Publié le 22 Juin 2018

– Il est facile de croire, poursuivit don Juan.
Devoir croire est une tout autre chose. Dans ce cas, par
exemple, le pouvoir t'a donné une leçon splendide,
mais tu as choisi d'en utiliser seulement une partie.
Or, devoir croire implique que tu te serves de tout ce
qui s’est passé.
– Je crois ce que vous entendez par là.
Mon esprit était parfaitement lucide, et je pensais
saisir tous ses concepts sans faire aucun effort.
– Je crains que tu ne comprennes pas encore, dit-
il, presque dans un murmure.
Il m'observa. Je soutins son regard pendant un
moment.
– Qu'est-ce qui s’est passé avec l’autre chat ?
demanda-t-il.

Hein ? L'autre chat ? répétai-je mécaniquement.
Je l'avais oublié. C'est Max qui avait été le centre
autour duquel le symbole s’était constitué. L’autre
chat n'avait pas d'importance pour moi.


Il en a pourtant, s’exclama don Juan, lorsque je
lui communiquai mes réflexions.

Devoir croire signifie que tu dois tenir compte aussi de l'autre chat. Celui qui est parti insouciant, en léchant les mains qui le
conduisaient à sa perte, ce chat-là est allé vers la mort
en toute confiance, imbu de ses idées de chat.

Tu penses être comme Max, c’est pourquoi tu as
oublié l'autre chat. Tu ne sais même pas son nom.

Devoir croire signifie qu'il te faut tenir compte de
tout, et qu'avant de décider que tu es comme Max, tu
dois envisager la possibilité d’être comme l'autre
chat ; au lieu de chercher ton salut dans la fuite, en
prenant des risques, tu peux te trouver en train d'aller
joyeusement à ta perte, imbu de tes opinions. »
Ses paroles avaient une tristesse qui m’intriguait,
ou alors il se pouvait que cette tristesse vînt de moi.
Nous gardâmes longtemps le silence. L’idée de pou-
voir être comme l'autre chat ne m'avait jamais
effleuré.

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Rédigé par Agnès

Publié le 22 Juin 2018

la matrice

 

le piège dans lequel nous sommes pris en tant que conscience fait que si l'on n'en prend pas conscience justement cela devient vicieux et s'appelle un cercle où les âmes sont prises et retenues prisonnières, vouées à se réincarner sans cesse vu que l'âme aime avoir des expériences alors que l'esprit désire être libre....Pour ceux qui savent cela, manipuler l'âme est un jeu d'enfant, il suffit d'appuyer sur les boutons "compassion, culpabilité, etc" 

 

la masse critique étant liée ou reliée au champ morphique , vous remarquerez qu'elle a été bien muselée avec les objets tels que le smartphone et toute la connectivité qui va avec. Il y a de quoi se poser bien des questions sur cette main-mise des consciences qui peuplent la Terre et les empêchent d'en émerger comme le dit si bien cet extrait

Histoire de pouvoir - Castaneda - page 133 - le secret des êtres lumineux

Aujourd’hui je dois enfoncer le clou que Genaro a
planté, à savoir que nous sommes des êtres lumineux.
Nous sommes des êtres qui perçoivent. Nous sommes
une conscience, nous ne sommes pas des objets, nous
n'avons pas de solidité. Nous sommes sans attaches.
Le monde des objets et des solides n'est qu’une façon
de faciliter notre passage sur terre. Ce n’est qu’une
description créée pour nous aider. Nous, ou plutôt
notre raison, nous oublions que la description n’est
que description, et ainsi la totalité de notre être est
prise dans le piège du cercle vicieux, dont nous
n’émergeons que rarement au cours de notre vie.
« Dans ce moment, par exemple, tu es aux prises
avec les enchevêtrements de ta raison absurde. Pour
toi il est irrationnel et impensable que Genaro puisse
tout d’un coup apparaître au bord du chaparral, et
pourtant tu ne peux pas nier que tu l’as vu. Que tu le
veuilles ou pas, tu l'as vu en personne. »
Don Juan rit tout bas. Avec soin il traça un autre
diagramme dans les cendres et le recouvrit de son
chapeau avant que je ne pusse le copier.
– Nous sommes des êtres qui perçoivent, poursui-
vit-il. Le monde que nous percevons est pourtant une
illusion. Il a été créé par une description qu’on nous a
racontée depuis notre naissance.

la masse critique et la matrice

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Rédigé par Agnès

Publié le 20 Juin 2018

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Rédigé par Agnès

Publié le 19 Juin 2018

page 75 - histoire de pouvoir - le Rêveur et le Rêvé

 

– Devrais-je donc essayer de trouver une explica-

tion de ce qui s’est passé ? demandai-je.

