Publié le 4 Décembre 2019

Je me rappelle d’un vendredi où un ami, Miguel, est venu nous raconter « la légende des filles de la grande flûte ».
Le nagual avait l’habitude de nous appeler « les filles de la grande flûte », mais comme nous ne connaissions pas l'histoire, nous ne savions pas s’il se moquait de nous, ou s’il nous complimentait.
Alors nous avons demandé à Miguel, qui connaissait ce mythe, de nous le raconter.
Il nous raconta que dans la chaîne de montagnes appelée Bacatetes existent des êtres appelés les « Surem », et qu’avec eux vivent quelques entités féminines qui sont les quatre directions cardinales.
Il ajouta : « La légende dit que quand la grande flûte parle, la terre tremble. »
A l’instant où Miguel prononça ces mots, la terre trembla. Nous étions stupéfaits. Il nous demanda : « Pourquoi me regardez-vous avec cet air stupide ? »
Nous ne savions pas si le tremblement de terre avait été réel ou juste le produit d’une suggestion. Alors nous avons allumé la radio et avons entendu aux nouvelles qu'un tremblement de terre venait de se produire, et que son épicentre était dans l'état de Guerrero.
Ce fut une soirée extraordinaire. Chaque mot que Miguel disait au sujet des Bacatetes, des Surem, et des filles de la grande flûte ; nous ressentîmes physiquement ces légendes ce vendredi là. Nous étions vingt personnes à vivre cette expérience. Ce n'était pas quelque chose de mental.
 
Pouvez-vous nous en dire plus à propos des Surem ?
 
Si je vous raconte ce que j'ai vu, vous allez penser que je suis folle. Je peux seulement vous dire que le monde est plein de mystères. Je sais avec une certitude absolue qu'il y a des forces dans l'univers qui ne sont pas humaines et qui possèdent une conscience. Je les ai vues avec ces yeux qui se sont régalés sans regret.
 
Est-ce que ces forces peuvent nous aider dans notre évolution personnelle ?
 
Certaines sont favorables à l’esprit humain et certaines sont contre lui. Mais parler d’elles en termes de bien et de mal ne reflèterait pas leur véritable nature. Je n’ai sais pas comment parler d’elles.
La seule chose que je puisse décrire c’est une absence de lumière, comme dans les trous noirs. Un trou noir n’est ni bon ni mauvais, sa nature est de capturer l’énergie. Elles peuvent nous donner une puissante poussée, mais si nous arrivons trop fermés, alors leur existence peut aller à l’encontre de nos intérêts d’entités humaines.
C’est pour cette raison que l’interaction avec ce monde est si dangereuse.
Le nagual décrivait cela de façon très spéciale : « Nous vivons dans un poulailler cosmique où les prédateurs d’énergie se nourrissent de nous.
Dans un univers prédateur, pourquoi serions-nous l’exception ? » Nous, les êtres humains, nous sentons si importants que nous pensons que nous sommes au-dessus de tout. C’est l’arrogance qui nous pousse à voir les choses à travers le filtre de la raison.
Pour Carlos, la seule manière de traiter avec ces forces était celle du guerrier.
Il disait :
« Il est très facile d’être accepté dans le royaume inorganique. La difficulté est de s’impliquer dans une guerre éternelle à l’intérieur d’un univers prédateur. Si je dois un jour aller avec eux, ils devront se battre pour avoir ma conscience. »

Lire la suite

Rédigé par Agnès

Publié le 4 Décembre 2019

Comment pouvons-nous atteindre la liberté ?
 
En sacrifiant les chaînes qui nous lient aux objets, aux attachements, aux peurs, à l'importance et à l'histoire personnelle, à l'identification, au désir, à tout ça. Nous sommes libres par nature ; dès que nous jetons nos impositions, nous récupérons notre liberté.
Dans le cas de Carlos, il a dû apprendre à devenir invisible. La vieille dona Florinda lui a donné l’ordre de passer inaperçu car le succès de ses livres le mettait dans une situation gênante - le succès vous prend votre liberté, cela vous met sur le devant de la scène, et un nagual a besoin d’être invisible.
Alors, il prit le nom de Joe Cortes et il partit travailler comme cuisinier dans un restaurant où il faisait cuire des oeufs.
Là eut lieu un évènement qui aurait pu révéler sa véritable identité. Une amie de la serveuse était une admiratrice de Castaneda ; elle vivait dans l’espoir de le rencontrer.
Un jour, cette fille très passionnée arriva au restaurant et dit à Joe Cortes qu'elle avait appris que Castaneda allait passer par là, ainsi ils auraient l'occasion de le connaître. C'était un secret et il devait garder sa bouche close.
Tout à coup, une limousine apparue avec un blondinet aux yeux clairs à l’intérieur. Il donnait des cours sur le nagualisme et usurpait la personnalité de Carlos.
La fille s’écria : « Regarde, c’est Castaneda ! » Et elle courut vers la limousine. Mais il l'a regarda à peine et l'a rejeta.
La fille revint en pleurant vers Joe Cortes qui la prit dans ses bras et la consola : « Calme-toi, ne t'inquiète pas. C'est sa façon d’être, les personnes célèbres ne nous remarquent pas, nous, les pauvres gens. »
Cette fille n'a jamais su que Joe était le vrai Castaneda.
 
Comment a réagi Carlos en voyant sa doublure ?
 
