Publié le 23 Juin 2017

« Je vais répéter ce que tu dois faire dans tes
rêves afin de franchir la première porte de rêver.
En premier lieu, tu dois fixer ton regard sur une
chose, peu importe laquelle, que tu choisis pour en
faire un point de départ. Puis tu dois glisser ton
regard vers d’autres éléments et les observer par
de brefs coups d’oeil. Concentre ton regard sur le
plus d’éléments possible. Souviens toi que si tu
jettes de brefs coups d’œil, les images demeureront
stables. Puis reviens vers le point de départ.
– Que signifie franchir la première porte de
rêver ?
– Nous atteignons la première porte de rêver en
prenant conscience de nous endormir ou en ayant,
comme cela t’est arrivé, un phénoménal vrai rêve.
Une fois la porte atteinte, nous devons la franchir
en devenant capables de soutenir la vue de n’im 
porte quel élément de nos rêves.
– J’arrive presque à fixer mon regard sur les élé 
ments de mes rêves, mais ils s’évanouissent trop
rapidement.
– C’est précisément ce que je tente de t’expli 
quer. Pour déjouer le caractère évanescent des
rêves, les sorciers ont élaboré l’usage d’un élément
comme point de départ. Chaque fois que tu l’isoles
et le regardes, tu prends un à coup d’énergie ; alors
au début n’observe pas trop de choses dans tes
rêves. Quatre éléments suffisent. Plus tard, tu
pourras élargir ce champ jusqu’à couvrir tout ce
que tu désires, mais aussitôt que les images bou 
gent et que tu sens que tu perds le contrôle,
reviens sur ton élément point de départ et
recommence tout à zéro.
– Don Juan, pensez vous que j’aie vraiment
atteint la première porte de rêver ?
– Tu l’as fait, et c’est déjà beaucoup. En allant
de l’avant, tu vas découvrir combien il est devenu
facile de rêver. »
Je pensais que don Juan exagérait ou bien qu’il
voulait m’encourager. Mais il m’assura que j’avais
le niveau adéquat.
« La chose la plus stupéfiante qui surprend les
rêveurs, ajouta t il, est qu’en atteignant la pre 
mière porte, ils atteignent aussi le corps d’énergie.
– En quoi consiste exactement ce corps d’éner 
gie ?
– C’est la contrepartie du corps physique. Une
configuration fantomatique faite de pure énergie.
– Mais le corps physique n’est il pas fait d’éner 
gie ?

– Bien sûr. La différence est que le corps
d’énergie a seulement une apparence et pas de
masse. Puisqu’il est pure énergie, il peut accomplir
des actes bien au delà des possibilités du corps
physique.
– Quoi par exemple, don Juan ?
– Se transporter en un éclair aux confins de
l’univers. Rêver est l’art de maîtriser le corps
d’énergie, de le rendre flexible et cohérent en
l’exerçant graduellement.
« Par l’acte de rêver, nous condensons le corps
d’énergie jusqu’à ce qu’il devienne un ensemble
capable de percevoir. Sa perception, bien qu’affec 
tée par notre façon normale de percevoir le monde
de tous les jours, est une. perception indépendante.
Elle a son propre milieu.
– Quel est ce milieu, don Juan ?
– L’énergie. Le corps d’énergie traite avec
l’énergie en termes d’énergie. Il existe trois façons
par lesquelles il traite avec l’énergie au cours de
l’acte de rêver : il peut percevoir l’énergie qui
s’écoule, ou il peut se servir de l’énergie pour se
propulser telle une fusée dans des espaces inatten 
dus, ou il peut percevoir comme nous percevons
ordinairement le monde.

