t-elle. Leur finalité et leur destinée fondamentale sont les mêmes : nourrir, abriter et servir les hommes. »

Clara me regardait, comme pour vérifier que je suivais ce qu’elle disait. Je pensais la suivre, mais ma réaction viscérale était que ses prémisses elles-mêmes étaient fausses.

« Cela peut être vrai dans certains cas, dis-je, mais je ne crois pas que tu puisses faire de déclaration générale concernant toutes les femmes. »

Clara me démentit avec véhémence.

« L’aspect diabolique de la position servile des femmes est qu’elle n’apparaît pas simplement comme une prescription sociale, mais comme un impératif biologique fondamental.

Un instant, Clara, protestai-je. Comment en es-tu arrivée là ? »

Elle expliqua que chaque espèce se conforme à l’impératif biologique de se perpétuer et que la nature a fourni des outils pour s’assurer que le mélange des énergies féminines et masculines se produise de la manière la plus efficace. Dans le monde humain, bien que la fonction première du rapport sexuel soit la procréation, il a une fonction seconde et cachée, qui est d’assurer un flux continu d’énergie des femmes vers les hommes.

Clara mit un tel accent sur le mot « hommes » que je dus demander :

« Pourquoi dis-tu cela comme s’il s’agissait d’un flux à sens unique ? L’acte sexuel n’est-il pas un échange d’énergie entre mâle et femelle ?

Non, dit-elle avec force. Les hommes laissent des lignes d’énergie spécifique dans le corps des femmes. Ce sont comme des vers lumineux qui bougent dans la matrice, suçant l’énergie.

Cela semble absolument sinistre », dis-je ironiquement.

Elle poursuivit son exposé avec un sérieux absolu.

« Ils sont déposés là pour une raison encore plus sinistre, dit-elle en ignorant mon rire nerveux, qui est d’assurer à l’homme qui les a déposés un apport régulier d’énergie. Ces lignes d’énergie, établies par le rapport sexuel, collectent et dérobent l’énergie du corps féminin au bénéfice du mâle qui les a laissés là. »

Clara était si grave dans ce qu’elle disait que je ne pouvais pas plaisanter à ce sujet, mais étais obligée de la prendre au sérieux. En l’écoutant, je sentais mon sourire nerveux se transformer en rictus.

« Ce n’est pas que j’accepte un seul instant ce que tu dis, Clara, mais, juste pour savoir, dis-moi comment tu es parvenue à une vision aussi radicale ? Quelqu’un t’a-t-il parlé de tout cela ?

Oui, mon instructeur m’en a parlé. Au début, je ne l’ai pas cru non plus, admit-elle, mais il m’a aussi enseigné l’art de la liberté, et cela signifie que j’ai appris à voir le flux d’énergie. Maintenant, je sais qu’il avait raison, parce que je suis capable de voir les filaments lumineux dans les corps des femmes par moi-même. Toi, par exemple, tu en as un paquet, et ils sont tous actifs.

Admettons que ce soit vrai, Clara, dis-je, mal à l’aise. Juste pour discuter, puis-je demander pourquoi il devrait en être ainsi ? Cette circulation d’énergie à sens unique n’est-elle pas injuste pour les femmes ?

Le monde entier est injuste pour les femmes ! s’exclama-t-elle. Mais là n’est pas la question.

Où est la question, Clara ? Je sais que je n’ai pas saisi.

L’impératif de la nature est de perpétuer notre espèce, expliqua-t-elle. Pour assurer la continuité de ce processus, les femmes doivent porter un fardeau excessif au niveau de leur énergie fondamentale. Et cela signifie un flux d’énergie éprouvant pour elles.

Mais tu ne m’as toujours pas expliqué pourquoi cela devrait être ainsi, dis-je, déjà ébranlée par le force de sa conviction.

Les femmes sont le fondement de la perpétuation de l’espèce humaine, répondit Clara. Le gros de l’énergie vient d’elles, non seulement pour effectuer leur gestation, donner naissance et nourrir leur progéniture, mais aussi pour assurer que l’homme joue son rôle dans tout ce processus. »

Clara expliqua que, théoriquement, ce processus garantit qu’une femme nourrit énergétiquement son homme à travers les filaments mystérieusement dépendant d’elle à un niveau éthérique. Ce fait s’exprime dans le comportement visible de l’homme retournant sans cesse à la même femme pour maintenir sa source de subsistance. La nature s’assure ainsi que les hommes, outre leur désir immédiat de plaisir sexuel, établissent des liens plus permanents avec les femmes.