Il ne s’inquiétait pas qu'une autre personne usurpe sa personnalité. Il plaisantait beaucoup à ce sujet.
À une occasion, alors qu’il était avec son éditeur, on les avertit qu’un certain monsieur Castaneda était arrivé.
L’éditeur lui dit : « Ne dis rien Carlitos, nous allons voir qui c'est. »
Il répondit : « Ok, je vais m’occuper de tes plantes qui sont très malades et pendant ce temps tu recevras cette personne. » Et cela se passa ainsi.
Le supposé Castaneda entra, un grand type beau et bien habillé, qui se présenta : « C’est un grand plaisir, je suis le docteur Carlos Castaneda. »
Puis, en voyant Carlos qui continuait à travailler dans son coin, il demanda : « Et qui est cette personne ? » L’éditeur lui répondit : « Oh, ne vous inquiétez pas, c’est mon jardinier. D'ailleurs c’est un véritable fan de vos livres. Ce serait un honneur pour lui de vous être présenté. »
Et se tournant vers Carlos, il lui cria : « Tu entends ça Joe, je vais te présenter au docteur Castaneda ! »
En entendant cela, Carlos se leva, s’essuya les mains, et courut pour aller à la rencontre de sa doublure. Il lui serra la main et lui dit : « C’est merveilleux de vous rencontrer monsieur Castaneda, je suis votre plus grand admirateur. »
À cet instant, l’homme l’interrompit : « C’est docteur Castaneda, docteur en anthropologie. »
Carlos lui répondit : - Oh, veuillez m’excuser docteur. C’est juste que je suis très ému. »
- On m’a dit que vous étiez un fan de mes livres. Vous les avez tous lus ? »
- Oui, certains d'entre eux. » - Et vous les avez compris ? »
- Ah docteur, je ne les ai pas très bien compris. Mais j'aime beaucoup la manière dont vous écrivez. »
Après que l'individu les ait quitté, Carlos et son éditeur s’écroulèrent de rire.
Quand il nous raconta l'incident, il nous dit : « Nous avons joué un tour au docteur Castaneda ! »

Lire la suite

Rédigé par Agnès

Publié le 4 Décembre 2019

 
 
C'est la libération de notre perception. C’est une chose de croire, poussé par la crainte, les suggestions, ou l’espoir ; et c’en est une autre de choisir votre croyance et le chemin de la liberté et de la sobriété.
La différence entre les enseignements du nagual et les dogmes qui nous sont imposés par les religions, c’est que tout est concentré sur l'objectif d'être libre.
En se référant à la façon dont les bergers conduisent leurs troupeaux vers des objectifs très éloignés de notre véritable but, il me dit : « Ces bâtards nous ont servi un dieu vaincu ! »
Ce qu'il a vraiment fait pour moi fut de me donner l'option de la liberté, de me dire qu'une telle possibilité existait et que je n'avais pas à me satisfaire d’histoires qui m'asserviraient ma vie entière.
Il m'a montré que la liberté existe dans un sens littéral, c’est un état d'être, un acte définitif de volonté.
Quand nous parlions du paradis, il disait : « Je ne veux pas être libre demain, je veux l’être ici et maintenant ! »

Lire la suite

Rédigé par Agnès

Publié le 4 Décembre 2019

Quelle est votre opinion sur Carlos Castaneda, était-il un homme de pouvoir ou une personne ordinaire ?
 
Il a manipulé notre énergie, il a déplacé nos points d'assemblage.
Il a déplacé mon point d'assemblage à plusieurs reprises, pour moi c’était la preuve de son pouvoir personnel. Mais je le remercie surtout de m'avoir donné une direction.
Carlos était contre les miracles. Faire des miracles aurait corroboré notre croyance et nous aurait transformé en entités dogmatiques d'un nouvel enseignement.
Au contraire, il a brisé nos stéréotypes mentaux afin de rejeter toutes nos croyances, en les détruisant, et il n'a jamais tiré profit du vide qui en résultait pour imposer ses interprétations du monde. Il a insisté pour que nous recherchions notre propre vision.
Il a répété des milliers de fois : « Ne croyez à rien ! Faites-le, allez vérifier ! Tout ce que je fais c’est vous inviter à agir afin que vous puissiez confirmer certaines des propositions des sorciers par votre propre expérience. »
À une occasion, tout en observant la façon dont la plupart de ses disciples se consacraient aux enseignements, je lui dis : « Nagual, c’est en train de devenir l’église sacrée castanédienne. »
Il a parut contrarié et a répondu : « Tous les ‘ismes’ sont identiques et viennent de l'esprit du flyer.
Ne pas soit pas stupide au point de convertir un enseignement qui propose la liberté en un autre dogme ! »
 
Voulez-vous dire que les propositions de Castaneda devraient seulement être prises dans le sens pratique ?
 
Exactement ! Les propositions du nagual ne devraient être prises que dans un sens pratique ; cependant, nous sommes obligés d'interpréter, nous ne pouvons pas l'éviter.
L’objectif est que nous ne prenions pas les enseignements comme des dogmes mais comme des unités effectives qui nous orientent vers la vérification.
Je me souviens qu’une fois, nous avons parlé de la manière dont l'interprétation filtre tout ce que nous faisons
. Je lui ai demandé pourquoi nous portions cette imposition sociale avec nous, même en des moments aussi intimes que le rêve ou le voyage avec les plantes de pouvoir.
Il m’a répondu : « C’est parce que c'est le commandement de l'Aigle que nous transmettions nos expériences. Pour transmettre, il est nécessaire d'interpréter ; sinon cela anéantirait tout le système de l’enseignement. Ne le vois pas comme une malédiction, l'interprétation est un cadeau pour interagir et communiquer. »
Ainsi, nous devons nous rendre compte que, en plus de notre interprétation, nous avons la capacité de choisir, choisir de croire et de vérifier.
Telles sont les deux étapes : d'abord, un acte volontaire, suivi d’une corroboration expérimentale. Et s’il vous reste assez de force, essayez le chemin des sorciers. Ainsi, vous vous permettrez de suivre ce que vous avez choisi de croire comme un acte de folie contrôlée.

