Publié le 18 Juillet 2016

pouvoir personnel

– Qu'importe ce qu'on révèle ou ce qu’on garde
pour soi ! dit-il. Tout ce que nous faisons, tout ce que
nous sommes, repose sur notre pouvoir personnel. Si
nous en avons suffisamment, il suffira peut-être d'un
simple mot pour que le cours de notre vie change.
Mais si nous n'avons pas assez de pouvoir personnel,
on aura beau nous révéler la sagesse la plus magnifi-
que, cette révélation ne fera pas une sacrée différence

– Je vais énoncer le trait de connaissance peut-être
le plus grand qu’un être humain puisse exprimer, dit-
il. Montre-moi ce que tu peux en faire.
« Sais-tu qu'à cet instant précis tu es entouré
d'éternité ? Et sais-tu que tu peux te servir de cette
éternité si tu le désires ? »
Après une longue pause, pendant laquelle il m’en-
courageait, d’un mouvement subtil des yeux, à faire
une déclaration, je dis que je ne comprenais pas de
quoi il parlait.
– Là-bas, voilà l'éternité ! dit-il en signalant l'hori-
zon. – Puis il montra le zénith : – Ou bien là-bas, ou
peut-être encore que nous pouvons dire que l’éternité
est comme ça.
Il allongea les deux bras pour signaler l’est et
l’ouest.

– Sais-tu que tu peux te prolonger pour toujours
dans une de ces directions que je t’ai indiquées ?
continua-t-il. Sais-tu qu'un seul instant peut être
éternité ? Il ne s’agit pas d’une devinette mais d’un
fait, à condition que tu saisisses cet instant et que tu t'en serves pour maîtriser définitivement la totalité de toi-même dans n'importe quelle direction.

– Tu n'avais pas cette connaissance auparavant,
dit-il en souriant. Maintenant tu l'as. Je te l'ai révélée,
mais cela ne fait rien parce que tu n’as pas assez de
pouvoir personnel pour utiliser ma révélation. Pour-
tant, si ton pouvoir personnel était suffisant, mes
seules paroles te serviraient à rassembler la totalité de
toi-même et à parvenir à la partie décisive de celle-ci,
en dehors des limites dans lesquelles cette totalité est contenue.

Il vint auprès de moi et me tapota la poitrine avec
ses doigts. C’était un coup très léger.
Voilà les limites dont je te parle, dit-il. Nous
pouvons en sortir. Nous sommes un sentiment, une
conscience, enfermés là-dedans.

– Nous sommes des êtres lumineux, dit-il, en
secouant la tête rythmiquement, et pour un être
lumineux, la seule chose qui compte c’est le pouvoir
personnel. Mais si tu me demandes ce que c’est que le
pouvoir personnel, je dois te dire que mon explication
ne t’en fournira aucune

page 21 - histoires de pouvoir

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Rédigé par Agnès

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Publié le 18 Juillet 2016

confiance en soi vs humilité

Je lui dis que parfois je pensais savoir, mais que la
plupart du temps je n’avais pas confiance en moi.

– Je crains que tu ne confondes les questions, dit-
il.

La confiance en soi d’un guerrier n’est pas celle de
l’homme moyen.

L'homme moyen cherche la certi-
tude dans les yeux d’un spectateur et nomme cela
confiance en soi.

Le guerrier cherche à être impecca-
ble à ses propres yeux et appelle cela humilité.

L'homme moyen est suspendu à son semblable, tandis
que le guerrier n'est suspendu qu'à lui-même.

Peut-être poursuis-tu des chimères. Tu cherches la
confiance en soi de l’homme moyen, alors que tu
devrais rechercher celle du guerrier. La différence
entre les deux est remarquable. La confiance en soi
fait qu’on est sûr des choses ; l’humilité fait qu'on ne
peut se tromper dans ses propres actions et senti-
ments.
page 19 - histoires de pouvoir

« Il faut à chacun de nous du temps pour compren-
dre cela et le vivre pleinement.

Moi, par exemple, je détestais la simple mention du mot "humilité ". Je suis un Indien, et nous les Indiens avons toujours été
humbles et nous n'avons rien fait d’autre que de
baisser la tête.

Je croyais que l'humilité n’était pas
dans le comportement du guerrier.

J'avais tort ! Je sais maintenant que l’humilité du guerrier n’est pas
l’humilité du mendiant. Le guerrier ne baisse la tête
devant personne, mais en même temps il ne permet
pas que les autres baissent la tête devant lui.

Le mendiant, en revanche, tombe à genoux au moindre
geste et lèche le sol pour celui qu’il estime supérieur à
lui mais en même temps il exige de celui qui est plus
bas que lui qu’il lui lèche le sol.

« C'est pourquoi je t’ai dit ce matin que je ne
comprenais pas ce que ressentaient les grands maî-
tres.

Je ne connais que l’humilité du guerrier, et cette
humilité m’empêchera toujours de dominer qui que ce
soit par mon savoir. »

Histoires de pouvoir - page 34

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Rédigé par Agnès

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