« Ces fibres d’énergie laissées dans la matrice des femmes fusionnent aussi avec la constitution énergétique de l’enfant, dans le cas où la conception a lieu, poursuivit Clara. Cela peut constituer les rudiments des liens familiaux, car l’énergie du père fusionne avec celle du fotus et permet à l’homme de sentir que l’enfant est sien. Il y a certains faits de la vie que la mère d’une fille ne lui dit jamais. Les femmes sont élevées pour être facilement séduites par les hommes, sans la moindre idée de la perte d’énergie produite en elles en conséquence des relations sexuelles. C’est le point important que je veux souligner et c’est ce qui est injuste pour elles. »

« C’est déjà pénible qu’un seul homme laisse des lignes d’énergie dans le corps d’une femme, continua Clara, bien que cela soit nécessaire pour avoir des enfants et assurer leur survie. Mais avoir en elle les lignes d’énergie de dix ou vingt hommes se nourrissant de sa luminosité est plus que quiconque peut supporter. Pas étonnant si les femmes ne peuvent jamais relever la tête.

Une femme peut-elle se débarrasser de ces lignes ? demandai-je, de plus en plus convaincue que ses paroles contenaient quelque vérité.

Une femme pour ces vers lumineux pendant sept ans, dit Clara. Après, ils s’évanouissent, disparaissent. Mais la poisse, c’est que, lorsque les sept années sont près de finir, toute l’armée de vers, depuis le tout premier homme qu’une femme a connu jusqu’au dernier, tous s’agitent à la fois, poussant la femme a avoir de nouvelles relations sexuelles. Ensuite, tous les vers reprennent vie de plus belle, plus forts que jamais, pour se nourrir de l’énergie lumineuse de la femme pendant sept autres années. C’est vraiment un cycle sans fin.

Et si la femme s’abstient de relations sexuelles ? Les vers meurent-ils simplement tout seuls ?

Oui, si elle peut résister et s’en passer pendant sept ans. Mais, par les temps qui courent, c’est presque impossible pour une femme de rester chaste, à moins de devenir nonne ou d’avoir de l’argent pour vivre. Et même alors, une mentalité totalement différente lui serait nécessaire.

Pourquoi cela, Clara ?

Parce que c’est non seulement un impératif biologique qui pousse les femmes à avoir des relations sexuelles, mais aussi une obligation sociale. »

Clara me donna alors un exemple des plus perturbants et atterrants. Puisque nous sommes incapable de voir le flux d’énergie, dit-elle, il se peut que nous perpétuions inutilement des modes stéréotypés de comportement ou des interprétations émotionnelles associés à ce courant invisible d’énergie. Par exemple, c’est un tort que la société requière des femmes qu’elles se marient ou au moins s’offrent aux hommes, de même que c’est un tort que les femmes se sentent inaccomplies à moins d’avoir en elles le sperme d’un homme. Il est vrai que les lignes d’énergie d’un homme leur donnent un but, leur font accomplir leur destinée biologique : nourrir les hommes et leur descendance. Mais les êtres humains sont assez intelligents pour exiger d’eux-mêmes plus que le simple accomplissement de l’impératif biologique. Evoluer, par exemple, est un impératif égal si ce n’est plus grand que se reproduire ; et, dans ce cas, évoluer implique que les femmes s’éveillent à leur véritable rôle dans le plan énergétique de la reproduction.

Puis elle orienta son argumentation vers le niveau personnel et dit que j’avais été élevée, comme toute autre femme, par une mère estimant que sa fonction première était de m’éduquer pour trouver un mari convenable afin que je ne porte pas les stigmates de la vieille fille. J’avais réellement été élevée, comme un anima, pour avoir des relations sexuelles, quel que soit le nom que ma mère préfère leur donner.

« Comme toute autre femme, on t’a trompée et forcée à la soumission, dit Clara. Et ce qu’il y a de triste, c’est que tu es prise au piège dans cette structure stéréotypée, même si tu n’as pas l’intention de procréer. » (p.77-82)

« Tu pourrais me dire que ma broderie est pure beauté ou que je perds mon temps, dit-elle en faisant un autre point, mais ma sérénité intérieure n’en serait pas affectée. Cette attitude s’appelle « connaître sa propre valeur ». » Elle posa une question pour la forme, y répondant elle-même : « Et à ton avis, quelle est ma valeur ? Exactement zéro. »

Je rétorquai qu’à mon avis, elle était formidable, une personne extrêmement inspirante. Comment pouvait-elle dire qu’elle n’avait pas de valeur ?

« C’est très simple, expliqua Clara. Tant que les forces positives et négatives sont équilibrées, elle s’annulent mutuellement et cela signifie que ma valeur est zéro. Cela signifie aussi qu’il m’est impossible d’être perturbée si on me critique, ou réjouie si on me complimente. » Clara leva une aiguille, et, malgré la faible lumière, l’enfila rapidement. « Les sages chinois de jadis disaient que, pour connaître sa valeur, il faut se glisser à travers l’oil du dragon. » dit-elle en tirant les deux extrémité du fil pour les réunir.