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Rédigé par Agnès

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Publié le 23 Juin 2017

« La première porte est un seuil que nous
devons franchir en prenant conscience d’une sen 
sation particulière avant le stade du sommeil pro 
fond, dit il. Une sensation qui est comme une
agréable lourdeur qui nous empêche d’ouvrir nos
yeux. Nous atteignons cette porte dès l’instant où
nous tombons dans le sommeil, suspendus dans
l’obscurité et la pesanteur.
– Comment puis je devenir conscient de m’en 
dormir ? Y a t il des étapes à suivre ?
– Non. Il n’y a pas d’étapes à suivre. On a juste
l’intention de devenir conscient de s’endormir.
– Mais comment peut on avoir l’intention de
devenir conscient de s’endormir ?
– L’intention, ou avoir l’intention, est quelque
chose qu’il est très difficile d’aborder par des mots.
Moi ou quiconque ferait figure d’idiot s’il tentait
de l’expliquer. Souviens t’en lorsque tu entendras
ce que je vais maintenant dire : les sorciers ont
l’intention de chaque chose qu’ils décident eux 
mêmes être le sujet de leur intention, simplement
en en ayant l’intention.
...
« Pour les sorciers, et ce parce que ma déclara 
tion est du domaine de l’intention et d’avoir
l’intention, comprendre est du ressort du royaume
de l’énergie. Les sorciers croient que si quelqu’un
dirigeait l’intention de cette déclaration au “ corps
d’énergie ”, le corps d’énergie la comprendrait en
termes entièrement différents de ceux de la pen 
sée. L’astuce est d’atteindre le corps d’énergie.
Pour cela, tu as besoin d’énergie.
– En quels termes le corps d’énergie compren 
drait il cette déclaration, don Juan ?
– En termes d’une sensation du corps, ce qui est
difficile à décrire. Il te faudra en faire l’expérience
pour savoir ce que je veux dire. »
.....
– Est ce que rêver a pour but d’avoir l’intention
du corps d’énergie ? demandai je, soudain dominé
par un raisonnement étrange.
– On pourrait certainement l’exprimer ainsi.
Dans ce cas particulier, puisque nous parlons de la
première porte de rêver, le but de rêver reste
d’avoir l’intention que ton corps d’énergie devienne
conscient que tu t’endors. N’essaie pas de t’efforcer
d’être conscient de t’endormir. Laisse ton corps
d’énergie le faire. Avoir l’intention est souhaiter
sans souhaiter, faire sans faire.
« Accepte le défi d’avoir l’intention, poursui 
vit il. Charge ta silencieuse détermination, vide de
toute pensée, de te convaincre que tu as atteint ton
corps d’énergie et que tu es un rêveur. Accomplir
cela te placera automatiquement en position d’être
conscient que tu t’endors.
– Comment puis je me convaincre que je suis un
rêveur alors que ce n’est pas le cas ?
– Quand tu entends que tu as à te convaincre,
automatiquement tu deviens plus rationnel. Com 
-ment peux tu te convaincre que tu es un rêveur
alors que ce n’est pas le cas ? Avoir l’intention
comprend deux choses : l’art de te convaincre que
tu es vraiment un rêveur, bien que tu n’aies jamais
rêvé auparavant, et l’acte d’être convaincu.
– Voulez vous dire que je dois me dire que je
suis un rêveur et faire de mon mieux pour le
croire ? Est ce cela ?
– Non, en aucun cas. Avoir l’intention est bien
plus simple et, en même temps, infiniment plus
complexe que ça. Cela exige de l’imagination, de la
discipline, et un but. Dans ton cas, avoir l’intention
signifie que tu acquiers une connaissance cor 
porelle indiscutable du fait que tu es un rêveur. Tu
sens que tu es un rêveur par toutes les cellules de
ton corps. »
Sur un ton de plaisanterie, don Juan ajouta qu’il
n’avait pas assez d’énergie pour m’accorder un
autre prêt qui me permettrait d’avoir l’intention, et
que ce qu’il me restait à faire était d’atteindre mon
corps d’énergie par moi même. Il m’affirma
qu’avoir l’intention de la première porte de rêver
fut un des moyens découvert par les sorciers de
l’antiquité pour atteindre la seconde attention et le
corps d’énergie.

l'Art de rêver - page 41 - Avoir l'intention

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Rédigé par Agnès

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Publié le 18 Juin 2017

« Alors, il y a un aspect mauvais dans l’homme, dis-
je, en jubilant. Vous le niez toujours. Vous dites tou-
jours que le mal n’existe pas, que seul le pouvoir
existe. »

Je fus moi-même surpris par l’accès dont j’avais été
saisi. En un instant, mes antécédents catholiques vin-
rent peser sur moi et le Prince des Ténèbres surgit,
menaçant et immense.

Don Juan rit jusqu’à en tousser.

« Bien sûr qu’il y a un aspect mauvais en nous.
Nous tuons gratuitement, n’est-ce pas ? Nous brûlons
des gens au nom de Dieu. Nous nous détruisons ;
nous faisons table rase de la vie sur cette planète ;
nous détruisons la terre. Et puis nous nous habillons
de robes et le Seigneur s’adresse directement à nous.
Et que nous dit le Seigneur ? Il dit que nous devons
être de bons enfants si nous ne voulons pas être
punis. Le Seigneur nous menace depuis des siècles,
et cela ne change rien. Non pas parce que nous
sommes mauvais, mais parce que nous sommes idiots.
L’homme a un aspect mauvais, oui, et cet aspect s’ap-
pelle la stupidité. »