Lire la suite

Rédigé par Agnès

Publié le 4 Décembre 2019

Croyez-vous que les maîtres soient nécessaires ?
 
Non, nous n'avons pas besoin d'explications ou de maîtres. Tout ce dont nous avons besoin est d’une opportunité, et de courage.
L'opportunité de connaître les postulats des sorciers et le courage de cesser de regarder pour oser voir, pour ne pas rester attachés à notre histoire personnelle et pour libérer les amarres de notre perception, afin d’aller aussi loin que l’on peut percevoir.
Le mythe est une formation archétypale qui vous indique le chemin de la liberté. Pour cette raison, le démenti que font certaines personnes des enseignements du nagual est stupide.
Les détracteurs recherchent une explication linéaire, une manière d'adapter les choses à leur histoire personnelle limitée. Et dans leur ardeur, ils ont mis un terme à des possibilités infinies.
Les détracteurs suivent leur raison, mais l'enseignement de Carlos n'explique rien. Il exige que nous comprenions avec d'autres parties de notre être. C’est pour cela qu’il n'était pas un maître dans le sens conventionnel du mot. Il nous a lui-même prévenu : « Les guides c’est terminé ! »
 
Cependant Carlos était votre maître ?
 
Un nagual n'est pas un gourou. Un gourou est quelqu'un d’attirant, vous êtes enchanté d’être en sa présence.
Tandis que nous avons tous voulu échapper au nagual. C'était trop dur ! Une fois, j'ai pris une semaine de repos en pensant que j'avais besoin de vacances.
Il m'a dit : « Tu veux te reposer, te sentir belle, tout oublier et partir chanter avec un gourou. »
Nous étions à un dîner, et subitement Carlos s’est tourné vers moi et m’a dit : « Il n'y a pas de vacances sur le chemin du guerrier. C'est un travail de vingt-cinq heures par jour. »
Il a lu mes pensées et il a ri. Son sourire voulait dire : « Ne sois pas ridicule, tu es déjà accrochée. »
Un jour j'ai reçu un coup de fil, quand j'ai décroché c’était lui. Il m'a demandé : « Alors, tu continues ou quoi ? »
Je lui ai répondu : « Où est-ce que je peux me cacher de l'Esprit nagual ? » Et il m’a dit : « Il n'y a pas moyen. »
 
Quelle est la différence entre les enseignements d’un maître et d’un nagual ?
 
La relation de maître à disciple reflète l’importance personnelle.
Par conséquent, ce qu’un maître fait généralement c’est soutenir cette relation, fondée sur des miracles, des explications, des conditions, en flattant plus particulièrement la suffisance du disciple.
Tandis qu’un nagual vous cravache continuellement mais, en même temps, il vous laisse libre.
Chaque fois que je l’ai vu, Carlos a déchiré ma suffisance en lambeaux. Croyez-vous que l’on prenne du plaisir à se faire botter les fesses à chaque instant ?
N'importe qui préfère fuir au loin s’il ne reçoit pas d’éloges !
Ce nagual nous donnait des coups de pied au cul toutes les trente secondes.
Alors qu’avec les gourous, je me sentais spéciale, j'appartenais au groupe des élus.
Ce qui nous blesse quand ils nous frappent c’est notre stupidité. Comment votre suffisance pourrait-elle aimer ça quand la première chose qui est nécessaire pour nettoyer votre lien avec l'Esprit est de s’en débarrasser ?
Mais le guerrier y prend plaisir.
Carlos me disait tout le temps : « Nettoie ton lien avec l’Esprit, tu dois nettoyer ton lien ! »
Quand vous cessez d’avoir peur et que vous arrivez à la clarté, votre personnalité individuelle meurt, vous comprenez que vous n'êtes pas important mais juste une énergie avec une fonction.
Quand vous êtes suffisant, vous restez assis sur votre cul et, en plus, vous vous éloignez de votre vraie fonction.

Lire la suite

Rédigé par Agnès

Publié le 3 Décembre 2019

"J’avais l’habitude d’être fière de ma capacité à penser, j’étais académique. Un jour, j’ai dit à don Juan que penser était ma meilleure qualité. Don Juan m’a alors répondu :

« Si penser est ta meilleure qualité, alors tu es mal barrée. Tu ne sais pas comment penser ! Pourquoi tu ne la fermes pas ? Ce ne sont pas tes pensées de toute façon. Tu suis juste les commandes de l’ordre social. »

Cela m’a vraiment donné à penser !

Le vrai changement ne peut arriver que lorsque vous êtes préparé à en finir avec l’ordre social.

