Publié le 30 Septembre 2018

page 305/306 - le don de l'aigle - la femme nagual -

("le grand coup de mou" )

Don Juan nous dit qu’un jour, il s’était rendu compte que tous les autres membres de son groupe et lui-même devenaient vieux – ils n’avaient plus, semblait-il, aucun espoir de mener leur mission à bien. Pour la première fois, don Juan et ses guerriers avaient ressenti la brûlure du désespoir et de l’impuissance.

Silvio Manuel se montra formel : ils devaient se résigner à vivre impeccablement sans s’attendre à trouver leur liberté. Don Juan estimait que leur résolution d’être impeccables sans la moindre espérance avait peut-être été la clé de tout. A cet égard, il suivait, sans l’avoir voulu, les traces de son benefactor.

Il comprit, peu à peu, qu’un pessimisme impossible à vaincre s’empare du guerrier à un certain point de sa démarche. Une impression de défaite, ou plus exactement (peut-être) le sentiment de n’être pas digne, l’accable soudain, presque à l’improviste.

Don Juan nous dit qu’il s’était souvent moqué des doutes de son benefactor – il ne parvenait pas à croire que son benefactor s’inquiétait pour de bon. Malgré l’insistance et les avertissements de Silvio Manuel, tout cela n’était pour don Juan qu’une vaste mascarade parmi tant d’autres, destinée à leur enseigner quelque chose.

Il ne parvenait donc pas à croire que les doutes de son benefactor étaient réels, ni que la résolution de son benefactor de vivre impeccablement sans espérer la liberté puisse être sincère. Quand il se rendit compte enfin que son benefactor s’était résigné pour de bon à échouer, il découvrit également en lui-même que la résolution du guerrier de vivre impeccablement en dépit de tout ne pouvait pas être une stratégie appliquée pour assurer le succès.

Don Juan et son clan confirmèrent cette vérité le jour où ils tinrent pour acquis que les chances contre eux étaient insurmontables. Don Juan nous dit qu’en des moments pareils, l’entraînement de toute une vie prend le dessus : le guerrier; entre dans un état d’humilité sans équivalent. Quand toute la médiocrité de ses ressources humaines devient flagrante, le guerrier n’a d’autre recours que de battre en retraite et de baisser la tête.

Don Juan s’émerveillait de voir que cette prise de conscience paraissait n’avoir aucun effet sur les guerriers femelles d’un clan ; le désarroi ne semble pas les atteindre. Don Juan nous expliqua qu’il l’avait déjà remarqué dans le clan de son benefactor : les femmes n’étaient jamais aussi inquiètes et accablées par leur sort que les hommes.

Elles semblaient se soumettre au jugement du benefactor de don Juan et le suivre sans montrer de signes émotionnels de fatigue et d’usure.

Si les femmes étaient découragées sur un certain plan, elles n’en demeuraient pas moins indifférentes. S’occuper était tout ce qui comptait pour elles.

C’était comme si les guerriers mâles avaient seuls tenté la conquête de la liberté : ils étaient les seuls à ressentir le choc de la contre-attaque.

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Rédigé par Agnès

Publié le 30 Septembre 2018

page 304 - le don de l'aigle - la femme nagual

Don Juan nous expliqua que leurs coquilles en forme d’œuf, qui nous semblaient si brillantes, étaient en réalité complètement ternes. La luminosité émanait du noyau étincelant. La coquille ternissait la brillance du noyau.

Don Juan nous montra qu’il fallait briser cette coquille, pour libérer l’être. ll fallait la briser de l’intérieur, au bon moment, exactement comme les créatures qui naissent d’œufs brisent leur coquille pour éclore.

S’ils ne réussissent pas à la briser, ils s’étouffent et meurent. Comme c’est le cas pour les créatures qui éclosent, le guerrier n’a aucun moyen de briser cette coquille tant que le moment n’est pas venu.