Après un moment de silence, don Juan m’expliqua
que, de même que le rituel forçait les hommes ordi-
naires à construire d’immenses églises qui étaient des
monuments dédiés à la suffisance, le rituel forçait
aussi les sorciers à construire des édifices marqués
par la morbidité et par l’obsession. En conséquence,
il était du devoir de tous les naguals de guider la
conscience afin qu’elle s’envole vers l’abstrait, libre
de privilèges et d’hypothèques.
« Qu’entendez-vous, don Juan, par privilèges et
hypothèques ? demandai-je.
– Le rituel peut prendre l’attention au piège,
mieux que tout ce à quoi je peux penser, dit-il, mais
il exige aussi un prix très élevé. Ce prix est la morbi-
dité. Et la morbidité peut faire peser sur notre
conscience les privilèges et les hypothèques les plus
lourds. »

Don Juan me dit que la conscience humaine était
pareille à une immense maison hantée. La
conscience de la vie de tous les jours était comme
scellée pour la vie dans une pièce de cette immense
maison. Nous entrions dans cette pièce par une
ouverture magique : la naissance. Et nous en sortions
par une autre ouverture magique : la mort.
Mais les sorciers étaient capables de trouver une
autre ouverture encore et pouvaient quitter la
chambre scellée encore vivants. Une superbe réus-
site. Mais ce qu’ils accomplissaient de stupéfiant
consistait, quand ils s’échappaient de cette pièce scel-
lée, à choisir la liberté. Ils choisissaient de quitter
cette immense maison hantée pour de bon au lieu de
se perdre à l’intérieur.

La morbidité était l’antithèse de la vague d’énergie
dont la conscience a besoin pour atteindre la liberté.
La morbidité faisait perdre leur chemin aux sorciers
et les faisait tomber dans le piège des chemins
sombres et complexes de l’inconnu.

Page 347 - La force du Silence - (les rituels)

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Rédigé par Agnès

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Publié le 17 Juin 2017

« Ce n’est pas de ce reliquat que je parle, me dit-

il en riant. L’idée de l’abstrait, de l’esprit, est le seul

reliquat important. L’idée du moi personnel n’a pas

la moindre valeur. Tu donnes encore la priorité à toi-

même et à tes propres sentiments. Chaque fois que

j’en ai eu l’occasion, je t’ai fait prendre conscience

de la nécessité d’abstraire. Tu as toujours cru que je

voulais dire, par là, penser abstraitement. Non. Abs-

traire signifie se rendre disponible à l’esprit en étant

conscient de lui. »

Il me dit qu’une des choses les plus dramatiques

de la condition humaine était le lien macabre qui

unissait la stupidité et l’auto contemplation.

C’était la stupidité qui nous forçait à renoncer à

tout ce qui n’était pas conforme aux attentes de

notre auto contemplation. Par exemple, en tant

qu’hommes ordinaires, nous étions aveugles à la

connaissance la plus cruciale dont peut disposer un

être humain : l’existence du point d’assemblage et le

fait qu’il pouvait se déplacer.

« Pour un être rationnel, l’existence d’un point

invisible où la perception s’assemble est impensable,

poursuivit-il. Et le fait qu’un tel point ne se situe pas

dans le cerveau, comme il pourrait vaguement le

croire, s’il était enclin à considérer l’idée de son exis-

tence, est encore plus impensable. »

Il ajouta que le fait de s’accrocher résolument à sa

propre image garantissait l’ignorance insondable de

cet homme. Il ignorait par exemple que la sorcellerie

ne consistait pas en incantations et en tours de passe-

passe, mais incarnait la liberté de percevoir non seu-

lement le monde ordinaire mais tout ce à quoi il est,

par ailleurs, humainement possible d’accéder.

« C’est dans ce domaine que la stupidité de

l’homme moyen est la plus dangereuse, poursuivit-il.

Il craint la sorcellerie. Il tremble devant la possibilité

d’être libre. Pourtant, la liberté est à portée de sa

main. Il s’agit du troisième point. Et on peut l’at-

teindre aussi facilement qu’on peut déplacer le point

d’assemblage.