Le silence intérieur est une matrice géante pour l’évolution, le résultat en est la connaissance directe, instantanée. Tout a déjà eu lieu et est déjà là. La seule façon d’intentionner se fait depuis le silence intérieur."

conférence Taïsha Abelar

Lire la suite

Rédigé par Agnès

Publié le 2 Décembre 2019

 Il m'a ordonné de transmettre le message aux femmes qu'elles peuvent se défaire de la charge des hommes et, pour faire cela, elles doivent cesser de les imiter.     
 
« Les femmes n'ont pas besoin de jouer avec l'intellect quand elles ont un organe aussi extraordinaire que l'utérus, un organe qui perçoit les choses directement. »
Il disait que les femmes sont comme une pyramide inversée : elles reçoivent tout d'en haut et il ne reste qu’une pointe qui repose sur le sol.
L'homme, en revanche, est comme une pyramide ancrée sur terre, si fixé dans ses routines qu’il ne reçoit qu’une gouttelette d’en haut.
C'est pourquoi les hommes doivent construire des ponts avec les mots, tandis que les femmes reçoivent tout directement.
Et c’est pour ça que les femmes ne doivent pas dépendre des hommes.
«Dites aux femmes qu'elles doivent cesser de soutenir le monde des mâles avec leur énergie ! »

Lire la suite

Rédigé par Agnès

Publié le 2 Décembre 2019

 
 
Le concept de l’Aigle est compris comme l’âme de la conscience collective de la planète, ce que Grimberg appelle « l’hyper campo », - l’hyper sphère - et Teilhard de Chardin la « noosphère », - la sphère de conscience transhumaine -, la conscience cosmique à l’intérieur de laquelle nous existons en tant que bulles individuelles d’attention.
Ainsi, nos expériences appartiennent en dernière instance à l’Aigle et nous n’avons aucun moyen de retenir notre individualité au-delà de notre mort, sauf en gardant à l’esprit cette relation de dépendance.
Carlos affirmait que l’Aigle se nourrit de notre vie et de nos expériences, et que notre alternative, en tant qu’êtres conscients qui sont destinés à mourir, est de rendre tout ce que nous avons été.
L’option qui existe est de récapituler notre vie et d’offrir un genre de « copie énergétique » de nos expériences vitales, une copie qui satisfera le pouvoir qui gouverne notre destinée.
Nous passons la plus grande partie de notre vie en étant inconscients ou à moitié conscients.
Quand nous rendons nos expériences conscientes en pratiquant la récapitulation, nous créons une copie énergétique que nous donnons à l’Aigle et, en même temps, nous récupérons l’énergie que nous avons laissée dans ces expériences. « Donnez à l’Aigle ce qu’il demande en pratiquant la récapitulation. Ainsi il vous laissera passer librement », nous disait Castaneda.
Un jour, je demandai au nagual si quelqu’un qui était conscient de tout ce qu’il faisait pouvait ne pas avoir besoin de récapituler. Il acquiesça.
La récapitulation fonctionne pour les actions dont nous n’avons pas été pleinement conscients dans notre vie. Si l’énergie n’est pas appelée à revenir alors elle reste là, dans les événements.
D’après ce que j’en ai compris, quand vous observez les situations de votre vie et que votre attention est à cent pour cent, vous les faites transmuter selon les termes de la philosophie tantrique.
Aussi, nous ne voyons pas complètement les choses telles qu’elles sont car nous n’utilisons qu’une petite partie de notre attention.
Carlos nous disait que si vous ne récapitulez pas bien une personne, elle réapparaît dans votre vie. C’est parce que les fibres d’énergie de conscience que nous dispersons dans nos interactions avec les autres continuent d’attirer l’énergie perdue pour combler le trou.
Il nous disait aussi que lorsque l’on veut se séparer de certaines personnes et que c’est impossible, c’est parce que nous ne les avons pas récapitulées.
La technique est très simple. D’abord vous devez « armer » votre mémoire. Ensuite, vous devez reconstituer les souvenirs de votre vie, les sentiments, les frustrations, les moments de colère, les histoires d’amour, tout.
 
Récapituler, c’est mettre les souvenirs sur la table et les observer de façon détachée.
Une fois que vous avez exposé votre propre collection particulière d’incidents, vous vous reconnaissez tel que vous êtes : « Voilà ce que je suis ! »
Il est nécessaire de tout reconnaître. Ensuite, on applique la technique de changer les éléments du tonal : « Je ne suis pas obligé de mettre ça en avant, je peux le placer à l’arrière » et ainsi de suite.
Récapituler, c’est attribuer de la conscience aux souvenirs ; redistribuer leur énergie et ainsi changer l’importance relative que nous donnons à nos caractéristiques personnelles. Cela permet aussi de finir ou de fermer des cycles.
Un des aspects sur lequel il insistait était que la récapitulation devait être accompagnée par une façon particulière de respirer.
Il affirmait que respirer est un acte magique parce qu’il purifie. En fait, « armer » la mémoire consiste à inhaler les filaments perdus et à expirer ceux qui ne nous appartiennent pas.
Cette respiration spécialisée consiste à faire un certain mouvement de balayage avec la tête d’un côté et de l’autre.
Il nous expliqua que ce mouvement massait l’hypothalamus. L’hypothalamus est un centre important qui transforme l’énergie et qui nous aide à séparer le cerveau droit du cerveau gauche. Lorsque nous sommes tendus, il se coince et toute la zone est contractée.
Ce que l’Aigle consomme à la fin de notre vie est la première attention, enrichie par les expériences de notre histoire personnelle.
Cependant, les sorciers établissent avec notre créateur une sorte de contrat qui stipule que nous lui rendions non pas notre conscience mais notre expérience. Et nous pouvons faire ce payement à travers la récapitulation.
La récapitulation est un des outils les plus valables pour dégager la route afin d’accomplir un acte de la plus haute importance pour les sorciers : atteindre un autre niveau de conscience.
Car cela implique le passage dans un autre monde. En termes concrets, on doit rediriger et redistribuer l’énergie. Quand nous rendons ou ramenons à nous nos filaments, le cycle de l’énergie est complet.