– Certainement, me dit-il. Tu as le devoir de te

rassurer. Les guerriers ne gagnent pas leurs victoires

en se cognant la tête contre les murs, mais en les

franchissant. Les guerriers sautent par-dessus les

murs, mais ils ne les démolissent pas.

– Comment puis-je sauter par-dessus celui-là ?

demandai-je.

– Tout d’abord, je crois que tu as le plus grand tort 

de considérer les choses de façon sérieuse

 

Chaque fois que nous 

sommes confrontés dans la vie à des situations inhabi-

tuelles, nous recourons h trois sortes de mauvaises

habitudes. Tout d'abord, nous pouvons négliger ce qui

est en train de se produire ou ce qui est déjà arrivé, et

nous sentir comme si rien ne s’était passé. C'est la

façon d’agir du sectaire. Puis nous pouvons accepter

n'importe quoi selon les apparences et avoir le senti-

ment de connaître ce qui se passe. C'est le comporte-

ment de l’homme zélé. Enfin nous pouvons être

obsédés par un événement, parce que nous ne pouvons

ni le négliger ni l’accepter entièrement. C’est la

manière de l’imbécile. Et quelle est la tienne ? Il y en a

une quatrième, qui est la correcte, c'est la manière du

guerrier. Un guerrier agit comme si rien n'était jamais

arrivé, parce qu’il ne croit en rien, quoiqu'il accepte

les choses telles qu'elles se présentent. Il accepte sans

accepter, et il néglige sans négliger. Il n’a pas le

sentiment de savoir, mais il ne se sent pas non plus

comme si rien n’était jamais arrivé. Il agit comme s’il

contrôlait la situation, même s’il tremble dans ses

souliers. D'agir ainsi fait disparaître l’obsession.

Nous gardâmes le silence un long moment. Les

paroles de don Juan faisaient sur moi l'effet d’un

baume.

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Rédigé par Agnès

Publié le 10 Juin 2018

– Qui sont ces sorciers noirs, don Juan ?

– Les sorciers noirs sont nos semblables. Et puis-
que tu es de leur coté, toi aussi tu es un sorcier noir.
Réfléchis un instant. Peux-tu t’écarter du chemin
qu’ils ont tracé pour toi ? Non. Tes pensées et tes
actions sont fixées à jamais selon leurs propres cri-
tères.

C'est ça l’esclavage. Moi en revanche, je t'ap-
porte la liberté. La liberté est chère, mais le prix n’est
pas impossible.

Crains donc ceux qui t’ont fait prison-
nier, tes maîtres. Ne perds ni ton temps ni ton pouvoir
à avoir peur de moi.

Je savais qu'il avait raison et pourtant, malgré moaccord

sincère avec lui, je savais aussi que les habi-
tudes de toute ma vie me forceraient inévitablement à
me maintenir fidèle à la route que je m'étais tracée. Je
me sentais vraiment esclave.

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Rédigé par Agnès

Publié le 10 Juin 2018

don Juan avait décrit un autre procédé qui consistait à traverser à pied de grandes étendues sans fixer le regard sur rien. Il m’avait conseillé de ne pas regarder directement les choses, mais de loucher légèrement, afin de saisir une vue périphérique de tout ce qui se présentait sous mes yeux. Bien qu’à l'époque je n'eusse pas compris, il avait insisté sur le fait que, si l'on maintenait un regard flou juste au-dessus de l’horizon, il était possible de remarquer immédiatement tout ce qui se trouvait à l'intérieur d'un champ visuel de 180 degrés environ.