Ces sages, poursuivit-elle, étaient convaincus que l’inconnu infini était gardé par un énorme dragon dont les écailles étincelaient d’une lumière aveuglante. Ils croyaient que les chercheurs courageux osant s’approcher du dragon étaient saisi d’une frayeur grandiose devant son éclat éblouissant, la puissance de sa queue dont le moindre frémissement écrasait tout sur son passage, et son haleine brûlante réduisait en cendres tout ce qui était à sa portée. Mais ils croyaient aussi qu’il existait un moyen de se glisser près de ce dragon inapprochable. Ils étaient sûrs qu’en fusionnant avec l’intention du dragon on pouvait devenir invisible et traverser l’oil du dragon.

« Qu’est-ce que cela veut dire, Clara ? demandai-je.

Cela veut dire que, par la récapitulation, nous devenons vides de pensée et de désir, ce qui signifiait pour ces voyants anciens devenir un avec l’intention du dragon, et donc invisible. » (p.92)

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Rédigé par Agnès

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Publié le 24 Mai 2016

Les choses qui sont dans le livre, dans ce travail, sont des indications. Ils disent à tous que si vous faites ces choses, si vous pratiquez la récapitulation, si vous pratiquez le non-faire, si vous mettez en pratique l'abandon de votre histoire personnelle, si vous pratiquez la contemplation, votre point d'assemblage se déplacera et votre corps saura. Vous saurez, avec tout votre être, ce dont parlent les sorciers

Don Juan nous a donné l'accès, l'ouverture. Il appelait cela le centimètre cube de chance qui surgit. Et vous, ou bien... Et bien, soit vous êtes tellement captivé par vous-même que vous ne le voyez même pas, soit vous ne le saisissez pas à cause des raisons qui sont les vôtres : vous êtes trop rationnel ou trop savant, au sens où vous savez déjà tout et où vous avez un esprit fermé, disons. Ou bien vous le saisissez. Les personnes avec qui nous sommes, avec don Juan, nous saisissons ce quart de centimètre cube de chance. Et nous continuons à valider tout ce qui nous a été dit sur ce qu'est la sorcellerie et la potentialité d'être plus que ce qui vous a été alloué en tant qu'être né dans le monde, sur une certaine position.

JM : Si vous voulez juste conclure sur ce point, il y a des personnes dans la société qui critiquent Castaneda pour son travail et le discréditent en disant que cela fait la promotion de l'usage et de l'abus des drogues. Font-ils juste la démonstration de leur ignorance en ce qui concerne le contexte du chemin de la connaissance de Castaneda ?

TA : Ce qu'ils ont fait c'est qu'ils ont lu un peu vite les livres ou ils n'ont peut-être même pas lu du tout certains des livres. Peut-être n'ont-ils même pas lu les livres du tout, peut-être juste les deux premiers livres et ils se sont arrêtés là, parce que les deux premiers livres, comme je l'ai dit, traitent seulement de la tradition des plantes psychotropiques. Mais avant de dire quoi que ce soit, ils devraient absolument lire tous les livres et voir quel en est le contexte.

Ils parlent aussi depuis le point de vue de la vie de tous les jours, de cette position depuis laquelle, bien sûr, les drogues sont mauvaises. Je ne pense pas qu'il y ait réellement ici un désaccord en ce qui concerne l'usage des drogues.

En ce qui nous concerne, je veux dire Carlos Castaneda et quiconque pratiquant la sorcellerie, nous menons des vies absolument pures. Et nous sommes très attentifs à ce que nous mangeons car tout ce qui affecte le corps d'énergie diminue les chances de sobriété, de contrôle. Si cela affecte le corps d'énergie de façon destructrice, alors on manquera de contrôle dans ce que les sorciers appellent la traque, la capacité de traquer.

Traquer c'est vraiment la capacité d'adopter une nouvelle position du point d'assemblage. Ou encore, ça n'a pas besoin d'être une position différente, ça peut être celle sur laquelle on se trouve, et alors c'est explorer ses ramifications. Mais pour ça vous avez besoin d'énergie. Vous avez besoin d'énergie pour observer ce qu'est la réalité. Sans ça on avance à l'aveuglette et on laisse les choses nous arriver. On est à la merci de la modalité de l'époque, qui est ce que don Juan appelait le point particulier où nos point d'assemblage se situent tous

Nous tous avons réellement deux positions du point d'assemblage : la première, c'est celle qui nous est donnée, celle de nos parents, celle sur laquelle nous sommes nés, celle qui rend elle-même manifeste cette réalité particulière, lui garde sa continuité, et est la force qui nous fait accepter cette réalité comme étant la seule et l'unique.