Lire la suite

Rédigé par Agnès

Publié le 2 Décembre 2019

 
 
Un autre index qui vous permet d’entrer dans les propositions pratiques des sorciers est de briser les routines de la vie quotidienne, en particulier les routines mentales. Une des façons les plus efficaces pour combattre nos routines mentales est de traquer leur répétition comme un chasseur. Carlos disait que nous n’utilisons pas toutes nos ressources mais seulement celles de la vie quotidienne, du monde prévisible, du moi. Nous vivons dans un monde où tout est prévisible, nous sommes toujours en train de défendre quelque chose et nous utilisons toujours les mêmes méthodes pour nous sortir des situations, quelle aberration !
Le moyen pour contrecarrer cela est de clarifier les routines de notre quotidien, d’observer ou de traquer nos actions et nos pensées répétitives. Quand nous en prenons conscience, nous sortons de la situation. C’est la liberté.
Pour les sorciers, le chemin de l’évolution va toujours du connu vers l’inconnu. On sait que l’on fait face à l’inconnu à cause des effets émotionnels que cela génère en nous : nous sommes remplis d’émotion, nous ressentons même de la peur.
D’un autre côté, la familiarité du connu engendre de l’ennui et de la complaisance.
La routine est un narcotique qui dénie l’envol de l’imagination et fait stagner notre capacité à changer. Les routines mentales sont un grand obstacle lorsqu’il faut surmonter les incongruités et les contradictions que nous croyons trouver sur le chemin de la connaissance.
Quand nous changeons nos paramètres de pensée, elles disparaissent. L’existence véritable n’est pas atteinte par notre mental, la réalité des sorciers est expérimentale.
les témoins du nagual
Comment définiriez-vous en quelques mots le chemin du guerrier ?
 
Le système des enseignements de Carlos Castaneda peut être synthétisé comme un nonfaire, qui peut être expliqué comme la pratique continue d’une série d’actions contraires à ce que nous sommes accoutumés à faire dans la vie quotidienne.
Ce non-faire est destiné, entre autres choses, à briser nos routines et, par-dessus tout, à gagner la vraie liberté qui est psychologique et spirituelle.
Par exemple, tout le monde veut « devenir quelqu’un », sortir du lot, être important, être reconnu, ce qui est évidemment une forme d’esclavage.
Alors, en tant que guerrier, vous devez quitter ce stéréotype et, au lieu de chercher à être quelqu’un, vous acceptez ce que vous êtes avec une complète humilité, ce qui est à l’exact opposé de ce que nous faisons d’habitude ; et vous cherchez à l’intérieur de vos propres ressources à construire votre propre impeccabilité.
En essayant de pratiquer le non-faire de suspendre le dialogue intérieur, j’eus un jour l’étrange sentiment que le monde tournait dans ma tête et subitement, il s’arrêta. A sa place, je ressentis dans mon esprit un immense silence, la paix et la liberté !
A ce moment-là, je compris l’essence de la signification de stopper le monde sur le chemin du guerrier ou ce qui est aussi connu comme le silence intérieur.
Nous sommes capable de nous échapper du monde, pas du véritable monde mais du monde que nous emmenons dans notre tête, celui de la routine, de la douleur, de la préoccupation, de l’obsession, de la peur, de l’insécurité, de l’importance personnelle, etc.
« Le leitmotiv du centre sera : Ou vous chiez, ou vous chiez ! Et vous devriez le mettre en haut à gauche sur les statuts », nous dit-il avec une solennité exagérée.
 