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Rédigé par Agnès

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Publié le 16 Juin 2017

Rédigé par Agnès

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Publié le 14 Juin 2017

218 - La force du silence - Les exigences de l’intention

« La difficulté que nous éprouvons face à cette pro-
gression simple, dit-il, vient de ce que la plupart
d’entre nous refusent d’accepter que nous ayons
besoin de si peu pour poursuivre notre chemin. Nous
sommes conditionnés à attendre une instruction, un
enseignement, des guides, des maîtres. Et quand on
nous dit que nous n’avons besoin de personne, nous
ne le croyons pas. Cela nous inquiète, puis nous rend
méfiants, et finalement furieux et déçus. Si nous
avons besoin d’aide, ce n’est pas de celle des
méthodes, mais de celle de l’intensité. Si quelqu’un
nous rend conscients du fait que nous devons réduire
notre suffisance, alors il s’agit d’une aide véritable.

218 - La force du silence - Les exigences de l’intention

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Rédigé par Agnès

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Publié le 8 Juin 2017

avez-vous essayé la vision périphérique ? 
ou la marche du pouvoir ?
Non ? alors il vous faut lire Castaneda

la vision périphérique ou la marche du pouvoir

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Rédigé par Agnès

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Publié le 8 Juin 2017

Rédigé par Agnès

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Publié le 8 Juin 2017

J’avais accédé à un état de conscience merveilleux. J’avais l’esprit tellement clair que je comprenais et assimilais tout ce que don Juan était en train de dire.

Il disait qu’il existe dans l’univers une force incommensurable, indescriptible, que les sorciers appellent l’intention, et qu’absolument tout ce qui existe dans le cosmos entier est relié à l’intention par un lien de communication.

Les sorciers, ou les guerriers,
comme il les appelait, s’occupaient de discuter, de comprendre et d'utiliser ce lien de communication. Ils s’occupaient surtout de le nettoyer des effets paralysants qu’entraînaient les préoccupations ordinaires de leur vie quotidienne.

À ce niveau, on pouvait définir la sorcellerie comme la procédure consistant à nettoyer son propre lien de communication avec l’intention.

Don Juan insista sur le fait que cette « procédure de nettoyage » était très difficile à comprendre, ou à apprendre, C'est pourquoi les sorciers divisaient leur enseignement en deux catégories.

L’une consistait en un enseignement destiné à l’état de conscience de la vie quotidienne, où le processus de nettoyage se présentait d’une manière déguisée;

L’autre consistait en un enseignement destiné aux états de conscience accrue, comme celui dont je faisais maintenant l’expérience, et dans lesquels les sorciers puisaient la connaissance directement de l’intention, sans l’intervention gênante du langage parlé.

Don Juan m’expliqua qu’en utilisant la conscience accrue pendant des milliers d’années de lutte douloureuse, les sorciers avaient acquis des connaissances spécifiques dans le domaine de l’intention, et q'ils avaient transmis ces pépites de connaissance directe de génération en génération 
jusqu’aujourd’hui. Il me dit que la sorcellerie avait pour tâche de rendre compréhensible, au niveau. de la conscience de tous les jours, cette connaissance apparemment obscure.

Puis il m’expliqua le rôle du guide dans la vie des sorciers. Il me dit qu’un guide est appelé le « nagual », et que le nagual est un homme ou une femme doués d’une énergie extraordinaire, un professeur bénéficiant de modération, d’endurance, de stabilité ; quelqu’un que les voyants voient comme une sphère lumineuse. à quatre compartiments, comme s’il s’agissait de la condensation de quatre boules lumineuses. En raison de leur énergie extraordinaire, les
naguals sont des intermédiaires.

Leur énergie leur permet de
canaliser la paix, l’harmonie, le rire et la connaissance
directement depuis leur source, l’intention, et de les trans-
mettre à leurs compagnons.

Les naguals ont la responsabi-
lité de procurer ce que les sorciers appelant la « chance minimale », la conscience d’être relié à l’intention.

Je lui dis que mon esprit saisissait tout ce qu’il me disait,
et que la seule partie de son explication qui me restait encore
obscure était la nécessité de recourir à deux séries d’enseigne-
ments.

Je comprenais tout ce qu’il disait sur son univers et,
pourtant, il avait décrit le processus de la compréhension
comme étant très difficile.

« Tu auras besoin d’une éternité pour te souvenir des
choses que tu as aperçues aujourd’hui, dit-il, parce qu’il
s’agissait, pour l’essentiel, de connaissance silencieuse.
Dans un moment, tu les auras oubliées. C’est là un des mys-
tères insondables de la conscience. »

Ensuite, don Juan me fit changer de niveaux de
conscience en me frappant, sur le côté gauche, au bord de
ma cage thoracique.

Je perdis instantanément mon extraordinaire clarté d’es-
prit et je ne me rappelai pas l’avoir jamais connue...

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Rédigé par Agnès

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Publié le 7 Juin 2017

pow wow 2017

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Rédigé par Agnès

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