Mais nous avons tous un corps d'énergie, comme sur une position fantôme. Les sorciers l'appellent le double. C'est une autre position qu'en quelque sorte nous activons dans les rêves, intuitivement. Nous avons tous le sentiment qu'il existe quelque chose d'autre, là, mais nous n'avons pas l'énergie de le saisir. Ou bien nous sentons que nous pourrions être différent, ou plus cohérent, plus clair, plus vivant. Et nous ne pouvons pas. Nous ne le pouvons pas à cause du poids de la société, de notre travail, des soucis de la vie de tous les jours, de nos inquiétudes à propos de nous-mêmes, de "qu'est ce qu'il va m'arriver". "Moi", "moi-même" et "Je" sont nos préoccupations premières. Nous n'avons pas d'énergie pour autre chose.

Mais don Juan dit oui. Et les sorciers, pas seulement don Juan. Il y a une autre position que nous pouvons tous adopter, et nous devrions l'activer. Nous devrions l'utiliser comme contrepoids et c'est ce qui va nous donner l'énergie de ne pas nous faire emporter par la vie de tous les jours. Cela nous donnerait, cela nous permettrait d'avoir une petite perche, une petite plate-forme, en dehors du bourbier disons, sur laquelle nous serions, et qui nous permettrait de voir depuis une perspective différente.

Quelle est cette autre perspective ? C'est une autre position du point d'assemblage, en dehors. Et comment est-ce qu'on y accède ? Comment la consolide-t-on ? Car c'est ce que les sorciers veulent faire. Ils veulent être capable de percevoir plus. C'est une question de perception. Ils veulent percevoir plus que ce qui est permis ou autorisé du point de vue de notre réalité quotidienne.

Notre réalité dit "non, les arbres sont des arbres, la maison est là, vous savez qu'il y a un océan". Nous avons un système établi d'enveloppes, d'interprétations, et elles sont comme rigidifiées. Elles ne sont pas flexibles. L'apprentissage des sorciers permet à l'esprit, au corps, d'acquérir la flexibilité de... Les drogues ou les plantes psychotropiques déplacent aussi le point d'assemblage. Puis celui-ci revient directement où il était et vous vous retrouvez encore plus coincé qu'avant, parce que vous êtes énergétiquement affaibli. Vous avez blessé votre corps. Vous avez perdu le sens du contrôle, de la maîtrise. Et vous continuez à renforcez ça, et vous ne serez vraiment plus capable d'activer ce corps d'énergie. Vous le détruisez, en fait.

Donc l'autre méthode d'apprentissage, la récapitulation, est une des méthodes clés. Et nous la faisons tous, nous tous qui suivons cet entraînement de sorcellerie. Nous pratiquons. Nous faisons de la récapitulation. Carlos Castaneda récapitule constamment, constamment. Nous le faisons tous.

Ce que c'est, c'est que vous... Pratiquement, il y a deux couches. Du coté pragmatique, ce que c'est, c'est que vous faites une liste de tous les gens que vous avez connu dans votre vie. Vous vous asseyez et visualisez depuis le présent, en remontant dans le temps, toutes les expériences qui constituent votre vie, le souvenir de ce que vous avez été, de ce qui a constitué la personne que vous êtes maintenant.

Et cela, bien sûr, inclut les interactions avec votre famille, avec vos amis. Tout ceci est intrinsèquement lié à ce qui vous constitue parce que vous êtes sous le coup de cette intersubjectivité. Vous ne vivez pas sous vide, et les sorciers non plus. Votre point d'assemblage et votre énergie sont constamment bombardés par ce que les autres vous disent. Et vous y répondez. Donc il y a cette interaction.

Ce que fait la récapitulation, c'est vous permettre de regarder ça et d'extraire votre énergie du souvenir de votre moi, de vos actions passées. Donc vous fermez les yeux et vous visualisez vos agissements, de manière très systématique. Vous avez votre liste et vous travaillez en remontant le temps et vous utilisez la respiration, car la respiration est une méthode très subtile d'inhalation. Vous ramenez l'énergie, vous visualisez. Vous commencez sur votre...

Je vais décrire ça très précisément maintenant, bien que cela soit décrit dans "Le Passage des Sorciers". Commencez à partir de votre épaule droite. Vous avez votre scène visualisée, et vous inspirez en déplaçant la tête vers votre épaule gauche. Et ensuite vous expirez tout ce qui vous est étranger, tout ce qu'ils ont déversé sur vous verbalement, physiquement, et que vous ne voulez plus, parce que tout est du passé de toute façon. Vous l’expulsez. Vous l'expirez. Vous le renvoyez pendant que vous déplacez votre tête vers votre épaule droite. Et ensuite vous ramenez votre tête au centre. Et vous continuez à balayer les scènes dans votre mémoire, et vous nettoyez.

Ce que vous faites, c'est de ramener l'énergie qui est piégée là pour pouvoir l'utiliser dans le présent. Et où ça vous mène ? Bien sûr vous devez être très attentif à ne pas l'utiliser pour renforcer le moi, mais à l'utiliser pour construire votre corps d'énergie, pour être capable d'acquérir ce supplément d'énergie afin que vous puissiez voir ce qu'est la vie, examiner ce que vous êtes en train de faire. Vous gagnez ainsi un certain contrôle sur votre existence.