. Il m'avait assuré que cet exercice était la
seule façon d'interrompre le dialogue intérieur. Il
avait l’habitude de m'interroger sur mes progrès dans
ce domaine ainsi que sur mes rêves ; puis il cessa de me
poser des questions sur ce sujet.

Je racontai à don Juan que j’avais pratiqué la
technique pendant des années sans remarquer de
changement, auquel je ne m’étais pas attendu, du
reste. Et puis un jour je réalisai pourtant avec stupeur
que je m'étais promené pendant une dizaine de
minutes sans me dire un seul mot.

Je commentai à don Juan qu'à cette occasion je
m’étais aussi rendu compte que l'interruption du
dialogue intérieur impliquait bien plus qu'une simple
suppression des paroles que je me disais à moi-même.
Toutes les opérations de ma pensée s'étaient arrêtées
et je m’étais trouvé pratiquement suspendu, flottant.
Une sensation de panique avait suivi cette prise de
conscience et j'avais dû reprendre mon dialogue
intérieur en guise d'antidote.

– Je t'avais dit que le dialogue intérieur est ce qui
te donne une base, dit don Juan. Le monde est comme
ceci ou comme cela parce que nous nous disons à
nous-mêmes qu'il est comme ceci ou comme cela.
Don Juan expliqua que l'accès au monde des sor-
ciers s’ouvrait lorsque le guerrier avait appris à
arrêter son dialogue intérieur.

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Rédigé par Agnès

Publié le 5 Juin 2018

K. T. : C'est une trame constante dans vos livres - votre lutte pour donner un sens à une "réalité séparée" où les moustiques font plusieurs mètres de haut, où les têtes humaines se transforment en corbeaux, où la même feuille tombe quatre fois, où des sorciers font disparaître des voitures en plein jour. Un bon stage d'hypnotiseur peut produire d'excellents effets. Il est possible que c'est ce que fit don Juan, n'est-ce pas ? Vous a-t-il abusé ?

C. C. : C'est possible. Ce qu'il m'a enseigné, c'est qu'il y a plus de choses dans ce monde que ce que nous en reconnaissons généralement - que nos conceptions de la réalité sont créées par un consensus social, qui est lui-même une farce. On nous apprend à voir et à comprendre le monde grâce à un processus de socialisation qui, lorsqu'il fonctionne correctement, parvient à nous convaincre que les interprétations que nous acceptons, définissent les limites du monde réel. Don Juan a interrompu ce processus dans mon existence en démontrant que nous avions la capacité d'entrer dans d'autres mondes qui sont constants et indépendants de notre conscience excessivement conditionnée. La sorcellerie implique la reprogrammation de nos capacités à percevoir des mondes comme réels, uniques, absolus, et submergeant aussi notre monde quotidien et banal.

K. T. : Il y a une contradiction quelque part. D'un côté, don Juan vous désocialise, en vous enseignant à voir sans préjugés. Pourtant il semble vous resocialiser en vous enrôlant dans un nouveau système de pensée, en vous donnant seulement une interprétation différente, un nouvel effet sur la réalité - bien que celui-ci soit magique.

C. C. : C'est une chose dont nous parlions tout le temps, don Juan et moi. Il prétendait en effet m'avoir détourné, mais je maintenais qu'il m'avait retourné. En m'initiant à la sorcellerie il me présenta une nouvelle vision, un nouveau langage, et une nouvelle manière de percevoir et d'être dans le monde. J'étais pris entre ma certitude antérieure sur le monde et une nouvelle description, la sorcellerie, et j'étais forcé d'assurer l'union des deux. Je me sentais complètement en perte de vitesse, comme une voiture qui se laisse glisser. Don Juan était enchanté. Il disait que ceci signifiait que je glissais entre les descriptions de la réalité - entre mon ancienne et ma nouvelle vue. En fait, je me suis aperçu que toutes mes précédentes suppositions étaient basées sur une vision du monde à laquelle j'étais essentiellement étranger. Le jour où j'ai rencontré don Juan à la station de bus, j'étais le parfait savant, triomphalement détaché, fermant les yeux pour prouver mon érudition inexistante sur les plantes psychotropes.

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Rédigé par Agnès