Don Juan nous dit que perdre la forme humaine était le seul moyen de briser cette coquille, le seul moyen de libérer ce noyau lumineux obsédant – le noyau de conscience qui est la nourriture de l’Aigle. Briser la coquille signifie se souvenir de l’autre moi et parvenir à la totalité de soi-même.

page 304 - le don de l'aigle - la femme nagual

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Rédigé par Agnès

Publié le 30 Septembre 2018

– Les pyramides sont dangereuses, reprit Pablito.
Surtout pour des sorciers sans protection comme
nous. Et elles sont encore plus mauvaises pour des
guerriers sans forme comme la Gorda. Le Nagual disait que rien n’est plus périlleux qu’une mauvaise
fixation de l’attention seconde

Quand des guerriers apprennent à se concentrer sur le côté faible de l’attention seconde, rien ne peut leur faire obstacle. Ils deviennent des chasseurs d’hommes, des goules.

Même s’ils ne sont plus vivants, ils peuvent s’emparer
de leur proie à travers le temps, comme s’ils étaient
présents ici et maintenant. Or nous devenons des
proies quand nous allons dans une de ces pyramides.

Le Nagual les appelait « pièges de l’attention se-
conde ».

– Que disait-il qu’il se passerait au juste ? deman-
da la Gorda.

– Le Nagual disait que nous pourrions peut-être
supporter une visite aux pyramides, expliqua Pablito.
A la deuxième visite nous ressentirions une tristesse
étrange. Comme si une brise froide nous énervait et
nous fatiguait ; et la fatigue se transformerait bientôt
en malchance. Très vite, nous serions tous comme
sous le coup d’un sort ; tout nous arriverait. De fait,
le Nagual disait que nos propres accès de malchance
étaient dus à notre entêtement à visiter ces ruines à
l’encontre de ses recommandations.

« Eligio, par exemple, ne désobéissait jamais au
Nagual. On ne l’aurait jamais pris sur le fait, là-bas ;
ni ce Nagual-ci ; et ils avaient toujours de la chance,
alors que le reste d’entre nous avait la guigne, sur-
tout la Gorda et moi, N’avons-nous pas été mordus
par le même chien ? Et les mêmes poutres de la cui-
sine couverte ne se sont-elles pas pourries deux fois
pour tomber sur nous ?

(image équinoxe Mexique)

page 31 - le don de l'aigle - fixation de l'attention seconde

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Rédigé par Agnès

Publié le 16 Septembre 2018

le Nagual disait qu’intention et effet étaient liés. Il m’a enseigné tout cela quand j’essayais d’apprendre à voler en rêve.

L’intention de voler produit l’effet de voler.

 

 

 

vidéo à ouvrir sur votre facebook

 

https://www.facebook.com/visitsenja/videos/931218610397263/

 

 

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Rédigé par Agnès

Publié le 10 Septembre 2018

La voix du tournesol -->  

https://www.facebook.com/www.isegretidellerbe.it/videos/1832413490178449/

 

Si ça vous intéresse d'écouter le chant des plantes et d'entendre la musique du bois venez nous rendre visite ! www.isegretidellerbe/workshp-esperienziali

ou https://www.facebook.com/www.isegretidellerbe.it/?hc_ref=ARR6K_-d5d7sWrGd1fHTRVxbgZ6LyOiDTNriT4HfLoNieYyC4TXoWX0gar6l78HbYxg&fref=nf&__tn__=kCH-R

la voix du tournesol

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Rédigé par Agnès

Publié le 10 Septembre 2018

"partout où tu découvres ton moi, abandonne-le"

J'ai lu une vingtaine de fois "la vie des maîtres" de Spalding avant que de découvrir CC et à chaque lecture, je recevais aussi un enseignement tout comme dans les livres de CC. 
Mis à part que Spalding renvoie systématiquement au Christ alors que DJ parle de l'Esprit, ils pointent tous la même chose, se libérer de notre petit moi vindicatif et agressif pour parvenir à transcender la mort en partant avec leur corps (qu'ils nomment ascension).
Seul DJ donne, à mes yeux, le mode d'emploi pour parvenir à cela..
Je ne regrette nullement cette ancienne lecture car elle m'a fait "rêver" aussi quand je lisais les prouesses magiques de ces êtres extraordinaires et où j'ai sûrement accumulé de l'énergie et augmenté mon PP afin de voir arriver un jour en 2015, parce que j'étais peut être prête, l'enseignement de DJ.