La récapitulation, au sens abstrait, parce que les sorciers sont très abstraits en fait. C'est si abstrait qu'à ce stade nos corps ne sont réellement qu'une idée. Nous ne sommes plus sur la position du point d'assemblage de la matérialité du monde qui veut que nous ayons un corps physique, que le banc soit ici, que l'arbre soit là. Non. Nous nous sommes interrogés sur tout ça et nous avons vu, à travers la récapitulation, que ces choses sont seulement une question d'accord, de consensus. On nous a dit cela et nos corps ont répondu d'eux-mêmes à l'accord selon lequel nous n'avons pas le choix, car nous sommes né dedans.

Donc à un niveau abstrait, ce que fait la récapitulation c'est de construire autre chose, une petite plate-forme pour que vous puissiez vous y retirer progressivement, car pendant que vous vous remémorez le passé, votre passé énergétique, et que vous travaillez en remontant dans le passé, vous travaillez à deux endroit en même temps. Vous vous déplacez depuis ici, depuis votre corps énergétique, vers ça : les souvenirs de votre propre matérialité, ce qui constituait votre monde. Et vous pouvez observez vos modèles se répéter eux-mêmes. Vous pouvez entendre ce que vos parents vous ont dit, et vous voyez.

D'un seul coup vous voyez. Mais c'est qui, qui voit ? Ce n'est pas « vous-dans-le-monde », mais c'est cet autre être, le voyant. Don Juan l'appelait "le voyant en vous qui se réveille". Vous êtes en train d'activer cette position fantôme du point d'assemblage, que nous avons tous, mais vous la rendez plus forte. Vous l'utilisez pour la première fois. Au sein de votre culture il ne nous est pas permis de l'utiliser. Nous n'avons même pas connaissance qu'elle est là.

Tout nous accapare entièrement, à cause de la modalité de notre époque. Réellement tout est consommé dans nos besoins et nos désirs immédiats, et nous n'avons pas même le choix dans ce domaine. Cette autre position en vient à s'activer, se renforce, et vous êtes alors en mesure de vraiment vous interroger, et de briser les barrières de la perception qui ont été établies par les préoccupations de la vie quotidienne.

Cette position du point d'assemblage limite en grande partie ce que nous pouvons faire à partir de là. Nous ne pouvons pas passer à travers le mur, en d'autres termes parce qu'il est solide. Nous savons qu'il est là. Mais par le biais de la contemplation, et c'est ce que je faisais dans les arbres... Disons qu'une partie de l'entraînement consiste en des techniques de contemplation, parce que contempler est un moyen très simple, en fait tout le monde peut le faire, c'est un moyen fondamental de réaliser la validité de ce dont je suis en train de parler.

Voyez plutôt : tout ce que vous devez faire est de regarder un arbre, une plante. Vous commencez à contempler les feuilles et assez rapidement tout passe en deux dimensions. C'est Nous qui garnissons la face arrière, nous ne la voyons pas. L'intentionnalité dit qu'une feuille possède une face avant et une face arrière et qu'elle possède de petites veinures à l'intérieur. Les botanistes possèdent de très très nombreux niveaux de connaissance complexe sur les arbres et les plantes, que nous pouvons ne pas avoir, mais il y a des niveaux bien définis de connaissance de certaines choses sur lesquelles nous pouvons avoir un accord. Et lorsque vous commencez à contempler des arbres ou des feuilles ou du gravier ou quoi que ce soit, vous voyez seulement ce qui est donné à votre corps d'énergie : l'immédiateté. Là vous voyez réellement. C'est ça, ce que vous voyez. C'est pourquoi les sorciers appellent cela "voir", parce que c'est comme ça quand vous voyez vraiment. Vous placez votre corps d'énergie à la disposition de l'énergie qui émane de ce qui est là devant vous, et vous harmonisez de manière différente, de sorte que vous voyez l'énergie. Donc vous regardez un arbre ou vous le contemplez et tout d'un coup vous réalisez que non, ce n'est pas un fait accompli, ce n'est pas solide, ça bouge. Il n'a pas de face arrière, à la manière dont nous y pensons. Ou bien des racines. Nous ne voyons pas ça. Nous voyons des tournoiements de lumière. Tout d'un coup ces feuilles se mettent à briller doucement et vous voyez des tournoiements d'énergie et vous vous dites "oh, c'est ça un arbre !"

Je n'en avais aucune idée jusqu'à ce que je commence à expérimenter quelques unes de ces techniques, en m'amusant avec. Et si vous essayez, vous direz aussi "oh, il y a bien plus pour un arbre que le vernis". Vraiment un arbre est énergétiquement vivant, tout comme nous aussi nous sommes énergétiquement vivants. Et nous pouvons faire infiniment plus de choses qu'on ne nous l'a raconté, ou qu'on nous a dit être capable de faire avec notre corps physique.

