Publié le 8 Septembre 2018

Pour don Juan l'idée de la conception d’un être humain est très importante : il doit y avoir une sensualité extraordinaire afin de donner toutes les options possibles au nouvel être qu'on va créer.

Don Juan considérait que c'était monstrueux de faire des enfants dans la lassitude, l'ennui, de les programmer après des années de mariage lorsqu'il ne reste plus que l'amour filial, qui n'a rien à voir avec la passion, mais si avec la civilisation.

Faire un enfant dans ces conditions était aussi horrible pour don Juan que d'avoir des animaux châtrés à la maison.

Il me dit une fois que les animaux se vengent de l'homme ; comme il s’agit d'êtres irrationnels, ils lui mangent directement l'énergie. Ils ont des rapports avec leurs maîtres non pas en tant qu'objets mais en tant qu’êtres énergétiques. Un jour, j’ai trouvé un moineau qui était tombé de son nid, et auquel un rat avait mangé une aile. J'ai essayé alors de cautériser sa blessure pour empêcher qu'il se vide de son sang.

Je dis à don Juan que je voulais garder ce moineau à la maison, qu'il pourrait vivre en sautant sur ses deux pattes, sans voler.

Il m’a répondu : « Tu vas l'avoir comme un monstre, comme un esclave organique, qui va dépendre de toi... Si ce moineau ne peut plus vivre comme un oiseau, il n'y a pas de raison de l'empêcher d'aller rejoindre le Tout, le Nagual, l'infini... ». Don Juan disait que la grande tragédie de notre époque était l’influence des êtres conçus dans l’ennui et qui étaient pour cela misérables, incapables d’évoluer par eux-mêmes, qui dépendaient de tous. C’est pour cela qu’ils étaient lourds, faibles… Ils pleurnichaient et se plaignaient

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Rédigé par Agnès

Publié le 8 Septembre 2018

les voix que l'on entend dans sa tête et qu'on appelle "planeurs" ne sont-elles pas aujourd'hui devenues une technologie ultra perfectionnée qui menace chacun d'entre nous ?

ont-ils ainsi accès à notre "côté gauche" ou créent-ils plusieurs "personnalités dissociées les unes des autres ?

 comment préserver la conscience dans pareil cas ?

comment se déprogrammer ? empêcher d'être sous l'emprise de cette technologie ?

 

Les perturbateurs endocriniens mais aussi tous ces métaux lourds que l'on retrouve un peu partout et qui viennent inhiber notre raison, je pense notamment au fluor et à l'aluminium et à leurs implications dans le développement de notre cerveau, je me dis que c'est bien pour casser notre résistance et abolir notre volonté

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Rédigé par Agnès

Publié le 3 Septembre 2018

 

Don Juan continua sa démonstration. Il me dit
que prendre des notes était une façon d’engager sa
première attention dans l’effort du souvenir : je pre-
nais des notes pour me rappeler ce qui était dit et
fait. La recommandation de don Genaro n’était pas
une galéjade, parce que écrire avec le bout de mon
doigt sur un bout de papier – le non-faire de prendre des notes – forcerait mon attention seconde à
se concentrer sur la mémorisation ; et je n’accumule-
rais pas des feuilles de papier.

Don Juan estimait que
le résultat final serait plus précis et plus efficace que
d’avoir pris des notes. A sa connaissance, personne
ne l’avait jamais fait, mais le principe était valable.

Il me poussa à agir ainsi pendant un certain temps.
Cela me troubla énormément. Prendre des notes
n’agissait pas seulement comme moyen mnémoni-
que : cela m’apaisait. C’était ma fidèle béquille. Ac-
cumuler des feuilles de papier me donnait l’impres-
sion d’avoir un but, et un certain équilibre.

– Quand vous vous tourmentez pour ce que vous
devez faire de vos feuillets, m’expliqua don Juan,
vous concentrez sur eux une partie très dangereuse
de vous-même. Nous possédons tous ce côté dange-
reux, cette fixation. Plus forts nous devenons et plus
redoutable devient cet aspect. Pour un guerrier, il
est recommandé de n’avoir aucun objet matériel sur
lequel concentrer son pouvoir, mais de le concentrer
sur l’esprit, sur le véritable vol dans l’inconnu – non
sur des carapaces triviales. Dans votre cas, vos notes
sont votre carapace. Elles ne vous permettent pas de
vivre en paix.

– Votre entêtement à posséder et à vous accro-
cher aux choses n’est pas exceptionnel, me dit-il.
Toute personne qui désire suivre le sentier du guer-
rier, la voie du sorcier, doit se débarrasser de cette
fixation.

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Rédigé par Agnès

Publié le 2 Septembre 2018

page 369 - second anneau de pouvoir - l'attention seconde - les contemplateurs

– Qu'est-ce que les ombres vous disent ?

– Tout ce que je veux savoir. Elles me disent des
choses parce qu'elles ont chaud, ou froid, ou parce
qu’elles bougent, ou parce qu’elles ont des couleurs. Je
ne sais pas encore toutes les choses que les couleurs, le
chaud et le froid veulent dire. Le Nagual m’a laissé le
soin de l'apprendre par moi-même.

– Comment apprenez-vous ?