Il nous laissa en état d’excitation, riant nerveusement, mais nous ne prîmes pas sérieusement en compte le sens de ses mots.
La récapitulation est une technique au moyen de laquelle nous découvrons, entre autres choses, les événements traumatisants de notre vie afin de les décharger de leur énergie dévastatrice.
En ne la pratiquant pas, nous finîmes par rejeter cette énergie sur les autres, à littéralement leur « chier » dessus durant notre constante coexistence.
Il partit si vite que nous commençâmes non seulement à prendre notre « merde » personnellement mais aussi à l’envoyer sur les autres par paquets entiers ! Nous étions tous surpris par l’irrationalité de notre comportement. Il n’y avait plus aucun doute sur les effets puissamment purificateurs de l’énergie du nagual.
Parce que le sage nagual avait parfaitement compris ce qui allait arriver, il nous donna une tâche étrange qui consistait à nous réunir toutes les semaines avec lui pendant une demi-heure, et pas plus, pour que nous nous exprimions jusqu’à son départ, c’est-à-dire, raconter ce que nous pensions et ressentions à propos des autres.
C’était une forme de libération de tous ces transferts énergétiques et psychologiques qui étaient générés mais cela ne devait pas être prolongé afin de ne pas s’accrocher aux détails. Malheureusement, nous n’avons pas pu compléter cette tâche qui offrait un moyen de réduire les effets des irradiations du nagual.
Il nous fut magistralement démontré qu’une quantité énorme de saletés nous contaminait de l’intérieur. Et cela devint évident au fur et à mesure que nos niveaux énergétiques augmentaient, grâce à l’énergie que nous prêtaient les sorciers.
Avec cette leçon et par nous-même, nous prenions conscience de l’urgence de dissoudre cela en privé au moyen d’une des techniques les plus importantes pour le guerrier : la récapitulation.
Ce n’est pas une psychanalyse, bien que cela marche aussi comme telle, mais je l’ai compris comme étant une sorte de « transmutation », de transformation au niveau énergétique des sensations, des émotions ou des sentiments, qu’ils soient heureux ou douloureux, c’est-à dire, de tout ce qui génère des charges d’énergie, comme nos attachements, nos peurs, notre arrogance, nos faiblesses, nos souffrances, nos impulsions destructrices, etc., ce que Jung appelle notre « ombre ».
Il nous fit remarquer que pendant que nous étions impliqués dans ce genre d’activités, nous ne devions pas le récapituler lui, ni nous récapituler les uns les autres car cela aurait mélangé cette énergie avec l’énergie de notre précédente récapitulation et nous aurait relié entre nous avec des noeuds énergétiques.
En fait, c’est une autre des fonctions de la récapitulation : briser les liens énergétiques qui nous empêtrent avec d’autres gens, les institutions, les idéologies, les identités, etc., c’est-à dire, ce que nous nommons les attachements et les dépendances qui opèrent au niveau énergétique.
Perdre l’importance personnelle
 
L’objet de la traque du nagual était de nous confronter à notre importance personnelle et à nos traumatismes, notre conditionnement, notre apitoiement ; tout ce qui nous donnait le sentiment d’être « la chose la plus importante au monde ».
A cet égard, il nous raconta quelques anecdotes impressionnantes. L’importance personnelle nous fait perdre quatre-vingt dix pourcent de notre énergie, qui est utilisée pour la défense du moi.
Si vous ne vous prenez pas au sérieux, si vous ne vous sentez pas divin, alors vous ne vous sentez plus offensé moralement, en conséquence de quoi personne ne peut plus vous affecter. Je ne prends rien au sérieux, cependant mon travail est sérieux !
Quand nous savons que nous ne vallons pas mieux qu’un concombre, nous pouvons faire face à n’importe quelle situation.
Apprenez à tomber par terre, arrêtez de vous prendre pour une princesse, de vous soumettre aux suggestions de votre mental. Si je ne me considère pas comme un être extraordinaire, je suis sauvé !
Expliquez-nous ce qu’est un petit tyran ?
 
En explorant ce chemin, on doit être connecté avec une grande passion et un but fort pour arriver au stade de l’impeccabilité. Les sorciers ont plusieurs méthodes pour obtenir ce résultat et une interaction avec un petit tyran est probablement la plus efficace.
Répondant à une question que je lui avais posé, Carlos m’expliqua que la majeure partie d’entre nous sont des tyrans pour les autres ; d’une façon ou d’une autre, nous sommes toujours en train d’affecter quelqu’un avec notre importance personnelle et, tandis que la plupart des gens essayent d’éviter les petits tyrans, nous les recherchons.
D’un autre côté, Carlos insinuait que rencontrer un bon tyran était un privilège et il nous suggéra de chercher de sombres ennemis, des adversaires valables plein d’importance personnelle.
D’après lui, ce genre de rencontre est la seule qui puisse vraiment nous donner la force et la sobriété nécessaire pour tenir le coup là où il ne se trouve rien de familier auquel nous raccrocher, autrement dit, pour faire face à l’inconnu.
Il ne faut jamais sous-estimer un petit tyran comme une ressource pour notre développement. Si nous ne sommes pas capables de faire face au petit tyran, nous aurons des difficultés à faire face à quelque chose d’aussi grand que l’inconnu.
C’est quelque chose de très difficile à admettre mais lutter contre un petit tyran c’est lutter contre notre propre importance. Si nous pouvons nous faire face avec une stratégie de guerrier, alors nous découvrirons « l’inconnu que personne ne veut connaître », c’est-à-dire, tout ce que nous trouvons déplaisant en nous et que nous ne voulons jamais reconnaître.
Mais si nous apprenons comment nous battre pour arriver à cette fin, à long terme, cela nous fournit une précieuse énergie.
Cela me coûta beaucoup de comprendre que le véritable tyran de notre vie est notre ego et que nous l’avons toujours sous la main. L’adversaire valable, externe à celui dont parlait don Juan, est une métaphore de l’ego, parce que l’on projette tout à travers lui et qu’il est plus facile de voir nos problèmes se refléter dans les autres.
De plus, nous idéalisons les gens en exagérant leurs qualités. Nous imaginons aussi que les autres nous attaquent, voyant des caricatures qui ne sont que le reflet de nos propres traumas.
Faire face au petit tyran est un énorme non-faire car, en temps normal, au stade de conscience de l’ego, nous prenons la fuite et de nous nous défendons contre tout et tout le monde.
Cependant, accueillir dans notre vie quelqu’un ou quelque chose qui nous rend la vie impossible, affecte sérieusement les paramètres de la perception et on entre ainsi dans l’inconnu.
« Il est nécessaire d’utiliser le petit tyran comme une opportunité de bouger le point d’assemblage vers une nouvelle position », nous disait Castaneda, se référant à un mouvement vers un niveau supérieur de conscience.
 