Contempler nous permet d'engager notre être énergétique, une position différente du point d'assemblage, et cette position fantôme se renforce de plus en plus. Et alors nous voyons les arbres bouger. Tout d'un coup nous pouvons les déplacer en focalisant notre énergie sur eux, et ils ne sont plus enraciné en un point particulier. Les sorciers disent qu'un bosquet d'arbres tout entier peut soudainement se retrouver ailleurs.

Maintenant, ceci est à nouveau un conte d'énergie, mais en fait on a "vu", car lorsque le monde devient fluide, rien n'est plus enraciné, rien n'est plus définitif, rien n'est plus un fait accompli. C'est en mouvement permanent et c'est comme ça qu'est le monde. C'est comme ça qu'est la réalité. C'est nous qui la rendons limitée, solide, factuelle. Nous lui imposons ses limitations. Mais il n'y a pas de raison. Développer nos capacités en tant qu'être sensible, et utiliser d'autres aspects dont nous n'avons pas même conscience, c'est possible. Alors on utilise ou on voit le monde dans des termes différents.

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Rédigé par Agnès

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Publié le 23 Mai 2016

son site

Voici neuf de ces postulats:

  1. le déterminisme: l'idée que la création est mécanique et le libre arbitre illusoire,
  2. la flèche du temps: l'idée qu'aucune finalité ne saurait intervenir dans cette mécanique,
  3. le darwinisme: l'idée que la création est imprévisible et le pur produit du hasard des mutations,
  4. le matérialisme: l'idée que la conscience est le pur produit du cerveau,
  5. le big-bang : l'idée que toute la création est issue d'une explosion originelle,
  6. les maths: l'idée que les équations fondent la science au lieu d'être simplement des outils,
  7. l'espace: l'idée que tout ce qui est réel existe à l'intérieur d'un espace à 3 dimensions,
  8. la matière: l'idée que cette réalité est composée de matière faite de particules etc.,
  9. le temps: l'idée que le temps que l'on perçoit existe en tant que vecteur de l'évolution.

 

Tous ces postulats sont donc aujourd'hui réduits à de vulgaires croyances qui n'ont plus rien de scientifiques et deviennent plus nuisibles que les croyances religieuses. Tout cela à cause d'une évolution de la science qui en 50 ans les a totalement remises en question. On pourrait donc les appeler:

(1) à (9) = les 9 Dieux de la science ancienne,

...auxquels sont toujours soumis nos intellectuels... le problème étant que devant une telle démolition des fondements de la science, les physiciens se taisent en attendant qu'ils soient remplacés par des fondements plus solides, sauf quelques rares comme votre serviteur qui a compris qu'il y avait urgence à faire une synthèse et avertir le public. Car non seulement les journalistes, les intellectuels et les philosophes sont laissés dans leurs modes de raisonnements arriérés, mais aussi beaucoup de biologistes, de médecins, d'enseignants, etc. continuent de formater le public avec des idées dépassées, voire esclavagistes, faute de ce que les physiciens n'organisent pas de stages de formation continue, pour cause de culture beaucoup trop spécialisée.

Le résultat au niveau de la pensée est l'impossibilité pour tous ces intellectuels de raisonner correctement, c'est à dire dans le vrai contexte objectif de la raison qui implique de comprendre:

  • que la finalité de nos pensées est fondamentale,
  • que le libre arbitre est la première des choses à respecter,
  • qu'il n'y a aucune sécurité à le déléguer à autrui,
  • que la plus grande source d'insécurité est l'absence d'être ou d'authenticité,
  • que le conditionnement est la première des choses à condamner,
  • que toute manipulation témoigne d'une grande faiblesse,
  • que l'intelligence exclusivement mentale conduit à la psychopathie,
  • que seule l'intelligence du coeur-esprit-mental conduit à la vérité,
  • que l'intuition est la moitié de la raison, l'autre étant la logique,
  • que l'amour et la joie sont des énergies d'information fondamentales,
  • que la foi est la seule garantie contre les croyances,
  • que l'ego n'est qu'un outil, un chien à tenir en laisse,
  • que le détachement est l'inverse de la séparation,
  • que le détachement, le lacher prise ou la confiance protègent contre les maladies,
  • que les causes sont à rechercher autant dans le futur que dans le passé,
  • que nous créons collectivement notre propre réalité,
  • que la logique n'est pas binaire,
  • etc., etc., etc.

ce qui, inévitablement, réduit forcément à de la propagande ou de la désinformation tous les débats télévisés, articles de presse, etc. qui nous cassent les pieds quotidiennement à la télé ou à la radio.

