Publié le 22 Mai 2019

Carlos Castaneda interviewé par Theodore Roszak. Auteur de "The Teachings of Don Juan" discute de ses expériences avec des substances hallucinogènes utilisées sous la direction de son professeur indien Yaqui, don Juan Matus. RADIODIFFUSION : KPFA, 30 janv. 1969.(37 min.) BB2038 Archives radio de Pacifica.

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Rédigé par Agnès

Publié le 9 Mai 2019

l'histoire du ticket - la force du silence - page 233

« Je vais te raconter l’histoire du ticket pour l’im-
peccabilité d’un sorcier, me dit-il soudain après envi-
ron une demi-heure de silence total. Je vais te racon-
ter l’histoire de ma mort. »

page 257

« Les sorciers voyants des temps modernes appel-
lent ce processus d’annulation le ticket pour l’impec-
cabilité, ou la mort symbolique mais finale des sor-
ciers, dit don Juan. Et, dans ce champ de Silanoa, j’ai
reçu mon ticket pour l’impeccabilité. J’y suis mort.
La ténuité de ma nouvelle continuité m’a coûté la
vie.
– Mais êtes-vous mort, don Juan, ou vous êtes-
vous seulement évanoui ? demandai-je en essayant de
ne pas avoir l’air cynique.
– Je suis mort dans ce champ, dit-il. J’ai senti ma
conscience s’écouler hors de moi et se diriger vers
l’Aigle. Mais comme j’avais impeccablement récapi-
tulé ma vie, l’Aigle n’a pas avalé ma conscience.
L’Aigle m’a recraché. Parce que mon corps était
mort dans le champ, l’Aigle ne m’a pas laissé passer
vers la liberté. C’est comme s’il me disait de repartir
et d'essayer encore.
« J’ai grimpé sur les hauteurs de l’obscurité et je
suis redescendu vers la lumière de la terre. Et puis
je me suis retrouvé dans une tombe peu profonde,
couverte de pierres et de saleté, au bord du champ. »

page 261

Le nagual Julian déclara qu’en raison de sa nature
particulière don Juan avait mis longtemps à mourir.
« Mon benefactor me dit que le ticket d’un sorcier
pour la liberté était sa mort, poursuivit don Juan. Il
dit qu’il avait lui-même payé de sa vie ce ticket pour
la liberté comme tous ceux qui se trouvaient dans sa
maison. Et il ajouta que nous étions maintenant
égaux dans notre condition de morts.
– Est-ce que je suis mort, moi aussi, don Juan ?
demandai-je.
– Tu es mort, dit-il. Mais le grand truc des sor-
ciers est d’être conscients qu’ils sont morts. Leur tic-
ket pour l’impeccabilité doit être enveloppé dans la
conscience. Ainsi enveloppé, disent les sorciers, leur
ticket se conserve à l’état de neuf.
« Pendant soixante ans, j’ai conservé le mien à
l’état de neuf. »

l'histoire du ticket - la force du silence - page 233

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Rédigé par Agnès