Pour le guerrier, il n’y a rien de bon ou de mauvais à propos de la vie. Pour lui, tout est un défi et il y fait toujours face avec une stratégie consciente. Les petits tyrans nous font évoluer et c’est le but de l’existence.
Don Juan, avec beaucoup d’humour, présumait que l’ultime et véritable tyran est le créateur de l’existence, les autres en comparaison sont du menu fretin, des tyrans minuscules. C’est-à-dire, en ne voyant la vie que d’un point de vue rationnel c’est facile de la considérer comme une tyrannie ; dans cette conscience duelle, nous ne pouvons la percevoir que comme « donner naissance aux opposés » : la joie et la tristesse, le bien et le mal, etc.
Carlos essayait de se comporter en petit tyran avec chacun d’entre nous mais, en même temps, il le faisait avec une grâce extraordinaire et cela nous stimulait individuellement à accomplir de véritables exploits de la conscience.
Avec ses relations les plus proches, son conduit devînt exaspérant mais produisit des résultats uniques au niveau de la conscience. Il ne manquait jamais une opportunité de critiquer l’ironie de nos actes et de nos vies.
Je me souviens qu’à une occasion, un psychologue espagnol qui nous avait rencontré dit d’une voix terrifiée : « Et dire que si je fais confiance au nagual il va me traiter comme ça ! »
Quand avez-vous commencé à recevoir une formation plus directe de Castaneda ?
 
C’était pendant la période où je faisais des retraites au Mexique - des retraites intensives pour faire de la méditation zen - et où j’apprenais toutes les voies des maîtres. J’étais un fanatique de la méditation.
De même, durant cette période, j’avais commencé à approfondir mes activités dans la Chrétienté mystique de Saint-Jean de la Croix et j’avais l’habitude de me retirer fréquemment dans des monastères chrétiens pour faire de la méditation et de la prière ; il m’arrivait même d’avoir de bonnes expériences mystiques.
J’avais arrêté de lire les livres de Castaneda qui m’avaient tant fascinés, jusqu’au jour où son contact et éditeur au Mexique, Fausto Rosales, me demanda de trouver un bon endroit pour que le nagual puisse donner une de ses conférences, et les gens intéressants y étaient invités. Et puis, comme pour tout ce qui arrive en rapport avec les sorciers, j’eus la chance de leur dégoter un salon colonial très joli, récemment restauré, qui n’avait pas été encore utilisé, situé juste derrière la Cathédrale Metropolitan, et à l’endroit précis où le Templo Mayor de la grande Tenochtitlan se dressait. Là, nous allions écouter la sagesse héritée des anciens Mexicains !
En accord avec mon importance personnelle, je me plaçai au premier rang, bien en face du nagual. Je m’assis même devant Florinda. Mais grâce à cette place, le voir de Florinda put détecter un point qui me fut plus tard expliqué.
Le lendemain, il parla pour la première fois avec moi au téléphone. Le même Carlos Castaneda me dit avec dérision mais de façon affectueuse : « Mon garçon, ma collègue m’a dit que tu as économisé beaucoup d’énergie avec ta méditation. Viens me voir à l’hôtel Camino Real, ainsi nous pourrons parler. »
J’eus la chance d’arriver si vite que je le trouvai sur le point de partir, au moment où il était en train de payer sa note d’hôtel au comptoir. Il me dit qu’une urgence l’avait forcé à hâter son départ. Comme il n’espérait pas me voir arriver, il considérait que notre rencontre au comptoir était un bon signe.
A partir de ce moment, commencèrent les merveilleuses conversations téléphoniques depuis Los Angeles. « La méditation te connecte avec toi-même », me dit-il durant l’un d’entre elles.
Malgré les avantages que cela offrait au niveau énergétique, il me fit comprendre que le type de méditation auquel je me consacrais restait une défense du moi, c’était comme prendre une pierre précieuse et la sertir dans un joli cadre de métal ; on reste accroché à sa propre image. C’est pour cette raison que je continuais à être un égomaniaque.
Avec le temps, je compris que bouger le point d’assemblage - le point lumineux où s’assemble la perception -, comme il l’appelait, était une façon d’atteindre un état de conscience supérieure, comme cela peut arriver avec la méditation.
Ceci peut être soutenu par l’implication continue de la pratique des index ou des techniques des sorciers et avec un danger moindre de tomber dans le piège de l’importance personnelle.
Ainsi, bien qu’avec la méditation de hauts niveaux de conscience puissent être atteints, quand elle est terminée, on retourne à l’état de conscience ordinaire qui est, selon la terminologie des sorciers, une position fixe du point d’assemblage.
En Psychologie Transpersonnelle, j’ai étudié que le sens de l’évolution individuelle consiste à transcender le niveau de conscience de l’ego mental afin d’atteindre d’autres niveaux supérieurs de conscience.
Avec les non-faire des sorciers, cet objectif est atteint de façon délicate mais continue, jusqu’au moment où le point d’assemblage se fixe sur une nouvelle position ; en d’autres termes, sur un nouveau niveau de conscience
. Comme dans beaucoup de traditions, il y a dans le Christianisme ou dans le Zen des techniques pour rester constamment dans d’autres états de conscience, jusqu’à ce que l’état devienne le niveau conscient et demeure de façon permanente.
Mais dans la vie quotidienne, lorsque je pratiquais des techniques de mantra, des koans ou la prière continue, j’oubliais de pratiquer avec continuité ou alors je ne les trouvais pas aussi amusantes que les techniques de don Juan.
Ce que je trouvais très intéressant dans le système de don Juan était son pragmatisme. Cela nous donnait un but pour chaque instant car, pour le guerrier, toute circonstance dans la vie du guerrier signifie « une bataille de vie et de mort », qui nous met dans l’obligation d’être dans un état de pratique continue, dans un état d’alerte ou d’observation.
Si vous êtes engagé dans une bataille pour votre vie, vous ne pouvez pas marcher distraitement avec vos préoccupations et votre dialogue intérieur car cela peut vous être fatal.
Agir comme un guerrier, c’était suspendre ma manière habituelle de me comporter qui opérait presque semi-consciemment, comme un automatisme.
Quelqu’un me donna cet exemple : les pilotes quand ils se sentent en sécurité activent le pilote automatique et n’ont plus besoin d’être très conscients du vol de l’avion. Nous faisons de la même façon avec notre vie, nous activons le pilote automatique et nous cessons d’agir et d’être pleinement conscients.