Et je ne parle pas de nos gouvernements qui ne gouvernent rien du tout, étant gouvernés eux-mêmes par l'effrayante machinerie que notre pensée collective a mis en place, pour avoir trop longtemps pensé que nous sommes des machines.

C'est peut-être par compassion de ma part, mais en tout cas j'ai vraiment mal au coeur de voir que les cerveaux de la grande majorité de nos pauvres journalistes, intellectuels et philosophes qui devraient jouer le rôle de nous en sortir, sont complètement formatés dans un moule encore plus bidon que celui de n'importe quelle religion. Il faut reconnaître qu'ils n'ont pas eu la capacité d'apprendre par eux-mêmes ce qu'il fallait déduire des progrès de la science, à cause de la discrétion de mes collègues. Ils s'en tiennent donc au statut quo le plus stable, sans savoir qu'ils pensent exactement comme des religieux qui s'en tiennent au statut quo le plus stable de l'interprétation officielle de la bible. Après tout, il n'est pas plus c.. de penser que la création s'est faite en sept jours que de penser qu'elle est exclusivement mécanique, qu'elle ne supporte aucune finalité, etc., etc.

Que dis-je ? Il est même certain qu'il est beaucoup plus c.. de penser comme un intello des médias dominants que de croire en Dieu.

Pour finir sur une note rassurante, soyez certains que les physiciens sont aujourd'hui très sensibilisés par le bouleversement qui affecte leur discipline et qu'une lame de fond a pris naissance qui va conduire la majorité d'entre eux à s'ouvrir à la spiritualité. Ce n'est pas un simple sentiment, c'est ce dont me témoignent beaucoup de scientifiques qui tiennent à m'encourager.

http://www.doublecause.net/index.php?page=Dieux_de_la_science.htm

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Rédigé par Agnès

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Publié le 18 Mai 2016

Pour les gnostiques, ce n’est ni l’homme, ni la terre “mère”, ni la “matière” des composants qu’il faut remettre en cause. C’est une “implantation étrangère” qui a infecté notre esprit et qui manipule la réalité de façon à ce qu’elle devienne un enfer.

Les religions “traditionnelles” et monothéistes veulent nous faire porter le fardeau de la culpabilité de cette infection pour mieux nous soumettre, affirment encore à leur manière les gnostiques. C’est un renversement des rôles. Une stratégie habile pour nous asservir.

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Rédigé par Agnès

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Publié le 16 Mai 2016

les fibres lumineuses et le centre de la volonté

les hommes sont comme des fibres de lumière.

– Des fibres de lumière ?

– Oui, des fibres, comme de blanches toiles d’araignée. Des fils très fins qui vont de la tête au nombril. L’homme ressemble alors à un œuf de fibres vivantes. Ses bras et ses jambes deviennent de lumineux poils de soie scintillant dans toutes les directions.

– Est-ce que tout le monde a cette apparence ?

– Tout le monde. De plus chaque homme est en contact avec tout le reste, non pas avec ses mains, mais grâce à un faisceau de longues fibres jaillies du centre de son ventre. Ces fibres mettent l’homme en relation avec la totalité de son environnement, elles préservent son équilibre, elles lui confèrent la stabilité. Ainsi, comme tu le verras peut-être un jour, un homme, qu’il soit mendiant ou roi, est un œuf lumineux; et il n’y a pas de manière de changer quoi que ce soit. Ou plutôt, que pourrait-on changer dans cet œuf lumineux ? Quoi donc? »

La "fontanelle" de la volonté, un centre de gravité au niveau du nombril

Notre volonté opère en dépit de notre complaisance. C’est ainsi que par exemple ta volonté ouvre peu à peu ta trouée

.– De quelle trouée parlez-vous ?

– En nous, il y a une trouée et, un peu comme la fontanelle sur la tête des enfants qui se referme avec l’âge
, cette trouée s’ouvre au fur et à mesure que l’on développe sa volonté

.– Où est cette trouée ?

– A l’endroit où sont tes fibres lumineuses, dit-il en pointant le doigt sur son ventre

.– A quoi ressemble-t-elle ? A quoi sert-elle ?

– C’est une ouverture qui crée un espace permettant à ta volonté de s’élancer au-dehors
, comme une flèche

.– La volonté est-elle un objet ? Ou comme un objet ?