– Dans mon rêve. Les rêveurs doivent contempler
pour pouvoir rêver et ensuite ils doivent chercher leurs
rêves dans leur contemplation. Par exemple le Nagual
m'a fait contempler les ombres de rochers, et ensuite,
dans mon rêve j’ai découvert que ces ombres avaient de
la lumière, alors j’ai recherché la lumière dans les
ombres, à partir de ce moment-là et jusqu'à ce que je
l’aie trouvée.

Contempler et rêver vont ensemble. Il m'a
fallu beaucoup contempler d'ombres pour pouvoir faire
avancer mon rêve d’ombres.

Et ensuite il m'a fallu beaucoup de rêve et de contemplation pour mettre les deux ensemble, et véritablement voir dans les ombres ce que je voyais dans mon rêve. Vous voyez ce que je
veux dire ?

Chacune de nous fait pareil. Le rêve de Rosa
se rapporte à des arbres, parce qu'elle est un contem-
plateur d’arbres, et celui de Josefina se rapporte à des
nuages parce qu’elle est un contemplateur de nuages.

Elles contemplent des arbres et des nuages jusqu'à ce
qu’ils correspondent à leurs rêves.

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Rédigé par Agnès

Publié le 2 Septembre 2018

 

Je lui racontai la façon dont don Juan m’avait fait
comprendre ce qu'il entendait par impeccabilité.

Un jour où nous traversions à pied, lui et moi, un ravin très
profond, un énorme rocher se libéra de sa matrice, dans
la paroi rocheuse, tomba avec une force formidable et
atterrit au fond du canon à vingt ou trente mètres de
l’endroit où nous nous trouvions. La taille de ce rocher
avait fait de sa chute un événement très impressionnant.

Don Juan avait saisi cette occasion pour en tirer
une leçon dramatique. Il avait dit que la force régissant
nos destinées est en dehors de nous-mêmes et n’a rien à
faire avec nos actes ou notre volonté.

Parfois cette force nous fait nous arrêter de marcher sur notre chemin, et nous fait nous courber pour renouer nos lacets, comme je venais de le faire. Et en nous faisant nous arrêter,cette force nous fait gagner un instant précieux.

Si nous avions continué de marcher, cet énorme rocher nous
aurait très certainement tués en nous écrasant. Mais un
autre jour, dans un autre ravin, la même force décisive
nous ferait nous arrêter de nouveau, et nous courber
pour renouer nos lacets, tandis qu’un autre rocher se
libérerait précisément au-dessus de l’endroit où nous
nous trouverions.

En nous faisant nous arrêter, cette force nous aurait fait perdre un instant précieux. Cette fois, si nous avions continué de marcher, nous nous serions sauvés.

Don Juan m’avait dit qu'étant donné mon impossibilité totale de maîtriser les forces qui décident de mon destin, ma seule liberté possible dans ce ravin consistait à nouer impeccablement mes lacets.

La Gorda parut émue par mon récit. Pendant un ins-
tant, par-dessus la table, elle prit mon visage entre ses
mains.
– L'impeccabilité, pour moi, c’est de vous dire, au
moment juste, ce que le Nagual m'a dit de vous dire.
Mais le pouvoir doit minuter à la perfection ce que j’ai
à vous révéler, sinon cela n’aura aucune efficacité

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Rédigé par Agnès

Publié le 22 Juin 2018

– Il est facile de croire, poursuivit don Juan.
Devoir croire est une tout autre chose. Dans ce cas, par
exemple, le pouvoir t'a donné une leçon splendide,
mais tu as choisi d'en utiliser seulement une partie.
Or, devoir croire implique que tu te serves de tout ce
qui s’est passé.
– Je crois ce que vous entendez par là.
Mon esprit était parfaitement lucide, et je pensais
saisir tous ses concepts sans faire aucun effort.
– Je crains que tu ne comprennes pas encore, dit-
il, presque dans un murmure.
Il m'observa. Je soutins son regard pendant un
moment.
– Qu'est-ce qui s’est passé avec l’autre chat ?
demanda-t-il.

Hein ? L'autre chat ? répétai-je mécaniquement.
Je l'avais oublié. C'est Max qui avait été le centre
autour duquel le symbole s’était constitué. L’autre
chat n'avait pas d'importance pour moi.


Il en a pourtant, s’exclama don Juan, lorsque je
lui communiquai mes réflexions.

Devoir croire signifie que tu dois tenir compte aussi de l'autre chat. Celui qui est parti insouciant, en léchant les mains qui le
conduisaient à sa perte, ce chat-là est allé vers la mort
en toute confiance, imbu de ses idées de chat.

Tu penses être comme Max, c’est pourquoi tu as
oublié l'autre chat. Tu ne sais même pas son nom.

Devoir croire signifie qu'il te faut tenir compte de
tout, et qu'avant de décider que tu es comme Max, tu
dois envisager la possibilité d’être comme l'autre
chat ; au lieu de chercher ton salut dans la fuite, en
prenant des risques, tu peux te trouver en train d'aller
joyeusement à ta perte, imbu de tes opinions. »
Ses paroles avaient une tristesse qui m’intriguait,
ou alors il se pouvait que cette tristesse vînt de moi.
Nous gardâmes longtemps le silence. L’idée de pou-
voir être comme l'autre chat ne m'avait jamais
effleuré.

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Rédigé par Agnès