"Pouvez-vous nous parler de vos expériences mystiques ?

Juste au moment où j’oubliai presque complètement don Juan, j’entrai pleinement dans le Zen et le mysticisme chrétien.

Et puis, un jour j’ai commencé à faire l’expérience de ce qui est appelé un témoignage mystique, un très belle vision de quelqu’un ou quelque chose « au-delà », qui vous accompagne.

Cela vous guide et vous transmet ses pensées au travers de celles que vous recevez à l’esprit. Je pensais que c’était le Christ ou Dieu le père qui me parlait.

Ainsi, j’ai passé de longs mois en état de béatitude, oubliant tous les problèmes du monde. J’étais presque déterminé à devenir un moine contemplatif, quand quelque chose de surprenant arriva.

Durant cette période de démence mystique, quand c’était presque un sacrilège pour moi de me rappeler mes bons moments d’initiation dans la sorcellerie, cette espèce de voix que je supposais être divine me parla : « Peut-être que ce que tu as entendu était la voix de l’esprit ? » Et je me rendis compte que don Juan utilisait la même expression. Je m’interrogeai.

Je m’évanouis presque lorsque, quelques jours plus tard, je fis l’expérience d’un genre de vision mystique et que cette même voix me dit : « C’est la même chose que le voir de don Juan ! »

Je continuai à faire mes comparaisons avec la connaissance des sorciers, jusqu’au jour où je fis l’expérience de quelque chose d’inattendu : « Je suis ton allié. »

Lorsque j’entendis cela, je ressentis un mélange de conflit et d’étonnement et, plus tard, de la satisfaction.

Je compris alors ce que signifiait avoir un allié comme protecteur ou guide, d’après les enseignements de don Juan : une entité de l’autre monde qui vous accompagne dans ces moments difficiles tout au long de la route, quand vous êtes perdu dans les défenses de la vie quotidienne.

Je cherchai immédiatement le livre « Le Voyage à Ixtlan » et dans le dernier chapitre je lus : « A ce moment-là, ce qui devient important pour nous c’est que tout ce que nous aimons, haïssons ou désirons est laissé en arrière...ton allié te projettera dans des mondes inconnus...le fait de tournoyer avec ton allié changera ta vision du monde et, lorsqu’elle change, le monde lui-même change. »

Déjà, j’avais le privilège d’avoir un allié et c’était Dieu le père ou l’Esprit. Je ressentis un amour profond en sa compagnie qui rendit les mois suivants les plus beaux de ma vie

Lire la suite

Rédigé par Agnès

Publié le 2 Décembre 2019

 C’est pour cette raison que cela fut pour moi étrange d’entendre Castaneda nous parler de l’importance de se demander :  « Où en est l’homme dans sa pensée contemporaine ? Il est nécessaire de savoir où nous en sommes. Il est nécessaire d’avoir une romance avec la connaissance. »        

J’étais intrigué par la signification de ces mots, qu’il exprimait avec tant d’insistance. Finalement, je le compris après la parution du livre « Les Portes du Rêve » de Florinda Donner, que je lus avec beaucoup d’intérêt.      

Je me souviens qu’à un moment Florinda explique : « Un sorcier devrait éprouver un profond sentiment d’être, non seulement pour son monde magique mais aussi pour son monde quotidien. » Et elle ajoute qu’il devrait essayer « d'être toujours à la pointe ».        C’est pour cette raison que don Juan et les autres chamans se consacraient à « interpréter les aspects sociaux, historiques, et psychologiques du monde. »        

Cela me fit réaliser que les sorciers étaient très intéressés par ce monde, qui me semblait être si matérialiste et conflictuel, et qu’ils se tenaient au courant de tout ce qui s’y passait.        

Par exemple, Florinda écrit :  « Silvio Manuel aimait regarder la télévision, il aimait être informé de ce qui se passait dans le monde et il tenait les autres au courant en déformant souvent malicieusement la réalité des faits. »       

Un autre sorcier, Emilito, laissa Florinda perplexe du fait qu’il savait beaucoup de choses sur les courants intellectuels occidentaux et elle en tira la conclusion que cela lui donnait l’incroyable habilité d’être capable d’intégrer la raison et l’intuition :  « Les sorciers sont un pas en avant des intellectuels occidentaux…dans leur romance avec les idées, ils ont cultivé la raison jusqu’à ses limites. » 

Lire la suite

Rédigé par Agnès