– Non. J’ai seulement dit cela pour que tu comprennes. Ce qu’un sorcier appelle volonté est une force en nous. Ce n’est pas une pensée, ni un objet,ni un souhait. Cesser de poser des questions ce n’est pas de la volonté, car cela exige de penser et de souhaiter. La volonté, c’est ce qui te permet de vaincre alors même que tes pensées te déclarent vaincu. La volonté c’est ce qui te rend invulnérable.
La volonté, c’est ce qui envoie un sorcier à travers un mur, à travers l’espace, dans la lune s’il le désire
» (…)Il décrivit la volonté comme une force qui était le véritable trait d’union entre l’homme et le monde. Il prit grand soin de préciser que le monde était l’ensemble de ce que nous pouvions percevoir quel que soit le mode de perception envisagé. Don Juan expliqua qu’il fallait entendre par «percevoir le monde » le processus par lequel nous appréhendons toute chose qui se présente à nous. Cette « perception » particulière s’accomplissait par nos sens et par notre volonté. Je lui demandai si la volonté était un sixième sens. Il déclara que c’était plutôt un certain rapport entre nous et le monde perçu. (…)« Ce que tu appelles volonté, c’est le caractère et une forte disposition. Ce qu’un sorcier appelle volonté, c’est une force qui vient de l’intérieur de nous-mêmes
et qui va se greffer sur le monde en dehors de nous. Elle sort par le ventre, là où sont tes fibres lumineuses. »

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Rédigé par Agnès

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Publié le 16 Mai 2016

le bavardage intérieur

– Tu penses et tu parles beaucoup trop. Tu dois
cesser de te parler.

– Que voulez-vous dire ?

– Tu parles beaucoup trop à toi-même. Tu n'es pas le
seul à faire ainsi. Chacun d'entre nous le fait. Nous
n’arrêtons jamais ce bavardage intérieur. Penses-y. Cha-
que fois que tu es seul, que fais-tu ?

– Je me parle à moi-même.

– De quoi te parles-tu ?

– Je n’en sais rien. De n’importe quoi sans doute.

– Je vais te dire ce que nous nous disons. Nous
parlons de notre monde. En fait avec notre bavardage
intérieur nous maintenons le monde.

– Comment cela ?

– Chaque fois que nous finissons de nous parler, le
monde est toujours tel qu'il devrait être. Nous le renou-
velons, nous lui insufflons de la vie, nous le supportons
de notre bavardage intérieur Et ce n'est pas tout, nous
choisissons aussi nos chemins comme nous parlons à
nous-mêmes. Par conséquent, nous répétons toujours et
toujours les mêmes choix jusqu’au jour où nous mou-
rons, cela parce que nous continuons toujours et tou-
jours à répéter le même bavardage intérieur jusqu’au
jour où nous mourons.
« Un guerrier est conscient de cela, et il s’efforce de
mettre fin à son bavardage intérieur. Ce qui constitue la
dernière caractéristique d’un guerrier à connaître si tu
veux vivre comme un guerrier.

– Comment puis-je cesser de me parler ?

– En premier lieu tu dois faire usage de tes oreilles
pour les charger d’une part du fardeau de tes yeux.
Depuis le jour de notre naissance nous utilisons nos
yeux pour juger le monde. Nous parlons, aux autres et à
nous-mêmes, en termes de ce que nous avons vu. Un
guerrier est conscient de cela, et il écoute le monde. Il
écoute les sons du monde. »

– Ton problème est que tu confonds le monde avec ce
que les gens font.

A nouveau, tu n'es pas le seul à faire cette confusion. Nous la faisons tous.

Les choses que les gens font constituent les boucliers contre les forces environnantes.

Ce que nous faisons en tant qu'homme
nous procure le confort et nous donne un sentiment de
sécurité.

Ce que les gens font est sans doute important,
mais seulement pour servir de bouclier.

Et jamais nous n'apprenons que les choses que nous faisons en tant qu’hommes sont seulement des boucliers, ce qui fait
que nous laissons ces choses dominer et écraser notre
vie.

En fait je pourrais dire que pour l'humanité ce que
font les gens est plus conséquent et plus important que
le monde lui-même.

– Qu'appelez-vous le monde ?

– Le monde est tout ce qui est enfermé ici, dit-il, et il
frappa du pied par terre. La vie, la mort, les gens, les
alliés, et tout ce qui nous entoure.

Le monde est incompréhensible. Nous ne le comprendrons jamais.

Nous ne dévoilerons jamais ses secrets. Nous devons le
traiter tel qu'il est, un mystère absolu!

« Encore qu'un homme moyen ne fasse pas du tout
cela. Pour lui le monde n’est jamais un mystère, et
lorsqu'il atteint sa vieillesse il est persuadé qu’il n’y a
plus rien qui vaille la peine de vivre encore.

Un vieil homme n'a pas épuisé le monde. Il a seulement épuisé
les choses que les gens font, mais au sein de sa stupide
confusion il croit que le monde n’a plus de mystères.

C’est un sacré prix à payer pour avoir nos bouclier's.

« Un guerrier est conscient de cette confusion, et il
apprend à traiter les choses de manière appropriée. En
aucun cas les choses que les gens font ne peuvent être
plus importantes que le monde. Par conséquent, un
guerrier traite le monde comme un mystère infini, et ce
que les gens font comme une folie sans bornes.

extrait pris dans "Voir" - page 281

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Rédigé par Agnès

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