« Lorsque Jésus-Christ a déclaré : « Celui qui ne devient pas comme un petit enfant ne pourra accéder au royaume des cieux », Il a énoncé une vérité fondamentale. L’enfant n’est pas encore hypnotisé par l’idée si commune de limitations matérielles et vit tout naturellement en harmonie avec sa source. La plupart des adultes adorent la compagnie des enfants, car ceux-ci irradient l’harmonie fondamentale de l’univers, cet environnement naturel de l’Homme. Si nous abandonnions toutes les idées qui nous enchaînent à ce monde, nous serions en contact avec cette détermination qui procède du mouvement universel et nous accomplirions les œuvres qui tentent constamment de se manifester à travers notre nature. « Partout où tu découvres ton moi, abandonne-le », ont écrit les anciens hindous, et ce conseil demeure l’enseignement central des Maîtres. »
Treize leçons sur la vie des Maîtres - Baird Spalding - Votre moi

(vu sur fb page la vie des maîtres

"partout où tu découvres ton moi, abandonne-le"

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Rédigé par Agnès

Publié le 9 Septembre 2018

extrait pris dans lien ci-après

H.L. : Ce que j'aime dans « Voir : l'enseignement d'un sorcier yaqui », c'est lorsque tu fais la différence entre le Yaqui imbibé d'alcool, qui est victime des évènements, qui veut posséder les objets matériels tangibles, et l’autre Yaqui comme don Juan qui a su garder son moi intérieur, qui a su dévoiler ce diamant de sagesse qu'il porte en lui-même.
Il me semble qu'il y a là, le germe d'un projet éthique.

C.C. : Ce qui donne une valeur pragmatique à l'action de don Juan c'est précisément qu'il agit d'après le point de vue d'une éthique de « guerrier », qui dépasse la morale chrétienne. Il n'y a aucune interruption dans son concept éthique : il l'étend d'une manière totale pour couvrir tout. Le monde est fractionné : On a une éthique pour la politique, pour la jurisprudence, un morcellement extraordinaire... Mais il n'y a pas une éthique constante, qui surmonte le fractionnement.

Don Juan se comportait selon le sentiment du guerrier, ce qui implique une constance totale.

Son intention était de guider, il n'avait aucune envie par exemple d'avoir des amis. J'ai toujours dit que, dans sa mission, il n'avait aucun intérêt à faire un esclave.

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Rédigé par Agnès

Publié le 9 Septembre 2018

H.L. : Dans une conversation avec Octavio Paz il y a quelques jours, nous avons considéré que le grand problème entre l’Amérique latine et les États-Unis était culturel. Nous n'arrivons pas à nous entendre et cependant nous faisons partie du même continent.


C.C. : Don Juan m’a donné une fois une idée assez étrange sur moi-même.

Il m’a conseillé de lutter en moi-même contre ce qu'il appelait mon côté « Torquemada » (2). Ce qu'il y avait en moi, ce n'était pas tellement l'artiste européen, l’intellectuel, mais l'inquisiteur. C'est cela qu'il appelait l'apport de l'Europe.

Les systèmes totalitaires ne nous sont pas imposés, ne sont pas des visions étrangères. Nous sommes, nous-mêmes, les inquisiteurs ! L'esprit de l'inquisiteur porte la contrainte en lui, le désir de s'imposer aux autres d'une manière totale.

Don Juan disait que sa philosophie était le résultat de cinq cent ans d'index et d'archives ainsi que de la contrainte de la pensée.

Le plus terrible chez Torquemada c'est qu'il se croyait pur, torturait et tuait au nom de Dieu, au nom d'une idéologie supérieure, indiscutable. Don Juan disait qu'on ne peut pas lutter contre ces hommes-là.

Seul le guerrier peut se soustraire à l'influence de Torquemada, celui que nous portons tous en nous.

C'est cela se libérer de soi-même !

(2) Tomás de Torquemada (1420-1498), frère prêcheur, il a organisé le Tribunal de la Sainte Inquisition. Il fut nommé par les Rois Catholiques Inquisiteur général.

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Rédigé par Agnès